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DE L'ÉGLISE. (AN 439.) 127 vrage considérable qu'il venoit de publier contre les ariens. Céréalis et Voconius évêques, l'un de Castelle, l’autre de Castellane, dans cette même province, écrivirent avec le même zèle contre les ariens. On trouve plusieurs autres écrits qu’on sait avoir été publiés contre cette hérésie, dans les mêmes conjonctures, quoiqu'on en ignore les auteurs.
Mais la plus persuasive éloquence, la patience admirable des catholiques, les prodiges même que le ciel opéra pour la justifier, loin d'adoucir l'esprit de Genséric, ne servirent qu'à le rendre plus impitoyable envers les sincères adorateurs du Dieu fait chair. Après la prise de Carthage, le prince arien se ve/ant maître de toute l'Afrique, à l'exception de quelques contrées écartées, mieux défendues par leur stérilité et leur indigence que par les armes de Valentinien, s'attribua les propriétés de la province de Byzacène, de l'Abaritaine, de la Gétulie, d’une partie de la Numidie, et distribua à son armée : les terres de la Zeugitane et de la province proconsulaire. Dans ses domaines immédiats, Genséric obligea sous peine de la vie, les prêtres et les évêques de lui livrer les vases et les ornements, ainsi que les livres ecclésiastiques ; mais la foiblesse des ministres prévaricateurs ne l'empêchoit pas de les chasser ensuite de leurs églises. Il exigea de ses vassaux de chasser de même les pasteurs catholiques après qu'ils les auroient dépouillés, et s'ils refusoient de céder leurs églises, de les réduire en esclavage : ce qui s’exécuta non-seulement sur le clergé, mais sur plusieurs laïques du premier rang.
Valérien, évêque d'Abbenze dans la Zeugitane, à l’âge de plus de quatre-vingts ans, fut mis hors de la ville sans une seule personne pour prendre soin de lui, avec défense au contraire à toute personne de lui procurer le moindre soulagement, de lui donner même le couvert, soit dans les villes, soit dans les campagnes. On veilla si bien à l'exécution ponctuelle de toutes ces clauses inhumaines, qu'il demeura nuit et jour en plein air, privé de tout et presque nu, aussi longtemps qu'un homme peut vivre dans cette affreuse privation, qui nc finit en effet que par sa mort.
2 Vict, Vitens. lib, 2,
Dans la même province, un officier du tyran, nommé Proclus, ayant enlevé de force les vases et les ornements que le clergé refusoit de lui livrer, porta la profanation jusqu'à faire servir le linge de l'autel aux plus vils usages. Mais il fut tout à coup atteint de frénésie, se coupa la langue par worceaux avec les dents, et mourut dans cette espèce de rage. Sntre les esclaves catholiques, il échut à un vandale quatre frères , dont l'aîné s’appeloit Martinien, avec une jeune personne d’une autre famille et d’une rare beauté, nommée Maxime. Toute jeune qu'elle étoit, sa prudence et sa maturité lui firent bientôt confier par son maîtrele gouvernement de toute la maison. Pour se l'attacher davantage, ainsi que Martinien qu’il affectionnoit aussi, le barbare voulut les marier ensemble. Mais Maxime avoit consacré à Dieu sa virginité. Quand on l’eut laissée seule avec Martinien , elle lui fit confidence de son vœu, persuada sans peine à ce digne confesseur de la foi, de respecter les droits du divin époux à qui elle s'étoit engagée, et de chercher à leur innocence un asile plus sûr que cet hospice hérétique. Martinien alla se concerter avec ses frères, et tous cinq ensemble , ils s’évadèrent, etse retirèrent à T'abraque; les quatre frères dans un monastère d'hommes, et Maxime dans une communauté de vierges, qui n’en étoit pas éloignée.
Le vandale chercha tant, qu’il les trouva, les mit aux fers, et voulut non-seulement contraindre Martinien et Maxime d'habiter ensemble; mais encore d'embrasser l’arianisme avec les trois autres, et de se fairerebaptiser. Cet événement parvin à la connoissance de Genséric , qui autorisa le maître de ces pieux captifs à leur faire endurer les plus cruclles tortures, jusqu'à ce qu'ils se conformassent à ses désirs. On les battit avec des bâtons dentelés en forme de scie, et on les déchira si cruellement à plusieurs reprises, qu’on leur voyoit les os et les entrailles. Mais dès le lendemain, ils se trouvoient guéris. On les mit dans des entraves , qui se rompirent aussi miraculeusement en présence d'un grand nombre de personnes. Ce maitre, également impie et tyrannique, fut frappé de la
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