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DE 1 : GRISE (an gr.) 499 maliques, si vivement pre s6s par & mt Grégoire, ne furent pourtant pas obligés de soumettre leur jugement à l'Eglise, quand elle condamna ces dangereux écrits : conséquence aussi visiblement schismatique, que contraire à toute la suite des procédés du même saint dans cette affaire.
Ce zélé pontife écrivit à T'héodelinde, reine des Lomb::ds, qui étoit catholique, et qui convertit dans la suite le roi son époux avec toute la nation des Lombards. Il fit passer la lettre par les mains de Constance de Milan, qui, en qualité d'évêque de la ville royale, étoit à portée de connoître les dispositions de la reine et toutes les circonstances convenables. Comme il s'agissoit d'un concile vu d'un œil bien contraire par les différents évêques de la Lombardie, Constance ne jugea pas à propos de présenter la lettre du pape à Théodeélinde , de peur de la jeter dans une perplexité plus dangereuse que l'ignorance où ellese trouvoit. Grégoire approuva cette conduite, et renvoya une autre lettre, dans laquelle il se contenta de parler des quatre premiers conciles, et d'exiger que la rcine embrassât formellement la communion de son évêque. Si le sage pontife ne voulut pas faire entrer une personne peu inetruite, et qui par état ne devoit pas l'être davantage, dans une discussion encore obscure pour une partie des pays catholiques, et sur laquelle on pouvoit aisément prendre le change, c'est que le commun des fidèles n'est pas toujours obligé de connoître quels sont les points particuliers de doctrine décidés par l'Eglise, ni d’abjurer toutes les erreurs d'une manière explicite, Mais s’il ajoute dans cette même lettre à Constance, qu'on n’a point traité de la foi dans le cinquième concile, il n'entend rien autre chose que ce qu'avoit dit Pélage dans sa lettre au roi Childebert, savoir, que sous Vigile on n’avoit point défini de nouveaux dogmes de foi, et qui n’eussent déjà été décidés dans le concile d'Ephèse ou de Chalcédoine ; en un mot, que tout ce quele cinquième concile avoit de particulier, c’étoit le jugement qui intéressoit la personne de tels évêques morts dans le sein de l'Église, mais dont on avoit condamné la doctrine consignée dans des écrits qui se publioient sous leur nom.
Grégoire se comporta même avec tant de sévérité envers Îles
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404 (An Sgr.) HISTOIRE évêques qui continuoient à défendre les trois chapitres, qu'ils eurent recours à l’empereur Maurice. Ils se plaignirent , nonseulement des violences exercées par l'exarque Smaragde, mais de ce quele pape avoit envoyé des ordres pour faire amener à Rome, Sévère, archevêque d’'Aquilée et chef des schismatiques , afin d'y être jugé canoniquement. Ils étoient si convaincus de la fermeté du pontife sur cet objet, qu'ils ajoutèrent en parlant de lui : Nous ne pouvons reconnoître pour juge celui qui est notre partie, et dont nous évitons la communion.
Mais ce que le saint pontife témoigna dans ces conjonctures a voir le plus à cœur, ce fut la conversion des Lombards Leur roi Eutharis, qu'ils avoient élu après un interrègne de dix années, étoit encore mort, comme son prédécesseur , sans laisser d'enfants. Sa veuve Théodelinde, qui plaisoit à la nation, avoit été déclarée son héritière, quoique fille d'un prince étranger, c'est-à-dire, du roi de Bavière. On s'en rapporta uniquement à son goût pour le choix d’un roi. Elle épousa Agilulphe, duc de Turin, l'un des trente qui avoient retenu l'autorité durant l'anarchie : mais elle exigea auparavant qu'il abjurât l'arianisme, La nation des Lombards, qui paroît avoir tenu foiblement à l’hérésie comme à tout principe de religion, suivit si facilement l'exemple deses maîtres, qu’en assez peu detemps on ne vit plus d’ariens parmi eux. Ils n’en poursuivirent pas leur conquête avec moins de chaleur. Bientôt les possessions de l'empire en Italie, se réduisirent à Rome, Ravenne, Naples, et quelques places de moindre importance, qui restèrent dans un état pitoyable, Le pape étoit obligé, s'il ne vouloit voir son peuple dans le plus funeste désastre, de prendre le soin temporel de l’état même, Ariulphe, duc Jombrad de Spolète, venoîit jusqu’à Rome piller et exercer les dernières cruautés; en sorte quele tendre pasteur tomba malade de chagrin. L’exarque de Ravenne ne pouvoit soutenir Ja guerre, etne vouloit pas faire la paix. Le pape , après avoir présenté les dispositions de l'empereur, la fit pour les Romains. On exigea des sommes exorbitantes; mais rien ne parut trop onéreux au charitable pasteur pour faire enfin respirer son malheureux troupeau , et il trouva moyen de tout fournir.
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Le saint Siége avoit alors de grandes terres en lulie, en Sardaigne, en Sicile , et jusqu'en Afrique. Grégoire ne jugea aucun travail indigne de lui, pour tenir tous ces fonds en bon état. On ne peut qu'admirer la sollicitude paternelle qui le faisoit suffire à l’immensité de ces détails, nonobstant l'importance de ses autres occupations. Nous avons appris , écrivit-il au sous-diacre Pierre, administrateur des biens de Sicile avec des cleres d’un moindre rang sous lui , nous avons appris que nos paysans sont vexés dans le paiement du premier terme de leurs rentes, et que, n'ayant pas encore vendu leurs fruits, ils sont obligés d'emprunter à gros intérêts. C’est pourquoi nous vous enjoignons de leur donner du fonds de l'Eglise ce qu'ils auroient emprunté àdes étrangers , et de recevoir leur paiement peu à peu, à mesure qu'ils le pourront faire, de peur que les denrées qui leur suffiront pour s'acquitter de la sorte, ne suffisent plus, si en les pressant, on les oblige de les vendre à vil prix. Nous savons encore qu’on tire des droits excessifs sur les mariages des paysans, et nous ordonnons que ce droit n'excède pas un sous d'or pour les riches , qu'il soit moindre pour les pauvres , el que toujours il tourne au profit du fermier , sans entrer dans nos comptest. Ce droit étoit purement seigneurial et formoit une espèce de tribut payé par ces paysans demi-serfs.
Un abbé s'étant plaint que les habitants d’une terre de l’église romaine , encore en Sicile, car son patrimoine étoit des plus considérables dans cette province, vouloient s'emparer d'une terre du monastère, le sage pontife manda au sous-diacre d'aller examiner la chose sur les lieux, et d'abandonner la prétention de l'église romaine, si le monastère se trouvoit en possession depuis quarante ans.
Mais c’étoit principalement au bon emploi de ces revenus que Grégoire s'employoit avec une charité aussi généreuse qu'attentive. Comme ïi aimoit à imiter le sage et saint pape Gélase, il suivit l’état des patrimoines de l'Eglise, tel que l'avoit dressé ce pontife, I] estima les revenus en argent, dont il faisoit la distribution au clergé, aux officiers de sa maison, aux monastères, et aux différentes églises, soit patriarcales
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ou titulaires, soit diaconies et simples oratoires. Ces largesses ne se renfermoient pas encore dans la ville de Rome, pas même dans l'Italie, mais elles s’étendoient aux provinces les plus éloignées. On gardoit au palais de Latran un gros volume, contenant le nom, l'âge et l'état de tous les pauvres immatriculés, même depuis long-temps, et que le pape Grégoire continuoit d'assister. Le premier jour de chaque mois, il distribuoïit en nature, selon la saison , du blé, du vin, des légumes, de la viande , du lard , du poisson, de l'huile et du fromage. Tous les jours, dans chaque rue, il faisoit distribuer les provisions convenables aux malades, par des officiers établis exprès. Avant que de manger, il envoyoit une partie des mets à des pauvres honteux. Son sacellaire, par son ordie, invitoit chaque jour à sa table douze étrangers, entre lesquels on dit qu'il reçut une fois Jésus-Christ , et une autre fois son ange tutélaire. Malgré tous ces soins, on u'ouva un jour un pauvre mort dans le coin d'une rue écartée. Le saint pape s'imputant ce malheur, s'abstint de célébrer les saints mystères pendant plusieurs jours. Il avoit les inclinations si grandes et si libérales, qu'il se plaisoit, en certaines cérémonies, à faire servir des rafraîchissements accompagnés de présents, aux personnes constituées en dignité, autant néanmoins que ces largesses, si propres à gagner les cœurs, ne préjudicioient point aux nécessileux.
Bien différent de ces grands qui font des libéralités d'une main, et de l'autre de cruelles exactions, loin d'aimer à recevoir, ilse plaisoit, en mille conjonctures, à remettre ce qui lui étoit dà, et partout se relâchoit très-facilement sur ses droits, pour peu qu'on les trouvât onéreux. J1 ne connoissoit l'épargne que pour sa propre personne. Sa vie étoit d'une simpiicité, ou pour mieux dire, d'une pauvreté presque messéante à son rang. On peut juger du reste de sa maison par son écurie. Vous nous avez envoyé, écrivoit-il à celui qui la fournissoit, un mauvais cheval et cinq bons ânes. Je ne saurois monter 1: cheval, parce qu'il est mauvais; ni les ânes, qui, quelque Lons qu'ils puissent ètre, ne sont que des ânes. Envoyeznous quelque chose qui soit d'usage, et de notre usage!,
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DE LÉGLISE. (AN 591.) 497
Telle est une partie des soins extérieurs que prenoit ce grand pape, nonobstant les occupations incomparablement plus laborieuses que lui donnoit sa manière de conduire l'Eglise romaine, son inspection patriarcale sur toutes celles de l'Italie, ou même de l'Occident, et le maniement des affaires de l'Eglise universelle. Il exerçoit même toute la juridiction métropolitaine sur la partie méridionale de l'Italie, où il n'y avoit point d'autre archevêque. Quoiqu'il y en eût en Sicile et dans les autres îles, comme les églises y dépendoient spécialement du saint Siége, il entroit dans une infinité de soucis, surtout pour ce qui regardoit le choix et la conduite des évéques. Quelques-uns des habitants de Rimini choisirent un certain Odoatin pour évêque, et le lui envoyèrent avec une relation conforme à leurs vues; mais le sage pontife refusa de le consacrer, et leur ordonna d'en choisir un autre. Pour peu quil eût d'inquiétude, il commettoit des personnes sûres pour présider aux élections, Il vouloit que chaque évêque fût tiré de l'église vacante, autant qu'il étoit possible. L’élu venoit à Rome se faire ordonner, avec le décret de son élection , et les lettres du visiteur apostolique. Voilà pourquoi, dans la liste des ordinations faites par les papes , on trouve ordinairement beaucoup plus d'évêques que de prêtres ou de diacres. Ils ordonnoient des évêques pour toute l'Italie, souvent encore pour d'autres régions, et ils n'ordonnoient les autres ministres que pour l'Eglise de Roine.
Saint Léandre, son ami, lui avoit “crit, dès l'année précédente, pour lui témoigner sa joie de son élection, l'instruire de la conversion et de la solide piété du roi Récarède, et pour le consulter sur les trois immersions du baptême, dont abusoient les ariens qui se trouvoient encore en Espagne. Le saint pontife ne se pressa pas de répondre à un évêque dont il connoisscit l'instruction et la fidélité, et qui savoit par ses propres travaux quels devoient être ceux des chefs de l'Eglise; mais enfin, cette année 5g1 , saint Grégoire lui écrivit une lettre remarquable par le ton d'humilité qui y règne ct l'instruction dont elle est remplie; nous n’en citerons que quelques mots: Je ne puis, lui dit-il, vousexprimer ma joie de voir Je roi Récarède si parfaitement converti à la foi catholique : ce que