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DE L'ÉGLISE, (A% 429.) 33 père spirituel ; et en mémoire de moi et de votre engagement, portez-le toujours pendu à votre côté. Que ce soit là tout votre ornement, et laissez aux filles du siècle l'éclat de l’or et des pierreries : paroles qui, jointes au nom romain de Sévère que portoit le père de Geneviève, font présumer que la sainte étoit de famille romaine, et d’une naissance plus distinguée qu'on ne le croit communément. Le saint recommanda très-instamment au père et à la mère de la regarder moins comme un bien dont ils fussent les maîtres que comme un dépôt confié à leurs soins, et destiné à devenir un instrument de salut pour des peuples entiers. La mère, jeu de jours après, eut des preuves bien sensibles de la vérité de ces prédictions. Quoiqu'elle révérât saint Germain et qu'elle eût pris confiance en ses discours, à peine avoit-il disparu , qu'elle gêna la piété de sa fille en voulant l'empêcher d'aller à l'Eglise un jour même de fête, et elle s’emporta jusqu'à lui donner un soufflet. Aussitôt elle perdit la vue, et elle demeura aveugle pendant dix ans 1. Elle eut le loisir de réfléchir sur les paroles prophétiques du saint évêque, que les vertus de Geneviève rendoient plus croyables de jour en jour. Enfin,elle dit à sa fille de lui apporter de l'eau
: d'un puits qui subsiste encore, et qui est en vénération dans
tout le pays depuis cet événement. La fille obéit ; et avec la mème simplicité elle fit le signe de la croix sur l’eau, et en lava les yeux de sa mère qui le lui avoit commandé, et qui recouvra miraculeusement la vue.
Geneviève n'en fut que plus humble et plus fervente. Elle allia à l'innocence une pénitence rigoureuse. Dès l'âge de quinze ans, elle ne mangea que deux fois la semaine, et so nourriture n'étoit que du pain d'orge ou quelques légumes grossiers. Jamais elle n'usa ni de vin, ni d'autre boisson capa-
ble d'enivrer. Elle ne laissa pas d'atteindre la plus grande vieil-
lesse, fut constamment respectée des petits et des grands, ct fournit un exemple éclatant de la considération et du crédit que donnent les vertus d'un certain ordre aux personnes les moins puissantes selon le monde. Elle vint à bout de bâtir une église en l'honneur de saint Denys : et dans un temps de
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34 (Aw 429.) HISTOIRE famine, elle trouva moyen de procurer des vivres aux Parisiens dépourvus de toutes ressources.
Mais long-temps auparavant, et aussitôt après sa consécraton, les deux missionnairesLoup et Germain s embarquèrent pour la Bretagne. Ils essuyèrent dans le trajet une violente tempête ; mais saint Germain calma les flots, en y jettant quelques gouttes d’une huile bénite et en invoquant le nom de l'adorable Trinité. La réputation des deux évêques avoit préparé leurs succès: on vint de toutes parts pour les entendre, avec un tel empressement et un tel concours, qu'ils étoient obligés de prêcher sur les places publiques et dans les campagnes. Toutefois, pour perpétuer les fruits deleur zèle et pour prendre de justes mesures contre les artifices toujours renaissants de l'hérésie, ils assemblérent un concile à Vérulam, aujourdhui Saint-Alban, appelé ainsi du nom d’un des plus illustres martyrs de l'Angleterre. Les hérétiques crurent que le plus mauvais parti pour eux seroit de ne pas comparoître. Ils vinrent bien accompagnés, dans le dessein de l'emporter, au défaut de la raison , par l'appareil du faste et de l’arrogance. Mais les saints missionnaires établirent d’une manière aussisimple que solideles principes de la foi divine, qui opère, ajoutèrent-ils, les prodiges; et se sentant tout à coupinspirés d'en-haut, ils proposèrent aux pélagiens de faire l’essaide la leur sur une jeune aveugle dont le père, qui étoittribun, venoit demander la guérison.
Ils confessèrent leur impuissance. Les deux saints se mirent en prières, et demeurèrent immobiles durant quelque temps. Après quoi Germain invoquant, sclon sa coutume, le nom de la sainte Trinité, et prenant un reliquaire qu'il portoit toujours sur lui, l'appliqua, en présence de tout le monde, sur les yeux de la fille qui recouvra la vue à l'instant. De vives acclamations s’élevèrent par toute l'assemblée, en l'honneur de Germain et de la doctrine qu’il soutenoit. Mais ce qui consola le plus son zèle, c'est que ses contradicteurs applaudirent comme les autres, anathématisèrent leurs erreurs, et se soumirent humblement au joug de la foi. Les deux évêques allèrent rendre leurs actions de grâces au Seigneur sur letombeau de saint Alban, et Germain l'ayant fait ouvrir, pour marquer à quel point on devoit honorer ces précicux restes des
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