‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 25 sur 146 · ME LS PES · texte numérisé non relu

ME LS PES

TE, a

78 (AN 430.) HISTOIRE gneur Célestin, pût paroître court, on pouvoit au fond faire

ce qu'il prescrivoit en un seul jour, et même en peud’heures:

qu'il ne s'agissoit, eu parlant de l’incarnation de Notre-Sei gneur , que d user d'une expression sûre et facile à employer, consacrée par un grand nombre de saints Pères, et la plus convenable en effet pour exprimer sa naissance dela Vierge, aussi réelle que salutaire pour nous; qu'il ne doit ni la rejeter comme dangereuse , ni avoir honte de commencer às’en servir, comme si par-là il commençoit à changer de doctrine. Car si vous pensez, ajoutoit-t-il en terminant sa lettre du style le plus tendre et le plus engageant, si, comme me l'assurent nos amis communs, vous pensez ce que pensent les Pères et les docteurs de l'Eglise , quelle peine avez-vous à énoncer la piété de vos sentiments par une expression si propre à les rendre? Que si l’on refusoit de croire ce que signifie le nom de mère de Dieu, dans quelle erreur affreuse ne tomberoit-on pas? Ne seroit-ce pas là détruire toute l'économie du mystère ineffable de l'incarnation, de la divinité de Jésus-Christ, de l’anéantissement du fils de Dieu, qui ne s’est réduit à la forme d'esciave que par son incompréhensible charité pour les hommes ? Remettez-vous sous les yeux, je vous en conjure, mon trèscher fils, cette verspectiveeffrayante , aussi-bien que les orages qui se sont déjà élevés à votre occasion, et apprenez que de toute part ils agitent horriblement l'Eglise. Il finit par lui nommer plusieurs évêques ,ses anciens amis, entr'autres Théodoret, comme ayant eu part à la minute de cette lettre, et prenant le plus vif intérêt à la cessation du scandale.

Théodoret n’était pas moins vanté pour ses vertus que pour sa doctrinet. On lui donna le nom de Théodoret, qui signifie don de Dieu, parce que sa mère , dame encore plus distinguée par sa piété que par le haut rang qu’elle tenoit à Antioche, obtint cet enfant après treize ans de stérilité, par les prières d'un saint anachorète. Elle rendit au ciel ce qu’elle en avoit reçu, en le consacrant au Seigneur dans un monastère près d'Apamée, Il y devint si célèbre par son érudition et son éloquence, qu'on l'en tira malgré lui, vers l'âge de trente-six

UTheod. Philot e. 3 ct seq.

DRE EEE RE E CSET

DUR AN pe RD

TAPANT TEE T

D adress Er ” ME RAS ’

gr PE RL tn a GT A Se AS PR RE ue ich a ESS Ka

DE L'ÉGLISE. (AN 430.) 79 ens, pour le faire évêque de Cyr. C'étoit une ville assez médiocre de Syrie, fondée, disoit-on, par les Juifs au retour de leur captivité de Babylone, et nommée du nom de Cyrus leur libérateur : mais ce diocèse étoit de huit cents paroisses. étendue immense pour un pays et pour un temps où les siéges épiscopaux étoient si multipliés.

Théodoret ne changea point de vie en changeant d'état.

L'épiscopat ne fut pour lui qu'un 2 ement de travaux, qui ne lui fit rien relâcher des pratique vie solitaire. Il distribua tous ses biens aux pauvre | n fut en possession par la mort de ses parents, ‘serva pas une maison, pas un meuble , et n'eut jamais opre que le vé-

tement grossier dont il étoit couvert ; mais sous cette simplicité extérieure , il n’eut les vues et les idées ni moins grandes ni moins nobles. On remarque l'élévation de son âme et son goût tournés au grand , jusque dans le choix de ses bonnes œuvres. Il fit construire deux superbes ponts; bâtit des galeries publiques, répara les bains, fit un aqueduc pour procurer à ia ville des eaux saines et abondantes , remit en culture les terres abandonnées. Ses travaux évangéliques sont innombrables. On ne peut que dire d'une manière abrégée et générale qu'il convertit par milliers des hérétiques de toutes les sectes, et jusqu'à dix mille de la seule hérésie des marcionites ; qu'il n'en laissa d'aucune sorte dans son diocèse, qui en étoit tout rempli à son avénement. Malgré cela, il prêchoit souvent à Antioche où il passoit des temps considérables , tout évêque qu'il étoit : chose assez singulière pour ces beaux temps. On jugeoit sans doute que le séjour d’un homme de ce mérite dans une ville telle qu’Antioche, étoit de la plus grande conséquence pour le bien de l'Eglise,

Nous aurons souvent occasion de parler des écrits de Théodoret, où l’on remarque autant d'élégance, de justesse, de profondeur, que de variété et d’érudition ; mais nous devons surtout avertir que la solidité d'esprit qui s’y fait partout sentir, et le jugement exquis de l’auteur, ne permettent pas de douter de la vérité des actions merveilleuses de plusieurs solitaires qu'il y rapporte, quelqu'incroyables d’ailleurs qu'elles paroissent.

RCE ANR SE AR RS AS ES RSR RTS ST

DRE 27

29 WEST MAIN STREBT

Page 1