‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 131 sur 146 · RAI · texte numérisé non relu

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642 (An 68.) HISTOIRE

arrivé trois ans après, un dimanche, avant le jour. comme il alloit à matines. Les grands les plus occupés et les moins pieux ne se dispensoient pas encorc des offices publics, même de la nuit. Le duc Vaimer avoit élé puni auparavant par Ebroïn même, qui, par une sacrilége et lâche politique, le fit d’abord évêque de Troyes, pour l'éloigner des affaires, puis le condamna à être pendu après avoir enduré la torture.

En Angleterre, les saints se multiplioient jusque sur le trône 1. Nous avons vu la sainte mort des rois Edwin et Osuald, qui sont honorés d’un culte public. Le saint archevêque de Cantorbéry, Honorius, fut jugé digne des mêmes hommages, Deus-Dedit, son digne successeur, fait en un sens plus d'honpeur encore à ces Barbares humanisés par le christianisme, en ce qu’il étoit de la nation des Saxons occidentaux, au lieu que les cinq archevêques ses prédécesseurs avoient pris naissance dans une terre moins dépravée, et très-vraisemblablement en Jtelie. Osui avoit commencé son règne par un crime ; mais il s'efforça de réparer par ses travaux pour la propagation de la foi, et par beaucoup d’autres bonnes œuvres, la douleur qu'il avoit causce à l'Eglise, en faisant tner par trahison le saint roi Osui. Le fils du roi des Merciens, nommé Penda comme son père, ayant demandé cn mariage la fille d'Osui, elle ne lai fut accordée qu'à condition qu'il se fcroit chrétien. Alors il déclara qu'il en avoit déjà pris la résolution, indépendamment de son amour pour la princesse. C’étoit Alfrid , fils du même roi Osui, qui, ayant épousé la sœur de Penda, en avoit pris occasion de faire connaître à ce jeune prince son beau-frère la vérité et le bonheur du christianisme. Le jeune Penda, établi par son pére gouverneur du pays de Middelangle, c'est-à-dire, des Anglais du milieu des terres, en devint aussitôt l'apôtre : il fit venir du Northumbre et de l'Hibernie des missionnaires expérimentés, qui, sous sa protection, convertirent une infinité de personnes tant des grands que du peuple. Ce qu'il y a de moins concevable, quand on ne pense pas que le Seigneur tourne le cœur des rois comme il lui plaît, c'est que le

vieux Penda, si furieux autrefois contre le nom de chrétien,

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| DE L'EGLISE. (An 678.) 643 n’empêcha plus alors les progrès de l'Evangile, même chez les Merciens, où il s’étendit du Middelangle.

Toutefois son ambition et sa haine enracinéc contre les Northumbres le portèrent aux derniers excès à l'égard de leur roi Osui, malgré tant d'alliances réciproques. Osui tenta, mais en vain, tous les moyens d'obtenir la paix. Réduit à la nécessité désespérante de soutenir la guerre contre un p: qui, au rapport des historiens, avoit des troupes trente fois breuses que les siennes, il fit vœu de consacrer et de donner douze terres pour des fondatior il marcha aussitôt après contre ses innombrables er , et remporta une victoire complète. Penda fut du nombre des morts : le royaume des Merciens, qui déjà comptoit le Northumbre entre ses provinces, passa au contraire sous la domination d'Osui. Il accomplit religieusement ses promesses ; et telle fut l’origine du monastère de Stréneshai. Il fit plus , il ne se donna ni repos, ni relâche, qu'il n’eût fait chrétiens ses nouveaux sujets.

Les fruits de son zèle s’étendirent jusque chez les Saxons orientaux, dont Londres étoit la capitale, et qui étnisnit retournés à l'idolâtric,après avoir reçu la foi de saint Mellit,leur premier évêque. Osui étoit ami de leur roi Sigebert , auquel il fit connoître sans peine l'impuissance des dieux faits de main d'homme, et qu'il fit baptiser dans son palais, près du grand mur qui séparoit l'Angleterre des peuples sauvages de l'E-

cosse : ensuite il lui procura des ouvriers évangéliques, entre lesquels le saintprêtre Cedde, tiré du Middelangle, fut ordonné pour le pays d'Essex, c'est-à-dire évêque de Londres. Il ne laissoit pas de retourner quelquefois dans le Northumbre,sa patrie, pour y nourrir la foi et la piété des fidèles. 11 y fonda le monastère de Legtinston, par la libéralité d’un fils de saint Osuald, nommé Edilvar, et reconnu roi dans la province de Déire. Il lui donna pour abbé son frère saint Céadda , depuis évêque des Merciens, et le soumit à la règle de Lindisfarne, qui nous apprend la manière de jeûner de ces solitaires. Selon l'esprit de la mortification chrétienne, ils usoient, sans dif-

ficulté, d'œufs et de laitage, comme d'aliments vils et communs dans le pays.

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