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DE L'EGLISE. (AN 429.) 35 amis de Dieu, il y déposa les reliques qu'il avoit coutume de porter, et prit en leur place dela terre du tombeau de ce martyr, encore teinte de son sang.
Les deux prélats de Gaule rendirent un autre service aux Bretons. Ceux-ci étoient en guerre avec les Pictes,qui habitoient la partie septentrionale de l'île, et qu'on nommoit ainsi, parce qu'ils se peignoient tout le corps d’une manière aussi bizarre qu'effrayante. Ils étoient si barbares, qu'ils mangeoïent la chair humaine, et se plaisoient surtout à dévorer les mamelles toutes fumantes des femmes qui tomboient entre leurs mains. Ils s'étoient joints aux Saxons, autres barbares qu'ils avoient appelés de Germanie : et tous ensemble s'avançoient contre les Bretons qui, incapables de résister à de pareilles forces, et dépourvus de tont secours humain, ‘mploroient celui des deux saints évêques. Germain n’ignoroit pas les règles de l'art militaire qu'il avoit autrefois exercé avec gloire ; ilapprit aux troupes bretonnes à faire usage de ces ressources pour leur juste défense , et il parut même à leur tête pour les rassurer. Mais comptant beaucoup plus sur le secours d'en-haut que sur les moyens naturels, il invoqua et fit invoquer le Dieu des armées. Un esprit de terreur et de vertige se répandit tout à coup dans les troupes ennemies, sur qui les fidèles remportérent une victoire complète, et d'autant plus satisfaisante,
| qu'elle ne leur coûta pas une seule goutte de sang. Les deux saints repartirent aussitôt pour leurs diocèses. Mais plus indomptable que les barbares, l’hérésie recommença quelques
. années après à troubler les îles Britanniques , et saint Germain
: ÿ fut appelé pour la seconde fois.
Alors il se fit accompagner de saint Sévère, évêque de Trèves et disciple de saint Loup de Troyes. Au second voyage, passant encore par Paris, il trouva la calomnie déchaînée avec
la plus grande violence contre Geneviève, malgré l’accroissement continuel de sa vertu depuis sa consécration. Il luirendit visite dans son humble retraite, la salua avec des témoignages
. de vénération qui étonnèrent tout le monde, et convainquit
î le public de l'innocence ainsi que du haut mérite de la sainte.
î «ni moins heureuse ni moins éclatante, et eut des succès plus J.
Cette seconde expédition de Germain en Bretagne ne fut
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36 (AN 429.) HISTOIRE durables que la première. Par les mêmes voies, c'est-à-dire par la prière, par la vertu de sa divine éloquence, par des miracles encore plus fréquents que dans sa première mission, il fit abjurer l'hérésie de toute part; et pour qu'elle ne renaquit plus de ses cendres quand il scroit éloigné, on bannit bien loin de l'ile tous les sectaires qui ne donnèrent point de preuves d’une sincère conversion, La Bretagne ne fut pas le seul théâtre du crédit miraculeux de saint Germain auprès du Tout-Puissant : il opéra depuis une multitude étonnante de prodiges, et ressuscita plusieurs morts.
Ces merveilles eurent même pour témoin la cour de Ravenne, où résidoit le jeune empereur Valentinien, comme avoit faitson prédécesseur Honoriust. Le saint évêque y étoit venu solliciter la grâce des peuples de l’Armorique, coupables de rébellion, et ce fut là qu'il termina sa carrière dans un âge avancé, et dans l'exercice héroïque de la charité et de la bien faisance. S'il n’eut pas la consolation de mourir au milieu de son peuple, le Seigneur n'en disposa de la sorte que pour donner plus d’éclat à la gloire de son serviteur. Son corps fut reporté processionnellement, avec une pompe et un. concours incroyable, de Ravenne jusqu'à son église d'Auxerre, où on l’enterra dans un oratoire qu il avoit fondé en l'honneur de saint Maurice, et qui est aujourd’ hui la célèbre abbaye de saint Geimain.
Les fréquents soulèvements des peuples agitéient V empire d'une manière encore plus funeste que lesirruptions des Barbares, qui le plus souvent n'étoient mis en action que par la perfidie des Romains. Dans les commencements du règne de Valentinien IIT, ou plutôt de sa mère Placidie, le brave et fier Aëtius ne voyoit au-dessus de lui que le comte Boniface : c'étoit encore trop pour son ambition. Il entreprit d'inspirer la défiance de son rival à l’impératrice, et il ne le chargea pas d'un moindre attentat que de se vouloir rendre indépendant en Afrique 2. Pour preuve de ce que j'avance, lui dit-il, outre ce que vous savez de son mariage avec une princesse de la race royale des Vandales, je sais que si vous lui donnez ordre
1bid, c. 15, 16 et 17. — 2 Proc. 1. Bel. Vaud. c, 3.
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DE L'EGLISE. (ax 429.) 37 de venir en Italie, il refusera d'obéir. En même temps il feignit, en écrivant à Boniface, de prendre le plus vif intérêt à
7 son sort, lui marqua que l’impératrice avoit dessein de le per- :. dre, et que si elle le mandoit, il se gardät bien de venir.
4 Boniface avoit de la probité, de la religion, de la picté © méme; tellement que, voulant renoncer au monde pour embrasser la vie monastique, saint Augustin et saint Alypius l'en avoient détourné, dans la persuasion qu'il contribueroit davanlage au service de Dieu en conservant ses dignités. Mais " autant il est grand, en vivant au milieu dusiècle, de servir aux 41 autres de rempart contre sa contagion, autant cette glorieuse destinée est-elle périlleuse. Le comte Bonifice ne sut pas se
1 préserver de ce danger : il céda aux attraits de la sensualité, et
se démentit d'abord au point de se remarier, contre le vœu qu'il avoit fait d'observer la chasteté parfaite depuis la mort de sa première femme. Comme sa vertu se trouvoit déjà si 1 chancelante, il reçut la lettre perfide d’Aëtius, et il ne man- M qua point de donner dans ce nouveau piége. Loin d’obéir à l'ordre qui l’appeloit à la cour, il se mit en devoir de résister à force ouverte, attendit de pied ferme les troupes que l'empereur fit marcher contre lui, et battit ses généraux en plusieurs rencontres, Craignant, après ces premiers succès, qu'on ne 1 l'accablàt enfin, il traita avec les Vandales, pour les attirer en 1 Afrique. Ces barbares,qui avoient peine à se faire un établisà scment en Espagne,où les Visigoths étoient beaucoup plus puissants qu'eux, écoutèrent avec joie les propositions de Boniface, et passèrent aussitôt le détroit, |} Cependant saint Augustin ne eessoit d'écrire à l’inconstant | Boniface pour le rappeler de ses écarts, et lui faire sentir la vanité des biens d'ici-bas. C'est dans une de ces lettres qu’on trouve le passage suivant 1: «Priez le Seigneur qui peut vous ürer des nécessités les plus embarrassantes, afin que vous puissiez un jour ce que vous ne pouvez point à présent. » Pour empêcher toute âme droite d’abuser de ces paroles, il suffit de | lui rappeler à quelle occasion elles ont été proférées. Le comte Boniface s'étant remarié après avoir fait vœu de continence,
1 Epist. 220, al, 70.
38 (AN 429.) HISTOIRE et n'étant pas maître de garder son vœu depuis son engagement avec une femme qui l'avoit cru libre en l'épousant , saint Augustin lui dit de porter son épouse à la pratique de cette éminente vertu, sans cependant l'y forcer; de prier le Seigneur de lui en inspirer la résolution, afin qu'il puisse luimême pratiquer alors ce qu'il a promis, et que le devoir du mariage l'empéchoit d'observer à son gré. Il n'est rien là sans doute, d'où J'on puisse conclure, qu'en des circonstances même où les préceptes nous obligent , ils nous sont absolument impossibles.
Les exhortations du saint évêque, et plus encore peut-être Ja découverte que fit Boniface de la supercherie d'Aëtius, le firent repentir des coupables engagements qu'il avoit prisavec les ennemis de l'empire. D'un autre côté, Placidie,qui n'avoit pas oublié les premiers services du comte, lui fit offrir un plein pardon, pourvu qu'il chassât d'Afrique les barbares qu'il y avoit appelés. Mais autant il avoit été facile de les faire venir, autant il étoit impossible deles renvoyer. Ils avoient déjà pris goût à leurs nouvelles demeures; et leur rai Genséric, jeune, ardent, plein de bravoure et de pénétration, rendait la proposition du retour extrêmement délicate, de quelque manière qu'on la fit. Boniface nffrit d'abord de l'argent en compensation de ses promesses. C’est un trône, répondit fièrement Genséric, que je. suis venu chercher au-delà des mers, et je ne les repasserai point comme on me le propose. Il refusa tout ce qu'on lui offrit, etle comte fut obligé de recourir à la force : elle ne réussit pas mieux que les négociations. Les Vandales étoient passés dans l'Afrique en bien plus grand nombre qu'on ne s'y étoit attendu; ils avoient amené avec eux, outre les gens de leur nation, des Goths, des Alains, des barbares et des brigands de toute espèce. Tout le monde cependant, et saint Augustin le premier fut étonné de la victoire qu'ils remportèrent sur Boniface, qui avoit toujours été la terreur de ces peuples indisciplinés, et qui peu auparavant en avoit dissipé des essaims innombrables avec une poignée de combattants.
Après cette défaite inopinée, il fut poursuivi si vivement qu'il put à peine se jetcr dans Hippone, où on l'assiégea. Il
n engagesant , saint e de cette er le Seiuisse luidevoir du ien là sans vonstances nt absolu-
> peut-être Aëtius, le t prisavec e,qui n'ait offrir un bares qu'il e les faire Ils avoient | Genséric, rendoit la elque maten compndit fièredes mers, nse. Il rele recourir tions. Les lus grand nené avec Alains, des m onde cede la vicujours été auparavant poignée de
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DE L'ÉGLISF. (AN 429.) 39 trouva pourtant moyen de s'échapper de cette place,qui fut emportée après quatorze mois de siége. En vain tenta-t-il encore par la suite, avec les forces réunies des empires d'Orient et d'Occident, de délivrer l’Afrique : il mourut enfin à Rome des blessures qu'il avoit reçues; mais il remporta sur lui-même la plus glorieuse des victoires, en faisant hommage, non-seulement à son sonverain, mais aux qualités brillantes d’Aëtius, qu'il conseilla à sa propre femme d'épouser, comme le plus grand homme de guerre de l'empire.
Aussitôt après leur première victoire, les Vandales se répandirent sans obstacle par tout le pays, dans les villes comme dansles villages, tout se soumettant ou fuyant devant euxt. Il n'y eut que Girthe et CarthageavecHippone, qui leur donnèrent la peine de former des siéges. Partout on ne voyoit que villesruinées, édifices en feu, citoyens erranis ou égorgéssur les chemins. On réduisit à la plus dure servitude ceux qui avoient 4 occupé les premières places; les femmes de la plus haute qua- ‘4 lité, qui avoient eu des troupes d'esclaves à leurs ordres, se 1 voyoient contraintes de rendre à de féroces et grossiers dominateurs les services les plus abjects et les plus pénibles : encorecelles qui gémissoient sous le poids des fers, parurent- 1 cles les plus heureuses. On en égorgea une infinité d’autres, 4 on les éventra indignement, on arracha leurs enfants de leurs
| seins ou des bras de leurs nourriees ; on jeta ces malheureux A sur la route, comme un poids inutile, et l'on empêcha les #2 mères, soit de les emporter vivants, soit de leur donner la sé- 7 pulture après la mort. Il en périt une multitude, sans avoir . reçu le baptême.
Les Vandalcs étaient chrétiens, mais ariens furieux et non «2 moins animés contre les catholiques , ni d'une impiété moins “féroce que quand ils étoient idolâtres 2. Le culte public fut 2bsalument et long-temps interrompu, les choses saintes proanées, les temples brûlés de toute part. Pour le chant des saumes, le saint sacrifice , les sacrements, tous les exercices le la religion, on ne trouvoit ni fidéle pour y participer, ni ministre pour y présider. Après les gens de guerre et les grands
4 Proc, Bell, Vand. — à Vict. Vit. lib. 1.
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4o (AN 420.) HISTOIRE propres à défendre la république, aucun romain n'étoit plus en butte à l’animosité des ennemis, que les personnes consacrées à Dieu. D'abord il s'en étoit retiré plusieurs dans les châteaux et les forts qui se trouvoient au voisinage, mais y ayant été bientôt forcés et mis à mort, les autres s’enfoncçoient dans le sein des forêts et dans les cavernes les plussauvages d'où la faim les chassoit ensuite et les forçoit à revenir chercher leur subsistance dans une honteuse mendicité , ou plutôt une mort prompte dans le ressentiment brutal du vainqueur.
Cette image, tracée par des écrivains du pays, particulièrement par Possidius, évêque de Calame, dans la vie de saint Augustin,son contemporain et son ami, pourroit sembler une exagération, si l'on ne savoit à quel excès et par quels principts les Vandales étoient irrités contre les Africains. Non-seulement ils les poursuivoient comme sujets de l'empire; mais ils avoient en exécration l’affreuse corruption de leurs mœurs, Commeilsétoient naturellement aussi chastes qu'impitoyables et cruels, ils se faisoient une gloireet un mérite de purgerlaterre de ces monstres d'impudicité. Pour y parvenir, aprèsavoirimmolé tout ce qui leur tomba sous la main, ils s’efforçoient d'affamer tout le reste, en coupant les arbres dans les campagnes, en perdant lesfruits, en détruisant généralement tout ce qui pouvoit offrir quelque subsistance aux misérables ensevelis le jour dans les antres, et revenant la nuit chercher quelque sorte d’aliment près des lieux habités ou cultivés.
Salvien, qui vivoit alors, décrit avec la plus énergique éloquence, et les débordements odieux de l'Afrique, et l'excès des calamités qu'ils entraînèrent après eux! , C’est dans un ouvrage adressé à Salonius, évêque de Vienne et fils de saint Eucher ,que cet illustre citoyen de Marseille prêtre seulement, mais nommé pour sa capacité le maître des évêques, entreprend par-là de justifier la Providence, et de lever le scandale que donnoient aux foibles, dans la chute de l'empire, tant les infortunes des Romans chrétiens et catholiques, que la prospérité des barbares, soit hérétiques, soit païens. En comparant les Africains, sujets de l'empire . avec les différentes
3 De Gubern. 1. 7 et 8.
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venir cheré, ou plutôt vainqueur.
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DE L'ÉGLISE. (AN 430.) 43 nations qui le dévastoient, il avance que l'assemblage des vices dont un seul suffisoit pour rendre chacune de ces nations odieuses se trouvoit concentré dans l'Afrique où ils venoient se précipiter comme dans un égout infect, après avoir souillé dans leur cours les autres parties de l'univers. Si, dit-il, les peuples qu'on appelle barbares, et que l’on compare aux bêtes féroces, ont chacun leur vice, au moins n'ont-ils pas tous les v.ces ensemble, Les Goths sont traitres, mais chastes; les Alains plus licencieux , mais éloignés de toute fourberie; les Francs légers, mais bienfaisants et sociables; les Saxons au contraire fort cruels, mais en revanche ils ont de l’impureté un éloignement qui excitenotre admiration. Les Vandales, vainqueurs de l'Afrique, ne sont pas moins recommandables par l'amour de cette vertu; et s'ils sont fastueux , méprisants etsuperbes, ce qu'ils méprisent davantage dans leurs vaincus, ce sont les outrages faits à la pudeur par les femmes aussi-bien que par les hommes; c’est l'effronterie d'un sexe que déshonore le seul éloignement de la retraite ; c'est l'infamie comme triomphante dans les assemblées publiques : si tous ces peuples sont marqués de quelque tache, ils se distinguent aussi par quelque bonne qualité. Pour les Africains , inhumanité, perfidie, avarice et rapacité, ivrognerie, blasphème et parjure ; je ne sais quelle est celle de ces taches dont ils ne sont pas souillés. Nous ne parlerons pas de l’impudicité : autant ils surpassent tous les étrangers par les autres vices que nous venons de marquer, autant ils se surpassent eux-mêmes par leur fureur pour les sales voluptés. Qui a jamais regardé l'Afrique comme une terre ordinaire, destinée à l'habitation des animaux raisonnables en qui la chair doit être soumise à l'esprit, etnon pas plutôt comme le repaire de l'obscénité, ou comme un immense foyer des passions d'ignominie qui l'ont embrasée de tout temps?
Cet orateur véhément, et ici peut-être un peu déclamateur, rend néanmoins gloire au pouvoir de la religion sur les mœurs des Africains mêmes, que leur conversion à la foi &t la vertu miraculeuse de la grâce n'avoient pas laissé de changer dans plusieurs d'entr'eux d'une manière frappante. Mais, à l'excep- Un de ces 5ervilcurs sincères du vrai Dieu, reprend,
42 (An 40.) HISTOIRE qu'est-ce que tout le reste P? Quel phénomène qu'un Africain chacte ? C'est un prodige aussi étonnant qu'une vipère sans venin, qu'un tigre sans férocité; c'est un Africain qui n’est plus Africain. On doit moins attribuer à la sévérité du Seigneur, qu’à l'énormité des crimes de l'Afrique, les excès de cruauté commis sur elle par ses barbares vainqueurs. Si les Vandales l'ont dévastée ils l'ont purifiée ; ils ont fait ce que n'ont pu les lois romaines; ils ont réprimé les passions honteuses, non comme les Romains qui se rendent coupables du vol et de l’adultère, tandis qu'ils le proscrivent; mais en imposant aux esclaves la nécessité d'imiter leurs tyrans , et en immolant à leur cruauté ceux qui ne se conformoient point à leur exemple. Les Vandales réussirent en effet à supprimer en Afrique les lieux de débauche et les femmes publiques; ils les contraignirent toutes à se marier, et punirent de mort celles qui ne se contentèrent pas d'un époux. Mais ce ne fut qu'après la prise de la capitale, que, las de massacrer, et craignant de ne plus régner que dans des déserts , leur farouche vertu usa enfin de ces tempéraments.
En attendant ils paussèrent vivement le siége d'Hipponet. Un grand nombre d'évêques, les uns parce qu'ils n'avoient plus de troupeau, les ouailles se trouvant toutes égurgées au misérablement dispersées, les autres pour empêcher l'extinction totale de l'épiscopat en Afrique , plutôt que pour la conservation de leur propre personne , tous se voyant recherchés avec une rigueur et un acharnement apiniâtre , s'étoient réfugiés dans les places que l'on croyait les plus sûres. Possidius, ami du saint évêque d'Hippone, et plusieurs autres prélats du voisinage, avoient choisi ce dernier asile, assez avantageux, mais resserré de toute part et rempli d'étrangers qui en augmentoient les besoins de jour en jour. Le généreux Augustin s’cfforçoit de secourir tout le monde, et il n'y pouvoit suffire, en se retranchant à lui-même les choses les plus nécessaires. Il y suppléa par l'effusion de ses sentiments et l'onction de son éloquence, consolantau moins les malheureux dont il ne pou. voitsoulager la misère. Il montroit sur son visage un air de rési-
1 l'ussid, C, 29.
sain © celu " que “doi Mais:
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n Africain ipère sans qui n'est té du Seis excès de urs. Si les ait ce que ions honipables du ais en imans , et en ent point à primer en 1es ; ils les nort celles : fut qu'acraignant ache vertu
poner. Un aient plus pu miséraextinction conserva chés avec t réfugiés dius, ami rélats du ntageux, i en aug- Augustin it suffire, cessaires.
bn de son Ï ne pou r de rési-
(An 430.) 43
nation et de sérénité qui se communiquoit à la multitude dont il étoit environné nuit et jour ; tandis qu’il éprouvoit avec la plus douloureuse sensibilité la peine encore plus cruelle de l'étouffer au fond de son cœur. S'il pouvoit se dérober à tant de malheureux et génants témoins, il fondoit en larmes devant le Seigneur, et le conjuroit d'accepter le dévoùment qu'il faisoit de sa personne pour son peuple ; ou s'il ne daignoit pas l'agréer, de le retirer du monde avant la prise de la ville, et de ne pas le rendre spectateur de cette effroyable catastrophe.
Cependant les Barbares désolant l'Eglise de tous côtés, le Seigneur faisoit éclater en toute manière les effets de sa grâce qui, toujours admirable dans ses saints, se reproduit dans leurs œuvres sous mille formes différentes, Tandis qu'Augustin s'élevoit à la plus hautc sainteté par la simplicité de la foi et des vertus communes en apparence, Alexandre, auteur de l'institut des acémètes, c'est-à-dire, gens qui ne dorment point , :"*nit au même terme pe les routes les plus extraordinairesr. . : "and saint, issu d'une raceillustre, avoit d'abord occupé « ia cour de Constantinople des postes dignes de sa naissance,
11 abandonna les grandeurs du siècle, distribua ses richesses aux pauvres , et se retira dans un monastère renommé en Syrie.
| Faisant toujours de nouveaux progrès dans la perfection et le
mépris du monde, il s'enfonça dans le désert, d'où, après sept ans, son humilité se vit encore obligée de s'enfuir. Il
" avoit converti plusieurs habitants païens d’une ville voisine, 4 avec leur gouverneur nommé Rabula, que la réputation du 4 saint avoit attirés vers lui. Tous voulurent avoir pour évêque © celui qu'ils reconnoissoient pour apôtre : ils l'engagèrent,sous quelque prétexte de zèle, à venir dans leur ville dont ils gar- Mdoient soigneusement les portes, bien résolus à ne point le
“laisser retourner dans sa solitude, 1] arriva sans nulle défiance;
mais ayant reconnu le piége qu'il croyoit tendu à son incapa- … cité et à sa foiblesse , il se fit descendre pendant la nuit dans * unc corbeille, par-dessus les murs de la ville, comme s'il eût
| 1 Bull, 15, Jan.
44 (AN 430.) HISTOIRE | été question de se soustraire au plus imminent péril. Marchant ensuite deux jours entiers à travers les déserts , il ne s'arrêta quàun endroit assez éloigné et assez sauvage, pour s’y croire à l'abri de toutes les recherches.
Cet asile ignoré servoit aussi de retraite à une troupe nombreuse de voleurs : il les convertit par la vertu de ses exhortations et de ses prières. Le chef de ces malfaiteurs donna l'exemple, et reçut aussi le premier la récompense de sa docilité, ayant fait une sainte mort huit jours après son baptême. Les autres transformèrent leur caverne en un monastère , et sous la conduite d’un supérieur qu'établit Alexandre, ils firent l'édification d’une contrée dont leur brigandage avoit jusque-là fait la terreur et la désolation.
Quant à’ Rabula, gouverneur de la ville convertie, qui voulut le prendre lui-même pour évêque au défaut d'Alexandre, il renonça pareillement à toutes les distinctions de ce monde, et se fit anachorète, Mais on l’arracha depuis à sa solitude, pour l'élever sur le siége d'Edesse, métropole.de la Mésopotamie. Sa femme bâtit une maison religieuse, où elle se consacra au Seigneur avec ses filles et ses domestiques.
Saint Alexandre , de son côté, alla aux bords de l'Euphrate faire le premier établissement de la psalmodie perpétuelle. La communauté qu'il y instiltua, monta en peu de temps au nombre de quatre cents moines, Syriens, Grecs, Égyptiens et Latins. Ils se partageoient en plusieurs chœurs ; et se succédoient les uns aux autres, sans qu'il y eût un moment ni le jour ni la nuit, où cette habitation céleste cessât de retentir des louanges divines. limitant en tout la vie angélique, ils vivoient dans un aussi grand détachement que s'ils n'eussent point eu de corps. Chacun d'eux n'uscit jamais que d'une seule tunique , et n'avoit de nourriture que pour la journée, Le soir, on donnoiïit aux pauvres tout ce qui restoit, sans rien garder pour le lendemain. Mais afin de rendre son établissement encore plus utile à la religion, Alexandre fit joindre à la prière la vie active de l'apostolat, et forma soixante-dix de ses disciples à prêcher la foi aux gentils
Fant de bonnes œuvres n'empêchèrent pas qu'ils ne fussent pusceutés, Leurs courses évangéliques et leur prière conti-
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. Marchant ne s’arrêla ir S y croire
oupe nomes exhortaeurs donna de sa docin baptême.
Jnastère , et xandre, ils ndage avoit
verlie, qui t d'Alexantions de ce is à sa solile.de la Mé- , où elle se ues.
> l'Euphrate pétuelle. La e temps au Sgyptiens et st se succéoment ni le de retentir rélique, ils ls n'eussent d'une seule de, Le soir, rien garder sement enà la prière e ses disci-
s ne fussent rière contt-
nulle les faisoient confondre avec les massaliens, qu'on
Tes
appelos. aussi euchites, du mot grec qui signifie priants : hérétiques, ou pour parler plus proprement, fanatiques enthousiastes, sortis de la Mésopotamie aussi-bien qu'Alexandre, A et qui, prenant à la lettre le précepte de la prière continuelle, " réduisoient toute la religion à la prière, ôtoient toute vertu au baptême et aux autres sacrements : d'ailleurs gens oisifs et vagabonds qui couroient le monde , et débitoient leurs rêveries # comme autant de révélations et d'articles de foi, les seuls à peu à près qu'ils admissent.
4 Comme ces sectaires étoient extrêmement dissimulés, se pariurant sans façon , et quand il importoit à leur tranquillité, 4 anathématisant, sans les abandonner, toutes les erreurs, on | éloit en grande défiance à leur égard, Ainsi Alexandre que l'on confondit avec eux, eut infiniment à souffrir. Etant vénu à Antioche, où il n'avoit point paru depuis vingt ans, le patriarche T'héodose envoya un ecclésiatiquenommé Malc, pour 1 le chasser, et celui-ci lui donna publiquement un soufilet, Alexandre, sans s'émouvoir, dit, en faisant allusion au valet ) mentionné dans l'Evangile : Or le now du serviteur étoit © Male. Le peuple, qui rendoit à Alexandre plus de justice que le clergé, prit sa défense, et Malc fut contraint de se retirer avec honte.
Alexandre quitta cependant Antioche, se déguisa même en 4 mendiant pour aller en liberté; et passant par un monastère nommé Crithen, il fut étonné d'y trouver la psalmodie perpé- 4 tuelle. Mais il reconnut que cette maison avoit été fondée par | un de ses élèves. Enfin il se rendit à Constantinople avec ses " disciples, et il y commença un nouvel établissement de son " institut, où l'on compta dans peu trois cents moines. Ils L éloient distribués en chœurs de cinquante, qui se succédoient « sans interruption les uns aux autres. Là ils furent encore per- ‘ sécutés el soupçonnés, comme en Asie, de massalianisme. On W emprisonna le maître, et l’on dispersa les disciples, qui toute-
… fois le rejoignirent, le jour même qu'il recouvra sa liberté, Alors ils allèrent tous ensemble vers l'embouchure du Pont- ) Fuxin établir un nouveau monastère d'acémètes, où saint 4 Alexandre mourut vers l'an 430.
Ce fut dans les commencements de cette même année, que saint Augustin connut d'une manière certaine que le Seigneur avoit exaucé la prière qu'il lui avoit faite , de ne pas le rendre témoin du dernier malheur de son peuplet. Etant tombé malade dans le troisième mois du siége d'Hippone, il se prépara aussitôt à la mort, comme un homme assuré qu'il ne relèveroit pas de sa maladie, Il marqua autant de crainte des jugements de Dieu, que s'il n'eût encore fait pénitence. Les services innombrables et pénibles rendus à l’Fglise , tant d'écrits contre les hérétiques, tant de schismatiques gagnés par ses conférences , tant de pécheurs convertis et de saints formés par ses soins , tant de clercs et de vierges parvenus à la perfection, tant de rigueurs exercées contre lui-même . enfin tant de vertus aussi pures qu'éclatantes, lui inspiroient moins d'assurance que les péchés de sa vie passée ne lui causoient de regret et de confusion.
Si les âmes les plus innocentes, disoit-il souvent aux amis qui l'entouroient, ne doivent point sortir de ce monde sans faire pénitence , quelle doit cire la disposition de celles qui ont commencé si tard à connoître et à servir le Seigneur? Toujours conforme à ses maximes et à sa méthode, les œuvres de satisfaction le plus de son goût étoient les moins remarquables, les moins susceptibles d'ostentation ; telle que la souffrance de ses maux, les remèdes mêmes acceptés avec résignation et avec foi, comme des peines du péché, Il fit tracer sur quelques cartons les psaumes de la pénitence, qui sont en petit nombre, dit l’auteur de sa vie ; apparemment les mêmes que nous nommons encore de la sorte. 11 les suspendit sous ses yeux , afin d'entretenir jusqu'au dernier soupir toute la vivacité de sa componction. Pour n'être pas distrait de ces pieuses pensées durant les derniers jours de sa vie, il pria qu'on n'entrât dans sa chambre qu'avec le médecin, ou quand on lui apporteroit à manger. Sa maladie ne laissa pas d'être fort longue : elle commença sur la fin du carême , et il ne mourut que le 28 d'août, jour auquel l'Eglise célèbre encore sa fête, C'étoit la 430.° année de l'ère chrétienne, de son âge, la 76e,
‘ Pussid. c. 29.
née, que Seigneur le rendre mbé mae prépara ne relèvedes juge- . Les serit d'écrits ‘s par ses Drmés par erfection, 1 tant de ns d'assunt de re-
aux amis nde sans es qui ont ur? Touœuvres de rquables, rance de ation et sur quelten petit èmeEs que sous ses e la viva- :s pieuses , , onn'end on lui être fort e mourut e sa fête,
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DE L'ÉGLISE. (An 430.) 47 et la quarantième depuis son entrée dans le clergé. On observe comme une chose remarquable dans un saint même , que depuis le premier moment qu'il se donna au Seigneur jusqu'à sa mort, non-seulement il ne regarda jamais en arrière, mais qu’il avança toujours avec un redoublement de ferveur dans la carrière de la perfection , sans jamais se détourner de son but, sans donner dans aucun de ces écarts, même passagers , qu'on trouve jusque dans la vie d’un très-grand nombre de saints.
Il ne fit point de testament , parce qu il n'avoit rien à léguer; mais il avoit formé, et il recommanda avant d'expirer , une belle bibliothèque qu'il laissa à son église : souci digne du premier des saints docteurs, et que la Providence parut justifier. L'incendie qui, après la prise d'Hippone, réduisit presque tout en cendres, respecta néanmoins cette riche collection, où sans doute il n'y avoit rien de plus précieux que les œuvres d'Augustin même, En l'enterrant, on offrit le saint sacrifice de l'autel, dit en terme exprès l'évêque Possidius qui étoit présent, et qui nous a transmis ce témoignage si furmel et si précis , en faveur du nom et de la réalité du sacrifice de la messe. Cet historien ajoute qu'avant la mort d'Augustin, Dieu fit connoître sa sainteté, par la guérison miraculeuse d’un malade qui vint la lui demander dans son lit. Le saint lui dit d'abord, avec des sentiments d'humilité d'autant plus sincères
4 sur les maladies, il s’en serviroit pour lui-même. Mais le È malade suppliant ayant répliqué qu’on lui avoit commandé en songe d'aller trouver l’évêque Augustin, avec assurance de
Se
guérison, le saint pasteur faisant céder la modestie à la charité,
{ imposa les mains à l’infirme , et le guérit sur-le-champ. Il avoit
opéré plusieurs autres merveilles, surtout pour la délivrance 1 des énergumènes , pendant le cours de son épiscopat. Mais ce (in est point par la multitude des miracles que se distingua ce 1: rand saint, ni par aucune des faveurs ni des pratiques extraorï dinaires qu'on lit dans la vie de tant d'autres.
Une conduite égale, uniforme, constante, éloignée de À toutes les extrémités ; tel fut toujours le caractère de sa vertu.
Modeste dans ses meubles comme dans ses vêtements, il
évitoit avec le même soin la mal-propreté et la magnificence.
48 (AN 430.) HISTOIRE 11 portoit du linge et des souliers, suivant l'usage devenu le plus commun, sans blâmer cependant ceux qui alloient nupieds, les avertissant seulement de se tenir en garde contre la vanité. Sa table étoit frugale , et l’on n'y servoit d'ordinaire que des légumes. Quand il s’y trouvoit, ou des personnes d'une santé foible , ou des hôtes, car il étoit fort hospitalier et fort affäble , on servoit des viandes. Pour le vin, il ÿ en avoit toujours; l'usage du gras étant réputé beaucoup moins nécessaire que le vin, dans le régime de cet âge.
Excepté les cuillers , il n’avoit aucune argenterie ; non par indigence, mais par amour de la pauvreté. Ses clercs vivoient toujours avec lui, vêtus et nourris à frais communs. On lisoit pendant le repas, et pour donner la réfection à l'esprit aussibien qu’au corps, et pour être :noins exposé à oublier les lois de l« tempérance. Par la même crainte de passer les bornes de la sobriété qu'il s’étoit prescrites, à ce qu'il dit lui-même, jamais il ne mangeoit hors de chez lui, quelque invitation qu'on lui en püt faire. On ne voyoit point de femme manger à sa table, loger dans sa maison , ou la fréquenter en aucune manière, pas même sa sœur ni ses nièces : non que de si proches parentes ne fussent à l'abri de tout soupçon, mais parce qu’elles attirent ordinairement d'autres femmes dont le commerce est moins indifférent. Quand les personnes du sexe vouloient lui parler , il les recevoit en présence de quelques clercs, et jamais il ne lui arriva, depuis sa conversion, de s'entretenir seul à seul avec elles,
On ne se lasse point des détails d'une vie si cléricale et si digne de servir de modèle à tout prélat comme à tout clerc vraiment religieux ; mais on peut dire qu'ici le docteur l’emporte encore sur le pasteur, tant par la profondeur incomparable de sa doctrine, que par l'intérêt toat particulier qu'a toujours pris l'Eglise à saint Augustin considéré sous ce point de vue. noie nous ayons plus parlé de ses ouvrages que de ceux des autres Pères, nous n’en avons touché que la trèspetite partie, et précisément autant qu il étoit nécessaire pour avoir une idée juste de sa doctrine sur les points capitaux. Possidius nous à laissé un catalogue des œuvres du saint docteur, qu'il fait monter jusqu'au nombre de mille et trente, y
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compris les livres, les sermons, les lettres , dont plusieurs sont des traités complets, et quelques écrits qui ne sont point patvenüs jusqu’à nous : encore ajoute-t-il qu'il n’a pu tout compter. Dans cette multitude incroyable de productions ; ce qu’on
‘remarque principalement , après la pureté du dogme et de la
morale ; la profondeur de la science et de l’érudition , la grandeur des vues, la force du raisonnenient ; la sagacité infinie de l'esprit, la beauté de l'élocution; excessive peut-être et dégérérant quelquefois en subtilité ; selon le goût déjà corrompu du temps ; ce qu'on remarque; dis-je, avec le plus d'édification, c'est la modestie de l’auteur ; qui n’a rien d'égal que le mérite qu’elle décore: Il faudroit copier des livres entiers d'Augustih ; pour faire voir tous les sentiments humbles qu'il avoit de lui-même ; mais ils y sont exprimés avec une candeur et une simplicité qui ne laissent point douter qu'il ne sentit au fond du cœur tout ce que $a plume retraçoit.
Dans sa dispute avec saint Jérôme, on ne fut pas moins attendri vu'édifié de sa modération et de toutes ses déférences, tandis qu'il avoit l'avantage de la vérité pour lui: Si l’on allègue le respect dû à un docteur consommé, et qui avoit si vien mérité de l'Eglise, on retrouve la même modestie et presque lesmêmes ménagements pour lejeune évêque d'Eclane, Julien , le plus arrogant défenseur du pélagianisme, et que la seule présomption avoit pu engager à sé mesurer avec un doc-
2 teur de cette prééminence. Maïs le plus digne monument de 2 son humilité est sans contredit le livre de ses Confessions.
Qu'il lui fallut être vivement pénétré de la grandeur de Dieu
| et de sa propre bassesse, absorbé dans les sentiments de sa | componction et de son abjection, pour publier à la face du | monde entier ses plus humiliantes foiblesses , pour charger ce | tableau des plus fortes couleurs ; et pour le trasmettre à tous 4 les siècles à venir !
Toutefois ce grand saint , cet illustre docteur fut en butte à
d À Ja calomnie et à la plus flétrissante imposture. Depuis sa mort . surtout, 5es ennemis, devenus plus audacieux, mirent tout en
œuvre pour ternir sa mémoire. À ce dessein , ils firent courir sous son nom les quinze articles qu’on appela les objections des Gaulois , et qui dès-lors, selon quelques auteurs , environ 3 /
50 (AN 430.) NDISTOIRE trente ans après, suivant l'opinion commune, donnèrent lieu à l'hérésie des prédestinations.
Les plus durs de ces articles sont ceux qui suivent : I. Par une triste nécessité qui est l'effet de la prédestination, les hommes sont contraints au péché et condamnés à la mort. IT et 11L, La grace du baptême n'efface pas Îe péché originel dans ceux qui ne sont pas prédestinés à la vie, et il ne leur sert de rien de tenir une conduite juste et sainte. VI et XV. Le libre arbitre ne fait rien dans les hommes; c'est la prédestination qui agit en eux, soit pour le bien, soit pour le mal. VIII et 1X. Le Sauveur n’a pas été crucifié pour la rédemption de tout le monde, et Dieu ne veut pas le salut de tous les hommes, mais seulement de quelques-uns qui sont prédestinés. VII et XII. Dieu ôte la grâce de l’obéissance à des justes qu'ilaappelés,et leur refuse la persévérance, précisément parce qu'ils n'ont pas été séparés de la masse de perdition par la prédestination et de la divine prescience. T'els sont les points capitaux et précis de la doctrine qu'on donnoit pour celle de saint Augustin, afin de le décrieret de persuader qu'il s’étoit écarté de la foi catholique dans ses derniers ouvrages.
Prosper, son illustre et zélé disciple, n’épargna rien pour venger l'honneur de son maître. Il ne faut qu'ouvrir sa réponse aux objections des Gaulois, pour se convaincre qu'il y a une distance infinie de la doctrine du maître et du disciple à celle de tous les prédestinatiens. Gependant l'apologiste, en confondant la calomnie, s’attira personnellement à dos les calomniateurs. Un nommé Vincent, que certains critiques onttrouvé expédient de donner pour Vincent de Lérins, compté parmi les saints dans le martyrologe, publia contre Prosper des imputations semblables à celles dont on noircissoit}a mémoire du docteur de la grâce. Prosper répondit avec une justesse et une précision admirables, sans jamais donner dans un excès, en évitant l'excès opposé. En prouvant contre les semi-pélagiens la gratuité ainsi que la nécessité de la grâce, partout il a soin de montrer en Dieu la volonté sincère de sauver tous les hommes, Aussi telle fut la persuasion publique touchant sa manière de penser à cet égard , qu’on lui a long-temps attribué l'ouvrage d’un auteur inconnu, intitulé de {a Vocation des
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vent : Ï. Par ination, les a mort. Ilet riginel dans leur sert de V. Le libre édestination . Vill et 1X.
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Me.
DE L'ÉGLISE. (An 430.) 51 Géntils, et qui exprime clairement la plus saine doctrine. h l'rosper eut encore le courage d'attaquer les conférences de “1 Cassien, malgré la haute réputation de l'auteur. Il employa "1 contre lui l'autorité des conciles d'Afrique et d'Orient, ainsi É, que les constitutions des papes Innocent et Zozime. C’esi ce à queson génie poétique exprime en cestermes figurés: « Voyez- 4! vous que d'invincibles constitutions du siége apostolique mettent vos räisonnements en poudre, et que vos retranchements sont ruinés, comme les murs de Jéricho, par le concert des trompettes sacerdotales Py
Enfin Prosper Jrorta le zèle jusqu’à entreprendre le voyage
4 | de Rome, afin de mieux faire connoître au chef de l'Eglise le
4 péril où se trouvoit la foi en plusieurs endroits des Gaules. La (4 principale cause du mal étoit la liberté que s’arrogeoient de 4 simples prêtres, d'enscigner sans consulter les évêques , et de M s'ériger, au préjudice de l'épiscopat, en juges de la doctrine. 4 On voit en effet dane une lettre pontificale, adressée vers le (A inème temps aux évêques de Gaule en général , et nommément 44 à ceux de Marseille et du voisinage, que le saint pape Célestin les reprend vivement de leur négligence à réprimer l’orgueil de leurs prêtres , et à les tenir dans la soumission qu’ils leur 1 devoient, dit-il formellement, à raison de leur dignité, Venant 1 ensuite aux mauvais effets de cette indépendance et de la té- L mérité qui en étoit le principe, il fait en ces termes l'apologie de saint Augustin contre les calominies des prêtres de Gaule : : « Augustin de sainte mémoire a toujours été dans notre communion, et jamais le moindre nuage n'a terni ni sa {oi ni “ses mœurs. On a toujours eu de lui l'idée la plus avantageuse, 4 etil n’étoit pas moins chéri que révéré de tout le monde. À A Pour sa science, elle fut telle, que mes prédécesseurs mêmes, je men souviens, le comptoient au nombre des meilleurs maîtres. »
…) A cette lettre sont joints neuf points de dogme touchant la 0 prâce et le libre arbitre , que l’on voit cités assez peu de temps M après, comme faisant partie de la même lettre , et dont il paroît néanmoins que saint Célestin n'est pas lui-même l'auteur. Mais on : lieu de croire qu’il avoit chargé saint Prosper ou 1 saint Léon, alors diacre, de réduire ainsi à certains chefs la
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doctrine de l'Eglise sur le péché originel, sur la nécessité de k SJ la grâce , tant pour là foi et le c t dela b U P a grâce, tant pou oi et le commencemen a bonne vo- du lonté, que pour les œuvres du salut, enfin sur les tentations et «+
les mérites des saints. Rien n'étoit plus propre à justifier la doctrine de saint Augustin, que de lui donner pour base les décisions des conciles confirmés par les souverains pontifes. En effet, ces neuf articles ne sont que le recueil des autorités des conciles d'Afrique et des papes Innocent et Zozime, touchant les matières décidées comme de foi.
Quant aux assertions ultérieures dessavants qui, en combattant les hérétiques, ont pénétré plus avant dans les difficultés de ces questions , on déclare qu’en se gardant bien de les mé+ priser, on ne juge pourtant pas nécessaire de les confirmer1. On se contente de déclarer, qu’on ne doit point absolument regarder comme orthodoxe, ce qui paroîtra contredire les règles qu’on vient de voir établir sur les sentences du siége apostolique touchant Jes effets et la dignité de la grâce. Il est donc constant qu’en prenant la défense, soit des docteurs catholiques en général, soit du docteur de la grâce en particulier , l'auteur ou le rédacteur des articles n'a pas prétendu que Y Eglise eût apposé le sceau de son autorité à tout ce qu'ils ont écrit. 11 lui suffisoit d'établir qu'ils n’avoient rien enseigné de contraire à la foi, touchant les matières de la grâce et de la liberté. Condluons parune réflexion qui trouve ici place d'une manière bien naturelle : Si la doctrine de saint Augustin tire tant d'autorité de sa conformité aux décisions de la multitude des évêques , confirmées par les souverains pontifes, est-il bien conséquent de vouloir ériger en dogmes des opinions contraires à des décisions toutes pareilles , parce qu'on imagine voir dans saint Augustin, ce que ni pape n° concile n’y ont jamais vu P
Pour laisser enfin une idée nette de la doctrine du défenseur de la grâce contre les pélagiens et les-semi-pélagiens , nous allonsréduire brièvement tout ce quenous en avons dit jusqu'ici, à quelques points capitaux , qui feront voir d'un coup d'œil, si l'on peut s exprimer ainsi, tout le système de saint Augustin,
{ Xbid. c. 13,
cessité de bonne vo= tations et ustifier la r base les pontifes.
autorités jime , tou-+
n combatdifficultés de les mé+ onfirmer 1.
1bsolument tredire les s du siége yrâce. Ïl est octeurs caen particurétendu que e qu'ils ont enseigné de ce et de la place d'une ustin tire h multitude , est-il bien nions conon imagine cile n'y ont
u défenseur ns, nous alit jusqu ici, oup d'œil, nt Augustin,
DE L'ÉGLISE, (AN 420.) 53 Qu'on se rappelle d'abord que Pélage, Célestius et tous les pélagiens rigoureux nièrent constamment la nécessité absolue du secours de la grâce intérieure de Jésus-Christ pour vouloir et faire le bien dans l’ordre du salut. Je n’ai pu trouver nulle part; dit expressément saint Augustin, même après que le pélagianisme eut été condamné par le pape Zozime, je n’aitrouvé nulle part que Pélage ait confessé la nécessité absolue du secours intérieur et prévenant de la grâce de Jésus-Christ pour la volonté et pour l’action. S'il reconnoissoit, poursuit-ilr, que Dieu nous aide ainsi, tant pour vouloir que pour agir, et de telle manière que sans ces secours nous ne voulons et nous ne faisons rien de bien, et que telle est la grâce de Dieu par Jésus-Christ, il ne resteroit plus entre nous, à ee qu'il me paroît, aucun sujet de dispute. Dans le dernier ouvrage de ce docteur, appelé ouvrage imparfait, parce que la mort l’empêcha de le finir, il fait encore consisterle poison de l’hérésie des pélagiens dans leur obstination à nier que la volonté de l'homme ait besoin d'une grâce qui soit un secours intérieu” et gratuit pour l'opération du bien.
Pour les disciples mitigés de Pélage, et nommés communé-
À | ment semi-pélagiens, ils ne s’élevoient pas directement contre
les décisions des conciles d'Afrique confirmés par les papés et le consentement du reste de l'Eglise. Nous avons même vu que : les prêtres de Marseille, imbus des nouvelles opinions, marquoient beaucoup de respect et de soumission pour les constitutions apostoliques , dans lesquelles Rome nes’étoit pas encore ormellement expliquée sur les subtilités artificieuses, qu'il }n'étoit pas naturel desoupçonner2. Ceux-ci ne faisoient aucune : difficulté de reconnoître avec tous les semi-pélagi:n:, la né-
1 cessité de la grâce , pourvu qu’on reconnût aussi dans l’homme
une bonne volonté qui précédât ce secours, et qui cherchât ce remède à ses blessures, Tels sont le témoignage et les expressions d'Hilaire, cetautre disciple, qui pour la défense de saint Augustin , seconda si bien le zèle de saint Prosper. Saint Au- |gustin nous apprend lui-même quelle fut l'erreur des semipélagiens, lorsqu'il nous dit qu’elle ne différoit en rien du
3 De Grat. Chr. c. 47. — 2 Ep. ad Aug.
54 (AN 421.) HISTOIRE préjugé où il avoit été autrefois, que la foi n'étoit pas un don de Dieu; qu’au moins pour ses commencements, la grâce n'étoit as nécessaire. On peut remarquer en passant, combien celte hérésie étoit différente des tableaux imaginaires qu’en ont tracés dans les derniers siècles , des novateurs intéressés à noter injurieusement les orthodoxes les plus zélés à les contredire.
En conséquence des principes que le docteur de la grâce à principalement et constamment établis contre les pélagiens et les semi-pélagiens, il est clair, et c’est le troisième chef de sa doctrine, que dans l'état présent de la nature dégradée, l'homme a un besoin absolu de la grêce intérieure de Jésus- Christ. On ne peut, sans une erreur formelle, soustraire à son influence la moindre action surnaturelle, les commencements mêmes de la foi, rien de ce qui dispose au salut. Saint Augustin dit encore que ces hommes peuvent accomplir les préceptes, s’ils le veulent , mais que c'est au Seigneur à préparer leur volonté. Partout il enseigne, comme un point incontestable de la doctrine catholique, que cette grâce, ou celle qui peut l'obtenir, ne manque jamais aux justes. La grâce qui prépare ainsi les cœurs, loin de détruire le l'bre arbitre, l’établit au contraire, puisqu'elle seule lui rend le salut possible, puisqu'elle seule peut lui faire pratiquer les œuvres qui le méritent. Toutefois, en donnant ainsi le pouvoirdefaire le bien, dit expressément le saint docteur, elle n'en impose pas la nécessité; mais il dépend de Ja volonté de consentir ou de ne pas consentir.
Par une autre conséquence des principes de saint Augustin, Ja grâce n’est pas toujours suivie du consentement de la volonté, qui peut lui résister, et qui ne lui résiste en effet que trop souvent, Or, quand elle lui résiste, dit le saint docteur, ceux qui refusent de suivre la voix qui les appelle, n'en doivent imputer la faute qu'à eux-mêmes , parce qu'ils sont appelés de manière à pouvoir suivre librement; et ceux qui suivent ne doivent pas s'en attribuer la gloire, puisqu'ils n'ont suivi que parce qu'ils étoient appelés de manière à ne pas refuser leur consentement, La grâce de la persévérance finale et de la prédestination n’en est pas moins certaine, la prédestination des saints, selon le saint docteur, consistant dans la sage distribu-
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DE L'ÉGLISE. (AN 430.) E5 tion des divins bienfaits, par lesquels ceux qui sont sauvés le sont très-sûrement. La prédestination est tout-à-fait gratuite: c'est la seule miséricorde du Seigneur qui l’engage à appeler ceux qui sont élus, de manière à ce qu'ils ne méprisent pas la voix qui les appelle, et tous ne sont pas appelés de la sorte. Quelle en est la cause ? Nulle intelligence créée ne peut l’assigner , elle est impénétrable, mais elle n'est pas injuste, Le docteur de la grâce, ainsi que l’apôtre , n'a que ces deux mots à répondre à cette question : O profondeur! Peut-on soupconner d'iniquité le Dieu de toute justice ?
Enfin, comme il y a deux sortes de préceptes, l'une d'observer la justice, l’autre de la porter à sa perfection; il y a de même deux sortes de péchés. Autre chose, dit le saint docteur, est l'accomplissement de ce précepte : Tu ne convoiteras point; autre, l'observation de celui-ci : Ve suis pas tes convoitises. Nous n’entrerous pas dans l'explication de ce dernier article; clle demanderoit un développement et une étendue qui nous fcroient sortir des bornes que nous nous sommes prescrites. Mais il suffit d'en rappeler l'objet, pour faire comprendre en quel sens le docteur de la grâce dit qu’il y a des péchés nécessaires, et que la liberté a péri par le péché d'Adam. Sil'on a inféré de quelques expressions générales, que la grâce d'éviter le péché est refusée même aux justes; ces péchés nécessaires sont ceux qui consistent, non pas à suivre ses convoitises, mais à n’en pas ressentir les premiers mouvements : fautes improprement dites, et qui nous rendent malheureux, sans nous rendre coupables. De là, par une conséquence évidente, et selon les termes exprès du docteur de la grâce, la liberté qui à péri, est celle qu'on avoit dans le paradis terrestre, d'obtenir avec l'immortalité la perfection de la justice. De là aussi, la grâce refusée aux justes est celle dont marquoit l'Apôtre, quand il s’écrioit : J'ai la volonté de faire le bien, mais je ne trouve pas à le faire parfaitement. Car quelle est cette perfection du bien, reprend le saint docteur, sinon l'exclusion absolue du mal ; ou l'accomplissement de cette loi : Tu ne convoiteras point P
T'els sont les points les plus importants de la doctrine de
saint Augustin, sur qui nous avons cru pouvoir nous étendre,
56 (An 430.) HISTOIRE
plus que nous ne l'avons fait sur aucun autre des écrivains ecclésiastiques. Il tient parmi eux un rang si distingué ; ses œuvres ont une autorité si particulière; il a combattu des hérésies si différentes et si attentives dans tous les temps à se prévaloir l’une contre l’autre de leur défaite respective, qu’il nous a paru nécessaire d’insister davantage sur une partie si importante et si délicate de la tradition. Mais quels que soient les écucils entre lesquels il a marché, sa doctrine toujours pure et lumineuse aux yeux de quiconque saura l'approfondir, n’en paroîtra pas moins éloignée de tous les précipices et de tous les écarts. Tels furent de son temps les témoignages de quatre ou cinq papes, d'un bien plus grand nombre de conciles qui tirérent même de ses écrits la plupart de leurs décrets, de tous les plus saints et les plus célèbres docteurs de l'Orient aussibien que de l'Occident. C'est ce que saint Prosper rend à sa manière, par ces expressions aussi justes que poétiques : Dans les guerres opiniâtres des pélagiens contre l'Eglise, l’armée catholique n’a combattu et n’a triomphé que par les mains d'Augustin : non-seulement l'Eglise de Rome et celle d'Afrique, mais les enfants de la promesse, dans toute l'étendue de l’univers, ont été constamment d'accord avec lui sur les dogmes de la grâce et sur tous les autres articles de la foi.
Concluons : si la doctrine de ce Père étoit de son temps celle de l'Eglise, puisque la croyance catholique ne varie jamais, cette conformité est encore la même aujourd'hui ; et pour croire comme Augustin, il faut entendre ses écrits dans un sens conforme à l'enseignement de l'Eglise. Selon les seuls principes de la raison et de Ja saine critique, il faut au moins les prendre dans leur suite, dans leur connexion et leurs différents rapports, dans tout leur ensemble, sans esprit de contention ni de système, en y cherchant la confirmation des dogmes reçus, et non pas la doctrine singulière dont on s'est laissé prévenir.
Pour ce qui est du style, cet illustre Père a sans doute ses défauts, comme le plus brillant des astres ne laisse pas d'avoir s:'« taches : mais tout homme digne de le lire et capable de le Annie tout amateur de ce genre de beauté qui résulte de la grandeur des choses et de la justesse des proportions, sera
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écrivains ngué ; ses tu des hés à se préqu il nous si imporsoient les irs pure et ndir, n'en de tous les > quatre ou nciles qui ts, de tous ient aussir rend à sa ques : Dans e, l'armée ains d'Aud'Afrique, Le de l’uni-
dogmes de
son temps e ne varie rd'hui; et écrits dans on les seuls t au moins leurs difrit de con-
ation des ont on s'est
s doute ses pas d'avoir pable de le résulte de jons, sera
DE L'EGLISE. (AN 430.) 57 si frappé, en l'étudiant, de l'abondance des pensées, de leur tinesse tout ensemble et de leur noblesse, Le leur enchaînement , de leur rapidité, en un mot de tous les grands traits de l’auteur, qu'à peine fera-t-il attention au coloris de l'écrivain. | Ds
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