‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 125 sur 146 · LP · texte numérisé non relu

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DE L'ÉGLISE, (AN 627.) 575 disposer de ses biens. À la fin, après avoir fait desimprécations contre ceux qui donneroient aticinte à son testament ,ille prémunit en cette sorte contre les contestations : S'il se trouve quelques ratures, ou quelques additions dans cet acte, c'est moi qui les y ai faites, et j'ai eu soin qu'il fût signé, comme la loi l'ordonne, par sept personnes d'honneur, qui y ont apposé leur sceau. Aussitôt qu'il aura été ouvert, je prie l'archidiacre de le faire insérer dans les actes publics. k

Laplupart de ces dignes prélats assistèrent au concile qui se tint l'an 6r 4 à Paris, où il se tronva soixanteet dix-neuf évéques de toutes les provinces de l'empire français, nouvellement réunies sous la puissance de Clotaire!; concile national par conséquent , et le plus nombreux que nous ayons encore vu dans les Gaules. Dans les canons que nous en avons au nombre de quinze, et qui n'étoient pas les seuls, comme il paroît par: l'ordonnance que fit le roi pour l'exécution de quelques dispositions ultérieures , il s’agit principalement de l'élection aux évêchés, où l’on voit que la puissance politique s’attribuoit déjà beaucoup de prépondérance. Ce concile, dès les premiers canons, tend à la modérer : on y statuequ’à la place d’un prélat défunt , on ordonnera gratuitement celui qui aura été choisi par le métropolitain et ses comprovinciaux, le clergé et le peuple de la ville; que nul clerc ne se retirera vers le prince ou autre personne puissante , au mépris de son évêque ; qu'aucun évéque même n'élira son successeur , et que personne ne doit lui être subrogé de son vivant, si ce n’est dans le cas où ilne pourroit plus gouverner son diocèse, étant, par exemple, déposé canoniquement , ou atteint d'une maladie incurable. Le quatrième canon défend à tout juge de punir ou condamner un clerc sans le consentement de son évêque. Le dixième ordonne que toutes les donations faites à l'église par les évêques et les clercs auront leur effet, quoique les formalités des lois n’y soient pas exactement observées.

IL est un autre réglement assez mal expliqué jusqu'ici par rapport aux juifs qui s'étoient réfugiés en très-grand nombre d'Espagne en France, depuis que le roi Sisebut avoit contraint

1Tom. Y, Conc. p. 2649.

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tons ceux de ses états à professer le christianisme, Il semble d’abord que le concile fasse la même contrainte àla conscience de plusieurs d’entr'eux; mais en exaininant ce décret avec atiention , on voit qu'il se réduit à empêcher les juifs d'exercer aucune charge ou fonction publique sur les chrétiens, à moins qu'ils ne se fassent baptiser avec toute leur famille; bien entendu sans doute, qu'ils apporteront au baptême les disposilions convenables,

Quoique ee concile de Paris tendit à corriger les recours trop fréquents à la puissance séculière, et à donner plus de liberté à l'exercice de la juridiction ecclésiastique, le roi Clotaire ne laissa pas de rendre un édit pour l'exécution des décrets, mais avec quelques modifications, Quant à l’élection des prélats, il porte que le sujet élu par les évêques, par les clercs et par le peuple, sera ordonné de l'aveu du prince, c’est-à-dire, qu'il en sera agréé avant son ordination, et que s’il est tiré du palais, ou présenté par le prince, il ne scra pas nécessairement ordonne par cette seule considération, maïs pour son mérite dûment avéré et reconnu. Clotaire eut même l'attention de n'apposer ces réserves que d'un commun accord entreles deux puissances, puisque l'édit énonce formellement qu'il a été fait dans le concile par le conseil des évêques et des grands. Les conciles commençoient en effet à se former des ministres de l'une et de l'autre juridiction, et l’on y méloit les affaires temporelles avec les ecclésiastiques, comme on le voit par plusieurs articles de ce même édit,

Le roi Clotaire s’étudioit à rétablir le bon ordre dans tous ses états, mais surtout à relever les saintes institutions dont les rois ses prédécesseurs et ses rivaux avoient persécuté les auteurs. 1] honora d'une bienveillance toute particulière le monastère de Luxeux, l'enrichit de grands revenus, et ne mit d'autres bornes à ses bienfaits, que la modération de saint Eustase, successeur de saint Colomban. Par la rare sagesse de ce second abbé, ct par les effets de la protection royale, tous les dommages du dehors furent bientôt réparés : mais le mal qui provient du dedans a des suites beaucoup plus funestes.

Dansle grand nombre des fervents disciples qui faisoient honueur au saint abbé de Luxeux, il y en avoit un nommé

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