‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 104 sur 146 · ES CE · texte numérisé non relu

ES CE

1 Procop. !

#7 rs, 8 Dé PO , à

esseur DE L'ÉGLISE. (AN 553.) 437

de la générosité, de toutes les vertus les plus contraires à la

> 555, barbarie. Dès qu'il fut entré dans ha ville de Naples, il fit dis- | Siége, tribuer des vivres à ce pauvre peuple qui mouroit de faim; un | ngues mais avec la tendresse et les attentions d'un père qui soulage * À oignés des enfants malades, et non avec l'ostentation d’un vainqueur ‘ ou du qui n'est orcupé que de sa gloire. Quelque magnificence qu'il | me, et montrât dans sa libéralité , les distributions se faisoient avec J le con- poids et mesure, de peur qu'après. une si longue abstinence, $ 7 ent pas l'abondance de la nourriture n’étouffit les malheureux. qui en | stinien avoient presque perdu l'usage. Ce roi fournit encore de l'argent ais été et des voitures aux soldats de la garnison, pour aller où ils issance voudroient, el il les fit escorter par ses troupes, tant qu’il eut ]

à craindre pour eux. De toute part les Goths observoient une 1 tention exacte discipline, tandis que les légions romaines portoient \| déses- partout indistinctement le ravage ; de sorte que les habitants 14 la con- des villes et des campagnes avoient plus à souffrir de ceux qui ‘4 voient se donnoient pour leurs défenseurs, que de leurs ernemis. À ë ‘obéis- la prise de Rome, dont quelques troupes d'Orient livrèrent | # lans les une porte à Totila, il épargna le sang des citoyens.etl'honneur |.

villes. des femmes , se contentant des richesses, dont il abandonna la {|

même,

meilleure part à ses soldats. Mais ce pillage ne laissa pas de 1 publes,

plonger les personnes mêmes de qualité dans une si grande

{ jusque misère, que les dames du premier rang, entr'autres la veuve à” , selon du célèbre Boëce , furent réduites à mendier de porte en porte. 1 on vit Le roi des Goths se trouvant près du Mont-Cassin, dans le !

té dans

cours de ses victoires, alla voir l'illustre saint Benoît, sur la

tu sui- rumeur de tout le voisinage, qui lui attribuoit un don éminent usieurs de prephétie. Pour éprouver le prophète, il se fit annoncer, mée de et lui envoya aussitôt un de ses officiers , nommé Rigon, après s, lieu- lui avoir fait prendre s4 chaussure, sa pourpre, et mis à sa siégée, suite trois seigneurs, qui étoient ordinirement près de la pers avoir sonne du roi, avec des écuyers, et tout le cortége d'un souverain 1. Rigon étant ainsi entré dans le monastère, saint Be-

arbare, noît, qui étoit assis, lui dit sans se lever : Mon fils, quittez anité, l'habit que vous portez, il ne vous appartient pas. Cet officier

et tous ceux quil'accompagnoient, se prosternèrent avec effroi

t Procop. L. 3,

oo 0 08 LR IR PR D PORT om M ie PSE A TOR D Se ee at A

gt te à ae nb tm og +

sans oser approcher du saint. Ils ne se relevèrent que pour courir apprendre au roi ce qui venoit d'arriver. Totila vint lui-même; et du plus loin qu’il apercçut le saint abbé, il se prosterna aussi avec respect. Saint Benoît lu’ dit jusqu’à trois fois de se lever, sans qu'il osât le faire, et il fut obligé de le relever lui-même, Alors illui représenta ses devoirs etses manquements, avec la liberté d’un prophète : et après lui aveir prédit ses conquêtes , ainsi que les autres événements les plus marqués d'un règne de neuf années entières, il ajouta qu'il mourroit à la dixième : ce qui s’accomplit ponctuellement".

Le roi, saisi d'une frayeur extrême, se recommanda à ses prières, puis se relira en silence, On remarqua, dans le reste de sa vie, qu il avoit profilé des lecons du saint, qui prophétisa de même, quarante ans d'avance, la destruction de son propre monasière par les païens, c'est-à-dire par les Lombards, sans néanmoins que les personnes y dussent périr. Il avoit au même degré le don des miracles. Il ressusciia l'enfant d’un père désolé , qui avoit apporté le mort à la porte du monastère, en protestant avec serment qu'il ne se retireroit point que son enfant n’eût recouvré la vie.

Benoît avoit une sœur nommée Scelastique, prévenue comme lui des bénédictions d'en-haut, et religieuse dans un monastère voisin. Elle lui rendoit visite une fois l'an. Il la recevoit non dans l'enceinte de son monastère, mais dans un lieu destiné, près de la porte , à la réception des hôtes. Un jour il s’y fit accompagner par un grand nombre de ses disciples. Après avoir passé la journée à louer Dieu et à s’entretenir des choses célestes, ils prirent ensemble un petit repas sur le soir, Comme ils étoient encore à table, et que le saint parloit de se retirer, parce qu'il se fasoit tard , je vous prie en grâce, mon frère, lui dit Scolastique, de ne pas me quitter de toute la nuit, et que nous parlions de la céleste félicité jusqu’à demain matin. Y pensez-vous, ma sœur , reprit Benoît? Non assurément, je ne puis passer la nuit hors du monastère. Scolastique, sans insister, s'incline sur Ja table, les mains appliquées sur Île visage, prie avec effusion de larmes ; et quand elle : 2lève,

1 Greg. 11. Dial. c. 14.

sut ee lu ie 0% à in nm D em

mt On Gant a

pour vint il se trois

de le

manaveir s plus qu'il hent', à ses reste hétisa propards , oit au npêre ‘ec, en e son

venue ns un . Hla ns un a jour iples.

ir des soir, de se mon nuit, aatin.

nt, je , Sans ur le lève,

DE L'ÉGLISE. (AN 553.) 439 quoiqu’un peu auparavant le temps fût parfaitement serein , Le tonnerre gronde, les éelairs se succèdent sans intervalle , une pluie d'orage tombe avec tant d'abondance et une telle vio- ‘ence, que ni l'abbé ni les frères ne purent quitter l'abri où iss'se trouvoient. Benoît demeura donc malgré lui, et la pieuse conversation fut prolongée jusqu'au lendemain,

Mais e’étoit pour la dernière fois. Trois jours après il vit, de son monastère, l'âme de Scolastique monter su ciel en forme de colombe. H rendit grâce à Dieu, envoya chercher le corps et le mit dans le tombeau qu'il avoit préparé pour luimême, ordonnant qu'en l'y plaçât à son tour, quand le Seigneur auroit disposé de sa vie, ce qui ne tarda point, Il eut connoissanee de sa mort dans le cours de l'année où ellearriva, et il l'apprit à quelques-uns de ses disciples, en leur recommandant le secret. Six jours auparavant ,ilfit ouvrirletombeau. Aussitôt il fut saisi d’une grande fièvre, qui augmenta de jour en jour , jusqu à ce que le sixième éiant arrivé, il se fit porter à l'église, où, entre les mains des disciples qui ic soutenoient, il reçut le eorps et Le sang du Sauveur, puis rendit l’esprit en priant, le samedi 21 mars 543. Cette dévotion de se faire porier à l'église pour y rendre l'âme, devint recommandable par plusieurs autres exempli:…

Le terme des succès de Tou4 venoit d’être marqué, et,déjà l'instrument des desseins du ciel, malgré bien ües qualités contraires en apparence à sa haute destination, se monirnit plus propre à la remplir qu'aucun des Romains. Nar..: eunuque étranger, ou plutôt ennemi #aturel de l'empire en qualité de Persan, ayant pris parti dans les troupes romaines à la première bataille qu'il vit perdre contre elles à sa nation, s'étoit poussé jusqu’à devenir consul et patrice, H parut si grand homme de guerre, qi 1 ne trouva que lui seul capable de rétablirles affaires de l'empire en Halie, oùelles étoient presque entièrement ruinées. Justinien, qu’un revers si frappant avoit tiré de sa léthargie, envoya ce général pour y remédier. Il faloit compter sur des prodiges; mais c’étoit la destinée de ce fameux eunuque, et de rassembler les qualités, et d'opérer les

8 Greg, 11. Dial, ce. 4,

mirent

ae Lama rot mn mnnnnll cons + nr nement See nai ee

É n mée

2 parmnnte

il:

5 Re LE FLE “ x He.

Lau

À si \:

di F HA | }

d' th {

EEE

enr

Page 1