ÉGLISES DE PÉRA
Saint-Antoine de Padoue (paroisse).
Mineurs Conventuels.
A la confiscation, en 1697, de remplacement de leur église brûlée de Saint-François, les Pères Conventuels vinrent habiter leur maison de Péra, où ils avaient une petite chapelle dédiée à S. François; et, par l'entremise de l'ambassadeur du roîT. C, ils élevèrent en cet endroit, en 1724, sous le vocable de Saint- Antoine de Padoue, une église en bois, à laquelle furent transférés les droits parocchiaux de Saint-François de Galata. Durant les vingt-huit années qu'ils passèrent sans église à eux, c'est-àdire de 1696 à 1724, les Conventuels remplirent leurs fonctions curiales à Saint-Benoit, avec l'autorisation du préfet de Sainte- Marie Draperis de Galata, dans la circonscription curiale duquel se trouvait Saint-Benoit, et en vertu d'une convention passée avec les PP. Jésuites, en date du 25 octobre 1704.
En 1721,1e général de Tordre décida que ses religieux relèveraient dorénavant de la protection française.
En 1762, la nouvelle véglise ayant été détruite par le feu, elle fut rebâtie, l'année suivante, par les soins de M. de Vergennes, comme il résulte de l'inscription ci-après, rapportée par Carbognano, maïs qui n'existe plus aujourd'hui :
D. 0. M. Régnante Lud. XV Galliarum imperatore hujcjs
EGCLESL£ MiN. CONVENT. PR0TECT0RE MUNIFIGENTISSIMO SURGIT AU IGNE VENER. D. ANTOKI PaTAVINI TEMPLUM QUOD ExC. EQUES D. CAR.
DE Vergennes GALUiE or. restituit zeli offic. future aetati
MONUMENTUM TNDUSTRIA pp. ELEEMOSIN. PIORUM sud REG1M1NE
A. II. p. m. Joan. Chrysostomi provincialis et pr^fecti erec- TUMA.D.MDCCLXIII.
L'église, rebâtie alors en pierres, se composait de trois nefs, soutenues par douze colonnes de granit oriental; elle était desservie par cinq ou six religieux (1). Quoique paraissant à l'abri d'un autre désastre, par le nouveau mode de reconstruction,.
(i) Carbognuiio, loc. laud,f p. (k).
SaiDt-Antoine devint encore la proie des flammes dans le grand incendie qui détruisit presque tout Péra en 1831 ! Dans Tun de ces incendies, les Conventuels se réfugièrent chez les Pères de Terre-Sainte ; et en mémoire de Thospitalilé qu'ils reçurent dans cette circonstance, le R. P. commissaire de Terre-Sainte a le privilège d'officier le jour de la fête patronale de Saint-Antoine, le
13 juin, lorsque le vicaire apostolique ne préside pas lui-même la cérémonie.
Dans Téglise de Saint-Antoine, se trouve la chapelle nationale des Ragusais, dédiée à S. Biaise; cette chapelle, la plus rapprochée du chœur, à droite, est en même temps dédiée à la sainte Vierge et à S. François; la fête de S. Biaise y est célébrée solennellement le 3 février; pendant longtemps, cette chapelle était ornée d'un tableau donné par les Ragusais, et représentant, dans les cieux, l'image de S. Biaise dominant la ville de Raguse qu'il semblait couvrir de sa protection. Les Uagusais possédaient, dans l'église Saint-Antoine, un caveau national, pour les inhumations (1).
On voit aussi, dans cette église, une chapelle dédiée à S. Roch, objet d'une dévotion particulière à Constantinople contre la peste.
Deux confréries sont érigées cnnoniquement à Saint-Antoine : celle des CordelierSy instituée par diplômes des 15 avril et
14 août 1724, et celle de Saint-Antoine de Padoue^ établie par rescrit du pape Benoit XIV, en date du 15 novembre 1746.
II est d*usage de célébrer annuellement dans cette église, le 5 janvier, à quatre heures de l'après-midi, la cérémonie de la bénédiction de l'eau, ou du baptême de Notre-Seigneur. Un jeune enfant, choisi parmi les paroissiens, y représente S. Jean-Baptiste, sous le nom de Combaro di J.-C. La même cérémonie s'est établie postérieurement à Sainte-Marie Draperis ; elle est suivie de la bénédiction dans les maisons, comme le samedi-saint.
L'église de Saint-Antoine et l'habitation des Pères Conventuels sont situées grande rue de Péra, et forment l'angle gauche de la rampe conduisant à l'ambassade de France.
Le supérieur porte le titre de préfet de la mission des Mineurs Conventuels; le sceau des actes émanés de lui porte Timage de S. François, entourée de cette exergue : Sigillcm ministbi provinclï: orientis min. conv. »
(1) <x 13 décembre 1783. N. sepulta fu'tin ecclesia SU Ântonii Padaviiii PP. MM. ilofiveniuar.uiii, in srpulcio uationis ragusine. » (Arcbivcsde Sainle-Maiie.)
Lors de rexhumalion du cimetière des Grands-Champs, en 1864, les restes et les pierres funéraires, y existant, de quatre vicaires patriarcaux de cet ordre, RR. PP. Vizzani, Staffulanus, Mercedrinus et Mgr Ridolfi, ont été transportés dans cette église.
La procession du Corpus Domini se fait, dans cette paroisse, le jeudi de l'octave de la Fête-Dieu; elle sort de Téglise à cinq heures de l'après-midi, pour entrer par les rues de Péra et de Pologne, dans l'enceinte des jardins de l'ambassade de France, où deux reposoirs sont dressés ; la procession fait une troisième station dans Saint-Louis, chapelle de l'ambassade, après quoi elle rentre dans l'église.
Saint-Esprit (paroisse).
Prêtres séculiers du diocèse.
Édifiée au faubourg de Péra, entre les rues Idjadiïe et Djebel» vis-à-vis l'extrémité du grand cimetière arménien touchant aux t errains de l'Ecole militaire, cette église a été bâtie en 1846, par Mgr Hillereau, qui en fit l'église métropolitaine; S. G. en fit la consécration le dimanche 5 juillet 1846; et la cérémonie terminée, une messe solennelle fut chantée en présence de M. le baron de Bourqueney, ambassadeur de France, entouré du per* sonnel de l'ambassade. M. l'abbé Hillereau, grand-vicaire et parent de l^archevèque, prononça le discours d'inauguration, (jette église, composée de trois nefs, séparées l'une de l'autre par une rangée de colonnes, est la plus grande de Péra.
Sous l'église, on a pratiqué une crypte dans laquelle ont été déposés les restes de son vénérable fondateur ; on y a transporté également ceux de NN. SS. Roverani et Pugliesi, lors de l'exhumation du cimetière des Grands-Champs; et l'on y voit aussi la sépulture du R. P. Gloriot, aumônier de l'armée d'Orient. Par les soins de Mme la marquise de Moustier, cette dernière sépulture a été recouverte d'une pierre portant l'inscription suivante :
Ici REPOSE, EN ATTENDANT LA RÉSUaRECTlON, LA DEPOUILLE MOR- TELLE DU P. JosEPU Gloriot, pbétre profès de la Compagnie DE Jésus, né le 29 avril iSll; il entra en religion le 20 oc-
TORRE 1832, ET MOURUT, VICTIME DE SON ZÈLE ET DE SA CHARITÉ POUR LES SOLDATS DE LA FRANCE, LE 22 MAI 1855, DANS l'uOPITAL
CIVIL DE Péra.
Mgr Brunoni a voulu également que les restes des Jésuite!?,
presque tous Français, morts de la peste, de 1585 à 1756, et, pour ce motif, inhumés au cimetière des Grands-Champs, fussent déposés dans cette même crypte, avec la pierre funéraire qui les recouvrait.
Des mouvements de terrain ou toute autre cause ayant mis récemment Tédifice en péril, des réparations considérables ont été exécutées, en 1865, par les soins de H. l'abbé Giorgiovich, prêtre diocésain. Cette réédification est constatée par l'inscription suivante, placée au fronton de l'église :
D. 0. H. Templum in suburbano cuescente in die oppidanorum
NUMERO DIFFICILLIMIS TEMPORIRUS ERECTUM IN FlDEl CATHOLlCiE TES- TIMONIUM SpIRITUI SaNCTO DICATDM A JUUANO MaRIA HiLLEREAU PeTRENSI ARCUIEPIS. CONST. SED. APOST. POTEST. PREFECT0 VICE
SACRO MDCCCXLVI, validis terremotibus sua mole fatiscens D. N. Paulus a coMiTiBus Brunoni Taronensis arcuiep. CP. pre-
SUL JURE APOSTOLICO V. L. ABNITENTE. MAXIME. CLERO. AERE. A POPULARIBUS. CONLATO. NOVO. MOLIMINE. ELEGANTIOR. FORMA. SAR- TUM. TEGTUM. RESTITUIT. MDCCCLXV.
Au-dessous, et courant sur la frise, on lit :