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650 (An 678.) HISTOIRE ansaprés, et qui se trouva ainsi seul calife l'an 670. Ce perfide iman fixa le siége de son empire à Damas.
Iln'avoit pas attendu ce sanglant dénouement , pour inquiéter les empereurs de Constantinople. Les Sarrasins ses sujets firent des incursions continuelles sur toutes les mers, et jusque sur les côtes d'Italie. Ils réduisirent en esclavage les meilleurs cantons de la Sicile, Dans la partie d'Afrique encore soumise aux Romains, ils enlevérent quatre-vingt mille captifs; ils s’établirent ensuite à Cyzique, d’où ils venoient sans cesse insulter Constantinople:, quand Callinique , pour consumer leurs navires, inventa le feu grégeois, qui brûloit sous les eaux. Constantin régnoit depuis l'an 668, où son père avoit été assassiné à Syracuse. On avoit d’abord déclaré empereur un Arménien de bonne mine, nommé Mizizi; mais l'héritier de Constant vint en diligence avec une bonne flotte, se fit remettre l’usurpateur, et quoiqu'on l’eût forcé à prendre la pourpre, il le fit mourir avec les meurtriers de son père. A son retour en Grèce, on lui donna le surnom de Pogonat ou Barbu, parce qu'en étant parti sans barbe, on lui en vit avec étonnement quand il s’y remontra. Ses deux frères, Tibère et Héraclius, furent reconnus empereurs avec lui. Il se signala dès le commencement de son règne, par ses soins à rétablir la paix dans l'Eglise, et à réprimer les ennemis de l'empire. Après différents avantages remportés sur les Musulmans, ces ennemis acharnés du nom de chrétien, tenant encore depuis sept ans Constantinople assiégée ou bloquée par terre et par mer, il marcha contre eux à la tête de son armée, tua trente mille hommes à Jésid, fils de Moavia, qui les commandoit en personne, et il réduisit le superbe calife, non-seulement à lui demander la paix, mais à lui payer tribut.
Le pape Vitalien lui avoit rendu de grands services dans les troubles de Sicile; ce qui contribua sans doute à disposer cet empereur plus favorablement que ses pères à l'égard des orthodoxes : mais Vitalien, qui mourut le 27 janvier 672, n'eut pas le temps de recueillir les fruits de ces heureuses dispositions. Tout ce qu’on sait d'Adéodat, qui le 22 avril suivant,
AThnoph. 18, p. 294.
DE L'ÉGLISE. (An 678.) 65:
fut élu pour lui succéder, c’est qu'il étoit romain de naissance, qu’il ordonna quantité d'évêques, et qu'il mit en honneur le monastère de Saint-Erasme,où il avoit été élevé. Il occupa néanmoins plus de quatre ans la chaire de saint Pierre, et ne mourut que le 26 juin 676. Après quatre mois et demi de vacance, on plaça sur le saint Siége Donus ou Domnus, qui ne le tint qu'environ un an et demi, c'est-à-dire, jusqu'au 11 avril 678. Il ne laissa pas de faire rentrer l'Eglise de Ravenne sous l’obéissance de celle de Rome, dont elle avoit entrepris de secouer la dépendance. Il obtint de l'empereur Constantin- Pogonat la révocation de l’édit par lequel Constant avoit déclaré l'archevêque Maur et ses successeurs exempts de la juridiction du saint Siége:. Constantin ne borna point à ces effets particuliers son zèle pour la religion. Après avoir humilié les Musulmans en Asie, recu des ambassadeurs des Avares et d’autres peuples d'Occident, obligés aussi à demander la paix, il crut ne pouvoir faire un meilleur usage de la puissance qu'il soutint toujours avec vigueur, qu'en rendant la paix à toute l'Eglise. Il en écrivit sans délai au pape Donus.
Mais, avant que la lettre parvint à Rome, ce pontife étoit mort le 11 avril 678. Après que le saint Siége eut encorc vaqué deux mois et demi,selon quelques auteurs, et selon d’autres une année de plus, on élut Agathon sur la fin de juin 678 ou 679. C'étoit un homme d’une prudence et d'une douceur propre à ménager les affaires les plus délicates, et à concilier les esprn: ies plus difficiles. Il assembla aussitôt un concile de cent vingt-cinq évêques, entre lesquels on remarque Mansuet de Milan, qui avoit professé l'arianisme encore répandu parmi les Lombards , mais qui étoit si bien converti, qu'on le compte au nombre des saints. On lut en plein concile les lettres que l'empereur avoit adressées au pape Donus, ct par lesquelles, rendant ses religieux hommages au siége apostolique, il proposoit d'assembler un concile général, et aussi nombreux qu'il étoit possible de le former sous la domination tyrannique des Arabes en Orient. 11 demandait trois députés de l'Eglise de Rome, ou plus, si le pape le jugeoit à propos; et
1 Anastas, ubi de Dom.
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