‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 133 sur 146 · FE · texte numérisé non relu

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648 (An 678.) HISTOIRE primer à ses réglements Je sceau respectable de l'autorité des conciles , selon l'usage de l'Eglise. Dans le concile qui se tint en premier lieu à Herford, on ne fit point denouveaux canons, mais un extrait pratique des anciens, abrégé net et précis qui nous peint, et la docile simplicité de ce bon peuple, et la sagesse de l'archevêque à écarter jusqu'aux moindres nuages de l'indécision et de la contention. Il étoit conçu en ces termes : | «Nous observerons la Pâque le même jour, savoir le dimanche qui suit le quatorzième de lalune du premiermois, Les évêques n'entreprendront point sur les diocèses l'un de l’autre; ils garderont le rang de leur ordination, On en augmentera le nombre à mesure que celui des fidèles croîtra. On tiendra le concile chaque année, le premier jour d'août. Les clercs ne seront point vagabonds, et on neles recevra nulle part, sansles lettres de recommandation de leur évêque. Les évêques et les cleres étrangers ne feront aucune fonction, sans l'aveu de l'évêque diocésain. Les évêques ne troubleront point le repos des monastères, et ne feur ôteront rien de leurs biens, Les moines ne passeront point d’un monastère à l’autre, sans la permission de leur abbé. On ne contractera que des mariages légitimes : il ne sera permis de quitter sa femme que pour cause d'adultère ; eten ce cas, le vrai chrétien n’en sauroit épouser une autre, » Ainsi le christianisme prenoit-il une stabilité et un appareil respectable au delà des mers , et jusqu'aux extrémités les plus occidentales del'Europe, tandis que les armes des Musulmans étendoient leur stupide islamisme bien avant dans la Haute-Asie , et dans la meilleure partie de l'empire d'Orient. Dès la trente-cinquième année de l'hégire, 656 de Jésus- Christ, à la mort d'Othman,leur troisième calife, cette formidable puissance comprenoit déjà l'Arabie entière, la Perse, la Chaldée ou Mésopotamie, la Syrie , la Palestine, l'Egypte, et une grande partie de l'Afrique. Ces vastes contrées avoient été prises, ou sur les Romains, ou sur les Perses, dont le dernier roi Isdegerde fut tué et l'empire entièrement éteint l'an 652, après avoir duré, depuis la ruine des Parthes, quatre cent vingt-neuf ans. Le schisme et la discorde qui, après

Tom, v1, Gonc. p. 537. — à Elmacin. Albufarag. Theoph. an. 14, Const.

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DE L'ÉGLISE. (ax 678.) 649 la mort d’Othman, s'élevèrent entre les sectateurs de Mahomet, suspendirent pendant quelque temps le cours de leurs conquêtes, On avoit fait périr ce calife, parce qu'il abusoit du trésor public , et qu'il marquoit une partialité injurieuse entre ses croyants. L'alcoran, qu'il portoit partout sur sa poitrine, fut ensanglanté. Le meurtre, aggravé par cette circonstance, parut exécrable, surtout au jugement d’Aïcha, la plus chérie des femmes de Mahomet, l’oracle des Musulmans depuis la mort du prophète, et nommée communément leur mère. Quoiqu’Ali, fait calife par les ennemis d'Othman aussitôt après l'assassinat, fût cousin germaiu et gendre de Mahomet, Moavia, chef d’un autre parti, avoué par Aïcha, acquéroit par cette seule approbation des droits trop plausibles aux yeux des Musulmans, pour ne pas s'approprier les conquêtes dont il avoit été le héros, cet pour abandonner tout au contraire l'autorité absolue qu'il exerçoit depuis long-temps dans son gouvernement de Syrie. Il ÿ eut entre sa faction et celle d'Al une guerre violente, et bien du sang répandu. Ils firent enfin la paix, à condition que l'Arabie et l'intérieur de l'Orient demeureroient à Ali, la Syrie et les provinces occidentales à Moavia.

Mais cette paix consomma le schisme, au lieu de l’éteindre. De nouveaux enthousiastes, dans le temps de Ja prière, assassinèrent Ali, pour avoir seulement présumé de traiter sur un point dereligion, tel que la succession du prophète, la dignité de calife et la qualité d'imant. Ses partisans le tinrent pour martyr, et le lieu de sa sépulture devint le terme révéré de pélerinages nombreux. Il est même une partie considérable de cette secte qui regarde comme des usurpateurs impies Moavia ettous les califes postérieurs, et qui ne comptent pour légitimes imans que les descendants d’Ali et de son épousc F'atime. Ce sont ces sectateurs rigoureux d'Ali qui règnent aujourd'hui en Perse, toujours fort animés contre les Ottomans ou les Turcs, qui sont de la secte opposée. Hasan , fils d'Al, fut reconnu calife à la mort de son père; mais il ne régna que six mois. I] céda l'empire à Moavia , qui le fit empoisonner huit

1 vpn an. 18, p. 288.

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