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130 (An 439.) HISTOIRE
Le bruit d’une pareille menace parvint bien vite aux oreilles de son épouse; elle accourt et se présente à Satur comme il prioit à l'écart; elle avoit les yeux égarés , les cheveux épars, les vêtements en désordres et tout déchirés de désespoir. Ses enfants se lamentoïent en courant sur ses pas, et la suivoient de plus ou moins loin, selon la force de leur âge; elle tenoit entre ses bras le dernier d'entre eux, qui tétoitencore. Elle se jeta aux pieds de son mari, lui embrassa les genoux qu'elle inonda de ses larmes, le conjura d'une voix mal articulée qu'étouffoient ses sanglots, d’avoir pitié de leurs enfants communs, de se souvenir de Ja noblesse de leur race, et de ne pas livrer une épouse fidèle à l’infamie dont la seule idée faisoit déja son supplice. Une soudaine rougeur lui couvre le visage à cesdernières paroles; puis elle pâlit et tombe à la renverse, sans connoïssance et sans mouvement. Satur éprouvoit la plus cruelle perplexité; mais il se rappela aussitôt ce que dit le Fils de Dieu , que quiconque ne l'aime pas plus que sa femme, ses enfants eu ses biens, né peut être son disciple, et il fut inébranlable, Ce qu'il y eut de plus héroïque dans sa constance, c'est qu'on ne le fit pas mourir, et que réellement privé de sa femme et de tout ce qu'il possédoit au monde ; réduit à la plus étrange misère, sans avoir la liberté de chercher à y subvenir, sans pouvoir quitter laretraile qu'on lui assigna pour que rieñ nepüt faire diversion à son chagrin, il vécut encore longtemps, et jamais sa vertu ne se démentit. L'Eglise honore ce grand saintle vingt-neuvième jour de mars. | |
Le fier Genséric ne rougissoit pas de s'abaisser à toutes sortes de souplesses et d'artifices pour faire un apostat, Il tenta lui-même un certain Archinime par les plus basses flatteries, par toutes sortes de promesses, et il eut la honte de ne rien obtenir, Il le condamna, dans son emportement , à avoir la tête tranchée : mais lui enviant encore plus vite la gloire du martyre, il commanda secrètement, que si au moment de l'exécution le confesseur manquoit de courage , on lui ôtât la
vie, et qu'on la lui conservât si sa fermeté se soutenoit. Ar-
chinime marqua la plus ferme constance, et on ne le fit point mourir ; tel étoit le zèle infernal du restaurateur de l'arianisme
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