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volonté divine , et vouloit avec Dieu. Quelle absurdité, ‘cria Domitius de Prusiade, et quel blasphème! Si Adam vouloit avec Dieu , il créoit donc aussi avec Dieu qui crée par sa volonté. Les Romains ajoutèrent : Si le premier homme , avant son péché, avoit une volonté divine, il étoit consubstantiel à Dieu , par conséquent sa volonté étoit immuable et vivifiante. Comment donc a-t-il changé ? Comment s'est-il précipité dans l'abîme du péché et de la misère ? Ignorez-vous ce que saint Gyrille dit de Jésus-Christ, qu'il a la volonté de son Père, parce qu’une même substance n'a qu'une même volonté ? Le savant Théophane pressa Etienne et Macaire de dire précisément si Adam avoit ou n’avoit pas une volonté naturelle. Comme ils ne voulurent ni en convenir ni le nier, il prouva l'affirmative par saint Athanase et par saint Augustin , d'où le concile conclut en ces termes : Si le premier Adam avoit une volonté naturelle, comment le second ne l’auroit-il pas dans sa nature humaine? Or, s’il a dans cette nature une volonté véritable , quoique impeccable, et qu'il ait de toute éternité une volonté divine avec le Père et le Saint-Esprit, il est clair qu'il faut reconnoître en lui deux volontés.
Les légats apostoliques avoient déjà fait valoir l'autorité du pape saint Léon pour qui les nouveaux sectaires affectoient un respect extrême. On lisoit ces paroles dans sa lettre à Flavien: En Jésus-Christ chaque nature fait ce qui lui est propre, avec la participation de l'autre ; le Verbe opère ce qui convient au Verbe, et la chair ce qui convient à la chair; l’un brille par ses miracles , l'autre succombe aux mauvais traitements. Sur quoi les légats s'exprimèrent ainsi : Vous voyez que le grand Léon enseigne formellement deux opérations naturelles en Jésus-Christ, sans confusion et sans division, et cela dans l'écrit qu'un concile œcuménique a nommé la base de la croyance orthodoxe. Macaire n'eut rien à répliquer, sinon qu'il ne parloit point de nombre, et qu'il disoit seulement l'opération théandrique : mais on fit sentir à l'empereur et à tous les Pères du concile, que cette réserve simulée des novateurs tendoit beaucoup moins à écarter la discorde qu'à étouffer la vérité; qu'ils ne cessoient de démentir par les œuvres cet amour apparent de la paix; que Macaire en particulier traitoit le saint abbé Maxime
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dans saint ère, récirelle.
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DE L ÉGLISE, (An 681.) 659 el ses disciples, non-seulement d'hérétiques, mais de manichéens détestables et de vrais païens; qu'il comptoit au contraire parmi les saints docteurs, Sergius , Cyrus, et surtout le pape Honorius de l'autorité duquel il se prévaloit étonnamment.
Les évêques abusés jusque-là s'empressèrent aussitôt de ren-
trer dans le sein de l'unité. La plupart confessèrent Ja foi contenue dans les lettres du souverain pontife, qu'il y avoit en Jésus-Christ deux natures, deux volontés et deux opérations. Ils s’écrièrent que Pierre avoit parlé par la bouche d'Agathon, comme autrefois par celle de Léon. On donna mille bénédictions à ce digne organe du prince des apôtres, ainsi qu'au patriarche de Constantinople, à la foi de l’empereur; et au sénat qui en secondoit si dignement le zèle. Longues années, cria-t-on long-temps, à l'empereur catholique et saintement pacifique, au conservateur de la religion , au nouveau Conslantin, au nouveau Théodose ! Macaire, avec son disciple Etienne , ne rabattit rien de son opiniâtreté , et dit fièrement à l'empereur qui s'efforcoit de le ramener au bon chemin : «Non, Seigneur, je ne confesserai jamais deux volontés, ni deux opérations en Jésus-Christ, quand on devroit me couper tous les membres et me précipiter dans la mer. » Qu'attendons-nous de plus pour condamner l'hérétique, cria-t-on de toute part? Ancthème au nouveau Dioscore! Anathème au nouvel Apollinaire ! Qu'il soit privé de l'épiscopat : qu'on le dépouille du pallium. On le lui arracha sur-le-champ. Dans le reste de cette huitième session, tenue le 7 de mars, il ne parut que debov au milieu de l'assemblée, avec le seul Etienne, et il ne reparut plus du tout dans les sessions suivantes. L'abbé T'héophane qui l’avoit si habilement confondu, fut ordonné à sa place, et siégea comme patriarche, à la quatorzième session, qui se tint le 5 d'avril.
L'empereur s'étoit retiré après la onzième, laissant quatre de ses principaux officiers pour continuer à maintenir le bon ordre. Les principales affaires étoient terminées , l'hérésie condamnée ; et le nom du pape Vitalien remis dans les dyptiqnes. Î ne s'agissoit plus que de procéder conséquemment contre les auteurs et les fauteurs de l'impiété, de réconcilier quelques membres du concile, qui n'étoient revenus qu'après les autres
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