CHAPITRE III
. (état actuel).
De ces nombreuses églises ou chapelles existant autrefois ïL Galata, et attestant, sur ce point, la concentration d'une population latine importante, il n'en reste plus aujourd'hui que tpois(l): Saint-Pierre (paroisse). Saînt-Benolt, le centre des œuvres de charité instituées ou continuées sous la direction des PP. Lazaristes, Saint- George s, chapelle de l'hôpital autrichien. D^s le temps du roi Henri llijlesambassadeurs de France montèrent déjà aux Vignes de Péra, et y établirent leur résidence d'élé; les ambassadeurs de la sérénissime République en Tuent autant; et les événements comme les passions, aidés d'un fatal complice « le feul n détruisant ou faisant disparaître successivement les différentes églises de dilata, les religieux les desservaut vinrent, à leur tour, s'établir à Péra, pour se pincer à la fois au milieu de leurs ouailles émigrées, et pour être plus à portée de la protection des représentants étrangers. Ainsi, en 1G36, les capucins acquirent un terrain à Péra; en 1670, les observantins vinrent s'établir auprès
(I) Le balle vùDitien HaUeo Zane, dans bod Mémoire deiSJiiltetan.vtn.a» séiit, III, 403), rafiporle le fait curieux sulviiiil : • L'amhasciaiore d'InKlilItirra utlimamcnle si è uui^ataio ili domauddre nna chiesa eattotica iii Fera, per introdurvi ua predicaiore calviaists, ehe esio dictt di cuiamarti da Gintivra. » Il ne puralt paa, touteroU, d'aprËB les leimea mâmt^s de ce dire, ni d'après la tradition, que le fait ait aroais reçu sud exéculion
de la résidence du baile vénifien ; en 1678, les mineurs de la stricte-observanee obtinrent la permission de construire leur paroisse actuelle; en 1697, les conventuels vinrent habiter leur maison de campagne ou di probazione^ selon Texpression de Carbognanoy où ils furent autorisés, en n^i, à bàiir une église en bois ; enfin, les trinitaires, à leur tour, vinrent se fixer au mèn^ Péra, enl722*
L'émigration se faisait et se continuait sans interruption : Galata fut réservé au commuée et à la marine; et, sauf quelques exceptions, les négociants descendent chaque matin à leurs comptoirs, pour leurs affaires, et renK>ntent le soir à Péra (1), ré sidence de la famille.
Les morts même, on le verra plus loin, ont dû, comme les vivants, subir cette loi d'émigration : transportés de Galata au haut de Péra, ils ont été, dans ces dernières années, transférés, finalement, il faut l'espérer, à une dernière étape :. au cimetière de Feri-Keui.
HIERARCHIE EPISCOPALE .
On a vu, chapitre P', que le pape Adrien IV avait accordé au patriarche de Grade la faculté de sacrer des évéques, tant dans la capitale, que dans les lies relevant de son patriarcat; il ne parait pas, toutefois, que ce prélat ait fait usage de ces pouvoirs, du moins en ce qui concerne Constantinople. Selon le rapport de Baudouri (2), d'après Innocent III, lib. H, p. 523 (1198-1216), un vicaire pontifical aurait été envoyé à Constantinople, pour la . direction des églises et monastères placés sous la juridiction romaine.
A la conquête franco- vénitienne, le patriarcat échut aux Vénitiens; mais à la restauration byzantine, le patriarche latin se retira à Rome ; il conserva, nominalement, la direction spirituelle du diocèse de Constantinople, jusqu'à ce qu'elle pass&t, finalement, aux mains de la Propagande.
Ce haut dignitaire ecclésiastique est désigné, tantôt sous le
(1) Dénommé dans les anciens documents : BeXoglo^ Bealo, Beaulou.
(2) Imper, orient.. Il, 676. Après la restauration grecque selon M. de Saint-Priest {Hist. de laconq, deNaples, III, 398), le pape aurait «^^^ikiâiidé k Michel la résidence à Constantinople d*un apocristatre, comme autrefois.
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titce de a patriarche d'Aquilée (1), » tantôt sous celui de a patriarche de Grade. » Il fut chargé, par le pape Martin V, d'examiner, conjointement avec les archevêques de Nicosie et de Colocz, une question relative aux lieux saints, Pt intentée contre les mineurs; son jugement fut rendu le 7 janvier 1421 (2). Ce fut aussi le patriarche de Grade q.ui, du haut âe l'ambon, fit lecture du décret pontifical du 9 avril 1438, ouvrant le concile œcuménique de Ferraro, continué ensuite à Florence.
Si l'on en croit les Négociations (3), le patriarche (nommé?) d'Aquilée serait venu à Constanlinople, en 1532.
Dans d'autres temps, l'archevêque de Gènes reçut le titre de « légat du Siiint-Siége » dans les pays d'outre-mer (4).
Onlit dansCrusius; uPapists in oppidoGalata sive Pera, generalemantistitemtotiusOrienlishabent cuilituhisPatriarchaeest.o
A diverses époques, le Saînt-Siégo envoya des « visiteurs» & Cous tan tïno pie : an 1V27, Francesco Spiiiola avait mission de visiter Chypre, Chio, Pera, CalTa et autres lieux (5). En 1580, l'évèque de Chio vint à Constatitinuple réclamer l'appui de l'ambassadeur du roi, u pour être réintégré en son evesché; ■> mais les Néffocialioîis [&), qui rappoi-tent ce fait, ne disent pas qu'il ait été investi des fonctions de visiteur.
La Comunità, sans fixer de date, parle d'un évéque deNona, envoyé à Constantioople, comme Visiteur apostolique, antérieurement à 1609.
En cette dernière année 1 609, l'évèque de Tine vint à Constanlinople en la même qualité (7); en 1622, Mgr Pietro de Marchis, évéque de Santono, fut chargé d'une semblable mission (81.
Depuis la conquête ottomane, l'Église latine de Conslantinople fut dirigée par un vicaire patriarcal, non revêtu du caractère épiscopal, et qui recevait ses patentes du patriarche. La Propagande, instituée en 1622, par Grégoire XV, suivit les mêmes errent) Carajon, lot. iaud., 337. u Après la prise de Gonalanlinopls par Mehemel II, le pape Cïlitle 111 équipa une flotte iJe seize galeries, dont ildenaï \i commandument supérieur au patriarcbe d'Ai|ii)lée, puis k Jacques-CiBiir, avec le litre de caintaiiie g^nériil. i:e dernier coinhiisil celle fl'itle jusqu'à Cblo. oli il mnarut en 1156.* Salvador, Hutoire des ithtUrs du Levant et dei Colonies. Paria, tSSl, p. 101
(i) SWria vnhenalg délie miss, (ronces. IV, 3fl7.
(3) Tome I, p. 2'i2.
(i)l)epping. toe. Iuiid.,1, 210. V. sur le liweHifaf.Miltiu, II, partie I, liv. II, SU.
{S) Sloria unji'orïals dMe mise, frances., IV, ili.
(e)Tuinelll. 916.
(1) Comunità el Carajon, ioc. Iaud., 18.
(S) Id. id., 68,
ments jusqu'en leSi*; à cette époque^ et dans son assemblée du 5 juin, elle nomma elle-même le vicaire patriarcal, tout en prescrivant à l'archevêque d*Edesse, suffragant du patriarche, de délivrer les patentes à ce vicaire, au nom du patriarche.
Déjà, et à la suite de la visite de Mgr de Santorin, en 1622, la Propagande avait reconnu la nécessité de résidence à Constantinople d^un évèque, auquel on donnerait le titre de a suffragant du patriarche » . Elle pourvut de cet emploi D, Livio, decan de rÉglise de Crète, avec le titre d^archevèque d'Edesse; mais celuici, n^ayant pu pénétrer dans la capitale, dut se résigner à habiter Candie, qui paraissait dépendre alors du patriarcat latin de Constantinople, ou dans toute autre lie de Tarchipel. Cet évèque, pour lequel, d'ailleurs, l'ambassade de France avait obtenu les documents nécessaires de la Porte, ne put, par suite de l'opposition intérieure qui se manifesta, venir occuper son siège. A sa morf, arrivée en 1643, la Propagande lui donna pour successeur, Tannée suivante (1644), sans nulle intervention* du patriarche, Mgr Soliano, coad juteur de Tarchevèque de Smyrne, et lui conféra, comme à son prédécesseur, le titre d'archevêque d^Édesse. Celuici parvint à s'établir à Constantinople en 1645. Il devint titulaire de Smyrne, à la mort du prélat dont il avait été le coadjuteur; puis, des conflits s'étant élevés entre lui et le vicaire patriarcal, la Propagande décida, le 20 novembre 1651, de réunir les deux charges en sa personne. En 1655, elle donna pour successeur à Mgr Soliani le P. Bonaventura da Velletri, conventuel, archevêque in partibus de Mira, auquel elle conféra le titre de a suffragant et vicaire apostolique du patriarcat de Constantinople ».