‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 120 sur 146 · TETE ET · texte numérisé non relu

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556 (As 6:18.) HISTOIRE

La chaire pontificale vaqua plus d'un an, et l'on croit que son

successeur immédiat, Boniface V, ne fut ordonné que le 23 décembre de l’année 619. C’est à peu près le temps où saint Jean l'Aumônier mourut, comme il avoit vécu, dans l'exercice de la charité et le dépouillement personnel de toutes choses. 11 s'étoit vu obligé à quitter pour un temps Alexandrie, par la crainte des Perses. Son ami le patrice Nicétas , déjà connu par sa piété, l’avoit engagé par des motifs de zèle à passer à Constantinople. Etant arrivé à Rhodes, le saint évêque eut révélation de sa mort prochaine, et dit au patrice : Vous me conduisez vers l'empereur de la terre; mais l’empereur du ciel m'appelle à lui. Après lui avoir raconté sa vision, il le quitta, tourna vers l’île de Chypre, et se retira à la ville d'Amathonte, lieu de sa naissance. I] fit aussitôt son testament, qui est conçu en ces termes! : Je vous rends grâce, à mon Dieu ! de ce que vous m'avez rendu pauvre selon ma prière, et de ce qu'il ne me reste que le tiers d’un sou, quoique à mon ordination j'aie trouvé l'or dans la maison épiscopale par milliers de livres, sans compter les sommes innombrables que j'ai reçues de vos serviteurs ; c'est pourquoi j'ordonne que ce peu qui reste soit distribué sans délai de la même manière. Il mourut peu après, et fut enterré entre les corps de deux évêques, qui se retirérent, de part ct d'autre, à la vue des assistants. Ainsi le racontent les historiens de sa vie, ses contemporains évêques et docteurs célèbres, qui lui attribuent beaucoup d’autres miracles. Il avoit occupé dix ans le siége d'Alexandrie, où il eut pout successeur, Georges, patriarche catholique, auteur d'une vie de saint Jean-Chrysostôme ; mais depuis ce temps-là on ne connoît plus guère l’histoire de cette église.

Le pape Boniface V écrivit à Edouin, roi de Northumbre, alors le plus puissant des sept souverains qui partageoient l'Angleterre, pour l'exhorter à se faire chrétien. Ge prince avoit épousé Edelburge, sœur d'Ebald ou Ethéobald, roi de Kent , et déjà chrétienne comme la plupart des princes voisins. 1] lui avoit promis de lui laisser, et à toute sa suite, le plein exercice de sa religion, et de l'embrasser lui-même, si après

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DE L'ÉGLISE. (AN 627.) 559 l'avoir mürement examinée, il la trouvoit la plus sainte et la plus digne de l'Etre suprême. Le pape écrivit aussi à la reine pour le même objet, et à ses lettres il joignit des présents comme de la part de saint Pierre, qu'il nomme le protecteur des Anglais. Il y avoit une tunicelle ornée d'or et un manteau pour le roi, pour la reine un miroir d'argent ct un peigne d'ivoire garni d'or ; mais Boniface n'eut pas la joie d'apprendre les effets de son zèle, étant mort cette même année 625, le vingt-deuxième jour du mois d'octobre. Honorius, fils du consul Pétrone, fut mis cinq jours après sur la chaire de saint Pierre, qu'il occupa près de treize ans.

De son temps se remplirent enfin les espérances qu'avoit données le roi Edouin. Ce prince marqua d’abord peu d’ardeur pour la grâce du salut, il laissa néanmoins baptiser, avec différentes autres personnes de rang, la princesse Enflède, qu'il avoit eue de la reine Edelburge, et qui fut la première chrétienne de la nation des Northumbres ; mais ayant manqué d'être assassiné par un scélérat envoyé de la part du roi des Saxons occidentaux , qui tua deux de ses gens , et le blessa luimême, il se disposa à faire repentir ce prince perfide d'une trame si noire. Cependant il promit de renoncer aux idoles pour adorer Jésus-Christ s’il lui donnoit la victoire, et dès-lors il s’abstint de toute superstition.

Ayant gagné la bataille, et fait périr tous ceux qui avoient conjuré sa mort, il prit encore du temps pour se faire instruire par l’évêque Paulin, qui du royrume de Kent avoit suivi la princesse Edelburge dans celui de Northumbre, et qui devint le premier évêque d'Yorck:, Convaincu enfin de la vérité du christianisme, et touché des réflexions que lui fit faire Paulin, en lui révélant une longue suite de périls et d'avantages, où la conduite de la Providence éclatoit de la manière la plus sensible en faveur de ce prince, il se jeta religieusement aux pieds de l'évêque, et ne demanda plus que le temps convenable pour disposer les principaux de la nation à se faire baptiser avec lui:.

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