‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 121 sur 146 · FL · texte numérisé non relu

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des pontifes idolâtres , fut celui qui seconda le plus efficacement les bons desseins du roi. C'étuit un homme plein de droiture ; que l'esprit de prévention n’avoit point gâté , et qui sentoit d'autant mieux le foible de sa religion , qu'il l’avoit pratiquée de meilleure foi, sans jamais y découvrir aucun des avantages dont ses premiers instiluteurs l’avoient flatté. Il ne l'eut pas comparée à la doctrine sainte et solide qu'on lui annonçoit, que la grâce achevant de dissiper ses préjugés, il courut en plein jour, à la vue de tout le peuple, renverser les simulacres qu’il s'indignoit d'avoir encensés si long-temps. La cour et le peuple furent également touchés de cet exemple. On venoit en foule aux rivières avant qu'on eût pu construire des baptistères pour l'immersion qui étoit encore en usage. Dans la seule terre d'Adrégin où Paulin avoit suivi la cour; il demeura trente jours à catéchiser et à baptiser, sans interruption, depuis le matin jusqu'au soir. Les personnes les plus considérables par la noblesse et la puissance témoignèrent pour le baptême le même empressement que le peuple, entr'autres les enfants du roi, savoir, quatre fils, une fille et un petit-fils.

Tant d'heureux succès parvinrent à la connoïssance du pape Honorius peu après qu'il ent succédé à Boniface V le 27 octobre 625. I} écrivit aussitôt à Edouin pour lui en témoigner sa joie, et l’exhorter à la persévérance. Il envoya en même temps le pallium aux métropolitains d'Yorck et de Cantorbéry, avec pouvoir à l'un et à l'autre d'instituer son successeur, sans être obligés de recourir à Rome, à cause de la distance des lieux. Just, successeur immédiat de saint Mellit, étoit mort, et Honoré , élu en sa place, vint trouver saint Paulin d'Yorck, qui le sacra cinquième évêque de Cantorbéry depuis saint Augustin.

Le roi Edouin ne favorisa pas seulement le ministère de ces prélats , mais il engagea Erpwald, roi d'Estangle ou des Anglais orientaux , à revenir avec tout son peuple à la pureté de foi de ses pères, qui avoit été toute défignrée depuis quelque temps par un mélange monstrueux de superstitions idolâtriques.

Erpwald fut tué peu après sa conversion ; mais son frère Sigebert qui s’étoit fait chrétien en Gaule, se mit en possession

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DE L'ÉGLISE. (AS 627.) 55y du trône au bout de deux ans, et n'eut rien de plus pressé que de convertir entièrement son peuple. Il fut admirablement secondé par l'évêque Félix, né et ordonné en Gaule, qui établit son siége épiscopal à Dumoc, et rendit toute la province solidement chrétienne, Le saint archevêque d'Yorck, de son côté , ne se bornoit point à ses premiers succès; il passa la rivière d'Humbre , évangélisa tout le long de la rive méridionale jusqu'à la mer, et fit bâtir une église à Lincoln , après en avoir converti le gouverneur. Tout réussissoit aux ouvriers évangéliques dans la tranquillité profonde qui régnoit dans toutes ces contrées.

A la faveur du nom et de l’autorité du roi Edouin, la paix et le bon ordre se trouvoient tels, qu’ils passèrent en proverbe. On disoit communément qu'une femme sans autre compagnie que son enfant à la mamelle, pouvoit en toute sûreté traverser l'Angleterre d'une mer à l’autre:. Près des fontaines qu'on rencontroit sur les grands chemins, le roi avoit fait attacher des coupes de cuivre que personne n'osoit enlever : mais ce digne monarque ne vécut que quarante-sept ans; le 13 d’octobre 633 , dix-septième de son règne, il fut tué en combattant contre Cadawallo, roi de Galles, qui s’étoit révolté, et avoit attiré dans son parti Penda, prince anglais de la nation des Merciens. Penda étoit païen comme tout son peuple, et Cadiwallo, quoiquechrétien deprofession,n’écoutoit que sa férocité naturelle. Il avoit tant de haine contre toutes les nations anglaises, qu'il se proposoit de les exterminer de la Grande- Bretagne, sans nul égard au christianisme qu'elles avoient embrassé. Sa victoire fut la ruine de l’église naissante de Northumbre. Le saint évêque Paulin réduit à s'enfuir avec la reine Edelburge, veuve d'Edouin, se retira dans le pays de Kent. Un diacre nommé Jacques resta à Yorck pour prendre soin des débris de cette église, qu’il préserva d’une ruine entière dans cet affreux désastre. 11 y établit la pompe majestueuse des rites et du chant romain quand les temps devinrent meilleurs.

Après la mort d'Edouin, le royaume de Northumbre fut

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d'abord partagé entre deux princes, qui furent encore défaits et tués l’un et l’autre par Cadawallo. Ils étoient retombés dans l'idolâtrie après avoir reçu le baptême. Osouald , digne neveu d'Edouïn , et frère bien différent de l'un de ces princes à qui il succéda, chercha principalement dans sa piété la défense du trône où il étoit parvenu. I n'avoit qu'une poignée de monde à opposer aux troupes innombrables de Cadawallo 1. 11 planta une croix à la tête de son camp, et fit crier de toute part : Prosternons-nons devant le Dicu tout-puissant qui connoît la justice de notre cause, et supplions-le de nous défendre contre notre superbe ennemi. On se relève après cette courte prière, et l'on fond tête baissée sur l'armée du cruel Breton, qui fut mise en déroute, et on le vittomber parmi les morts. Le champ de bataille fut depuis nommé le champ céleste, et l'on raconte beaucoup de miracles qui s’y opérèrent. Le roi Osouald n’oublia point un bienfait si merveilleux; dans l'ardeur de sa pieuse reconnoissance , il ne se proposa rien de moins que rendre. toute sa nation chrétienne.

Le célèbre monastère de Hi, situé dans l’île de même nom en Irlande, et fondé dès le siècle précédent par saint Colomban l'ancien , avoit toujours la même réputation de piété, de science et de zèle. Osouald y ayant été instruit et baptisé, connoissoit par lui-même tout le mérite de ces fervents cénobites, nommés communément les anciens ou vénérables d'Irlande. 11 leur demanda un évêqué pour instruire les Anglais de sa domination. On lui envoya d’abord un homme dont l'humeur étoit aussi dure que la manière de vivre. 11 n'eut point de succès dans sa mission, et il revint au monastère en se plaignant de l'esprit intraitable des Barbares à qui on l’avoit envoyé. Là-dessus les pères tinrent conseil, et sut le compte que rendit le missionnaire : Mon frère , lui dit un d'eux nommé Aïda, il me semble que vous avez d'abord usé de trop de rigueur envers un peuple si foible , au lieu de commencer, suivant l'avis de l'apôtre, par leur donner le lait d’une instruction douce, jusqu'à ce qu'ils fussent en état de profiter d’une nourriture plus solide, Tous les assistants tournèrent aussitôt les

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