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4 (An 553.) HISTOIRE
exploits les plus extraordinaires. Aux talents d'éclat, il joignit une fidélité alors très-intacte, et qui ne céda, sous le règne suivant, qu'à la disgrâce la plus outrageante. Un amour extrême de la justice et de la discipline ne souffroit pas le moindre désordre dans son armée. Il faisoit surtout admirer en lui une piété sincère, qui, ayant été le principe de son premier attachement aux Romains, fut l’âme de toutes ses vertus. Sa confiance en Dieu et la vivacité de sa foi étoient parvenues à ce degré qui opèrent les merveilles ; et telle fut, eicuie plus que son habileté naturelle, tout éminente qu’elle étoit, la cause de ses succès étonnants.
Rien ne tint devant ce grand homme. Il ne restoit à l'empire, sur la mer Adriatique, que la seule ville d'Ancône, encore étoit-elle assiégée et pressée si vivement, qu'elle se voyoit au moment de succomber. Elle fut d'abord délivrée, ainsi que le peu de places romaines qui restoient ailleurs, Les ennemis commencèrent aussitôt après à trembler pour toutes les leurs. Chaque jour, on leur en enlevoit quelqu'une. Différents combats affaiblissoient aussi journellement leurs armées, et avançoient encore mieux l: ; affaires des Romains, par la terreur qu'imprimoit le nom de Narsès. Enfin, après quelques années, au terme marqué pur l'organe du ciel, il trouva ie secret d'engager une action déeisi:#, où le roi Totila périt avec l'élite de ses troupes. Théias, qui osa monter sur un trône si chancelant, donna encore une bataille , où il se fit tuer à son tour, l'an 553. Après quoi il ne resta de soldats goths que pour défendre, ou plutôt occuper Pavie et quelques forteresses, qui se soutinrent environ un an par l'avantage de leur situation, et qu'on prit par famine. Ainsi finit la monarchie des Ostrogoths dans l'Italie, que l'on verra bientôt envahie par de nouveaux barbares.
Le pape Pélage, pour réprimer les contradicteurs schismatiques et turbulents du cinquième concile, se servit avantageusement de l'autorité de Narsès, qui n'avoit pas moins à cœur les mtérêts de l'Eglise que ceux de l'empire. On prétend que ce pieux général avoit autrefois engagé l'empereur à mieux traiter le dernier pape, et qu'à cette fin il lui avoit fait attendre du ciel les grands succès qui accompagnèrent ses armes. Tont
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DE L'ÉGLISE. (AN 556.) AA exactqu'ilse montroit à soutenir l'ordre et l'autorité, il étoit d'une douceur de caractère, et d’une délicatesse de conscience qui lui faisoient toujours craindre de pécher contre la religion, quand il étoit question d'user de rigueur pour la défendre.
Pélage fut obligé de lui écrire pour lever ses scrupules. Ne vous arrêtez pas, lui dit-il! , aux vains discoureurs qui représentent la conduite de l'Eglise comme une persécution, quand elle corrige les méchants et les empêche de perdre les bons. On ne persécute que quand la rigueur passe les justes bornes et tend à faire le mal : autrement il faut abolir toutes les lois divines et humaines qui infligent des peines aux crimes. Que le schisme soit un mal, et qu'il doive être réprimé, même par la puissance séculière, c’est ce que l'Ecriture et les canons nous enseignent. Or, quiconque se tient séparé du corps de l'apostolat, est incontestablement dans le schisme, Ne craignez donc pas d'envoyer à l'empereur, sous bonne garde, ainsi que nous vous l'avons demandé, ceux qui trouble :t l'ordre hiérarchique. Avez-vous oublié ce que le ciel a fait pour vous, lorsque le tyran T'otila possédoit l'Istrie et la Vénétie ? Pourquoi done laissez-vous les évêques de ces provinces, comme ceux de la Ligurie, braver le saint Siége avec une arrogance insupportable. Si c'est le scrupule qui vous arrêle, et la crainte de passer pour perséeuteur , rappelez-vous, outre les canons de Chalcédoine, et les principes du bienheureux évêque d'Hippone, mille exemples et mille constitutions, qui montrent que les puissances doivent punir les schismatiques, non-seulement par l'exil, mais par la confiscation des biens et par de rudes prisons. S'il restoit quelque difficulté à ces évêques, touchant le jugement de l'Eglise universelle, rendu à Constantinople ces années dernières , ils devoient, suivant l'usage, nous envoyer quelquesuns d'entr'eux, capables tant de proposer leurs raisons que d'entendre les nôtres, et ne pas se mettre au hasard, en fermant les yeux à la lumière, de déchirer l'Eglise, qui est le corps de Jésus-Christ. C'est un atlentat, et jamais il
à Epist, 3. — 2 Fragn. 2. et 5.
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