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DE L'ÉGLISE. (An 680.) 655 Ces dernières paroles, omises par Fleury, sont une apologie expresse d'Honorius.
Les légats du pape, avec les députés du concile de Rome, représentants de tous les Occidentaux qui avoient, comme on l'a vu, notifié leurs sentiments, arrivèrent à Constantinople le dixième jour de septembre 680. Le 7 de novembre suivant, on fit l'ouverture du concile œcuménique dans un salon du palais de Constantinople, nommé Z'rullus ou le Dôme:. Depuis ce jour jusqu'au seizième de septembre de l'année suivante, il y eut un grand nombre de sessions , dit-sept selon les exemplaires grecs de ce concile, et dix-huit au compte des latins. Ïl ne se trouva guère plus de quarante évêques à la première assemblée; mais les prélats faisant de jour en jour plus de diligence, le nombre en monta, pour la dernière session , à plus de cent soixante. Les trois légats, Théodore, Georges et Jean , comme tenant la place de la personne du pape (selon les termes exprès du concile dans sa préface ) , sont nommés avant tous les évêques, quoique les deux premiers ne soient que prêtres, et le troisième, diacre seulement. On nomme ensuite Georges, patriarche de Constantinople, Pierre, prêtre et moine, légat du patriarche d'Alexandrie, Macaire, patriarche d’Antioche, et résidant depuis quelque temps à Constantinople; George, prêtre et moine, légat du vicaire de Jérusalem, le siége vacant. Après les patriarches, sont nommés les évêques de Porto, de Paterne et de Rége, légats du concile romain, et représentants des Occidentaux, puis les Orientaux. Après tous les évêques, on nomme encore six prêtres, abbés ou moines, tous d'Italie ou de Constantinople, à l'exception du dernier , qui étoit Etienne, disciple de Macaire d'Antioche, et monothéïite aussi obstiné que son patriarche.
L'ordre de séance fut le même que celui du dénombrement. Les Evangiles étoient au milieu, selon la coutume, l'empereur aussi au milieu, avec treize de ses principaux officiers; à sa gauche, comme au côté le plus honorable, les légats du pape, ceux de son concile ensuite, puis celui de Jérusalem ; à la droite, les patriarches de Constantinople et d'Antioche, le
2 Tom. vi, Conc. p. 606, ete.
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légat d'Alexandrie, puis les évêques dépendants de Constantinople et d'Antioche. Le patriarche d'Alexandrie et le vicaire de Jérusalem n'avoient pu venir en personne, par la crainte de leurs souverains musulmans. Par la même raison, on ne vit au sixième concile aucun évêque de leurs provinces, non plus que de l'Afrique. On observe encore que tous les députés des évêques absents tinrent le rang des siéges qui les députoient, quoiqu'ils ne fusent que simples prêtres.
Les légats du pape parlèrent les premiers, et proposèrent l'objet de leur légation, qui étoit de rechercher la source des nouveautés introduites en quelques églises, pour les proscrire comme contraires à l’enseignement des Pères et des conciles. On lut d’abord les actes du concile œcuménique d'Ephèse, puis dans les sessions suivantes, ceux de Chalcédoine et du cinquième concile général ; ensuite on examina les passages des Pères dans les originaux les plus authentiques; on y confronta les assertions et les plus fameux écrits des novateurs. Dans toutes ces discussions, on reconnoît d'une manière bien consolante, non-seulement que l'esprit de vérité est toujours avec l'Eglise, mais que la science solide de la religion y étoit encore florissante , nonobstant la chute si souvent déplorée de toutes les autres sciences. On analysa et l’on réfuta les sophismes des hérétiques avec beaucoup de force et de sagacité, Avec plus d'érudition encore, on les convainquit d’avoir falsifié ou tronqué les passages des anciens docteurs, et jusqu'aux actes sacrés des conciles. Le discours prétendu de Ménas au pape Vigile sur l'unique volonté de Jésus-Christ, avoit été inséré, en trois cahiers, au commencement de l'exemplaire du cinquième concile, que l’on conservoit à Constantinople. On observa que ces trois cahiers n'étoient pas numérotés des chiffres convenables; mais que le numéro premier ne se trouvoit qu'à la première page du quatrième cahier, qui étoit effectivement le premier de l'exemplaire authentique du concile:. Sans cela même, les légats démontrèrent la supposition par l'anachronisme, en faisant observer que Ménas étoit mort la vingtunième année de Justinien, et que le cinquième concile n'avoit été célébré que la vingt-septième, sous un autre patriarche,
‘Tom. vi, Conc. p. 622.