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852 (An 6a7.) HISTOIRE un autre pour les hommes, auxquels il préposa saint Amé, qui avoit élé, après Dieu, le premier auteur de sa retraite. Ces deux saints se chargèrent en commun de la direction des religieuses. Comme ce monastère devint en peu de temps fort nombreux, le saint fondateur y établit la psalmodie perpétuelle, et parlagea la communauté en sept chœurs de douze religieuses chacun, afin de se succéder paur chanter les louanges divines sans interruption. Tels furent les commencements de l'illustre abhaye de Remiremont, dont le monastère d'hommes étoit accupé en dernier lieu par les bénédictins de la congrégation de saint Vannes. Ils avoient traversé près de douze siècles, lorsqu ils ant été détruits l’un et l’autre par une secte ennemie de l’ordre et surtout de la piété.
Quand Romaric eut appris qu'il étoit libre à l'évêque Arnoux de venir partager les douceurs de sa solitude, il s’avança jusqu'à Metz pour lui en témoigner sa joie. Arnoux régla bien vite ses affaires de famille, fit élire pour son successeur un autre saint nommé Goéric, puis quitta avec une admirable fermeté ses proches, son évêché et la cour, sans rien emporter que l'estime et les regrets publics, et surtout ceux des pauvres. 11 s'établit, avec quelques solitaires qu'il s'associa, sur une montagne voisine de Remiremont, où il vécut encore plusieurs années, plus content et plus véritablement heureux qu'il ne l'avait jamais été au faîte des grandeurs.
On comptoit à la cour de Clotaire un grand nombre d’autres excellents et saints personnages. Tels furent Pepin de Landen, qui devint maire du palais, et qui, malgré les écueils d’une position si critique, a mérité d’être mis au nombre des saints, aussi-bien que sa femme Iltuberge, et ses deux filles Bègue et Gertrude; saint Didier, trésorier du roi, puis évêque de Cahors, et ses frères Rustique et Siagrius ; saint Ouen, saint Eloi, saint Faron, qui fit recueillir à l'Eglise de Meaux les fruits abondants de la bénédiction qu’il avoit reçue dans son enfance, de la main de saint Colomban. Saint Chagnoald son frère, devint évêque de Laon. Sa sœur, sainte Fare, consacrée à Dieu par le même saint, fonda un monastère dont elle fut la première abbesse, et qui subsiste jusqu’à nos jours sous le nom de Faremoutier. On conserve un testament de
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DE L'ÉGLISE. (AN 6a7.) 573 sainte Fare, qui donna fa plupart de ses biens à son monastère, le reste à ses frères et à sa sœur, ce que nous observons, comme une preuve que partout la profession religieuse ne rendoit pas inhabile à tester ni à hériter.
On vit paroître à la cour de Clotaire une autre sainte abbesse, mais dans un état bien éloigné d’abord de la haute considération dont y jouissoient tant de serviteurs de Dieu. Marcia Rusticula, issue de parents illustres et romains, c’est-à-dire, anciens sujets de l'empire, et différents des conquérants barbares qui l’avoient envahi, fut accusée d’avoir caché dans son monastère d'Arles un fils du malheureux roi Thierri. Par une exception également honorable à sa vertu et à ses talents, elle s’y truuvoit depuis l'âge de dix-huit ans à la tête de trois cents religieuses, tandis que les réglements de saint Grégoire exigeoient qu'une religieuse eût soixante ans pour devenir abbesse. Mais les soupçons en matière d'état l'emportent sur tous les autres préjugés les plus raisonnables. On tira violemment Rusticule de son cloître, et on l'envoya, sous bonne garde, au monarque. Le ciel ne vouloit qu'édifier la cour par le spectacle d’une sainteté qui ne laissoit aucun lieu à la méprise. Les vertus de la sainte abbesse, confirmées par plusieurs miracles, lui attirèrent les hommages des politiques les moins crédules. On ne lui demanda plus d'autre garant de son innocence, que sa propre parole : après quoi l'on s’efforça de la dédommager d'une humiliation passagère, par le cortége honorable qui fut chargé de la recnnduire, comme en triomphe, jusqu à son monastère,
L’épiscopat étoit encore plus illustré dans la France par l’'éminente sainteté d'une multitude de prélats. Saint Loup de Sens, neveu de saint Aunaire d'Auxerre, et successeur de saint Artème, avoit encouru aussi injustement que Rusticule, la disgrâce du roi Clotaire, qui ne lui pardonnoit pas son ancienne fidélité au jeune Sigebert, fils de Thierrir. Il fut exile sous des prétextes qui n'avoient de fondement que dans cette basse et sourde vengeance; mais le roi, détrompé par saint
Vinebaud, abbé de Saint-Loup de Troyes, rappela l'exué, 1e
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574 (A® 629.) HISTOIRE voulut voir à son : ur, se jeta à ses pieds pour lui demander pardon , s’estima heureux de manger avec lui, et le renvoya à son église comblé d'honneurs et de présents. Saint Don...ole à Vienne, saint Austrégisile à Bourges, saint Lézin à Angers, dont il avoit été duc, courtisan poli, juge intègre, vaillant capitaine, parent du roi Clotaire, et le plus humble des simples fidèles; d’une piété qui dans l’épiscopat ne li laissa passer aucun jour sans célébrer les saints mystères, dur à lui-même, jusqu'à ne prendre qu’un morceau de pain et un verre d'eau après un jeûne prolongé deux et trois jours ; et envers les autres, d'une douceur qui l'engagea toujours à se déclarer dans les conciles pour le parti de la clémence, et à ne vouloir jamais assister à la déposition d'un évêque; saint Bertram au Mans, où il fonda trois monastères, deux hôpitaux, et n’usa que pour sa sanctification de l'avantage si dangereux qu'on lui attribue, d'avoir été le plus riche prélat de son temps : tous ces grands évêques, avec une infinité d’autres que les bornes de notre plan ne nous permettent pas de faire connoître,se montrèrent divinement suscités pour soumettre les vainqueurs des Romains au joug de Jésus-Christ. Mais nous ne pouvons nous dispenser de rapporter au moins en partie le testament qui nous reste de saint Bertram; monument regardé comme un des plus authentiques, et des plus propres à retracer dans ce genre quelques usages respectables de l'antiquité. C’est ainsi qu'il commence : Au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et du Saint-Esprit, moi Bertram, quoiqu'indigne pécheur, évêque de la sainte eglise du Mans, étant sain de corps et d'esprit, mais prévoyant les accidents de la vie humaine, j'ai fait mon testament, et l'ai dicté à mon fils le notaire Ebbon, voulant que si, pour }e défaut de quelque formalité juridique, il n’est pas reçu de dre comme testament, il soit du moins exécuté comme cod::;1i: ab intestat. C'est pourquoi, après ma mort, vous sainte église du Mans, c'est-à-dire, la cathédrale, et vous sainte église des saints Pierre e: aal que j'ai bâtie, soyez mes héritières. Suit le détail des ‘eg: 97 observe que ceux qui concernent les parents du sait “ue sont pris sur son patrimoine, et qu'il avoit obtenu des ic ires signées ‘u roi qui lui permettoit de
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