‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 36 sur 146 · MERE · texte numérisé non relu

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DE L'ÉGLISE. (Ax 439.) 131

T n'y avoit qu'un homme endurci par l'usage du sacrilége, qui pôût renchérir sur ces horreurs, et ce fut Joconde, prêtre arien, qui donna ce comble du scandale, Entre les gens de la maison du prince Théodoric, fils du roi, on avoit trouvé un catholique nommé Armogaste. La profession de la vraie foi dans un courtisan passa pour une audace digne des derniers supplices. On le tourmenta long-temps avec des cordes de boyeaux, dont on lui serroit tous les membres : Armogaste fitle signe de la croix , et les cordes se rompirent. Onen reprit de beaucoup plus fortes qui ne résistèrent pas mieux à la vertu toute-puissante du nom de Jésus-Christ. On le suspendit par un pied, la tête en bas; et par la même puissance de ce nom adorable, loin de souffrir dans cette cruelle posture, on l'y vit dormir aussi tranquillement que sur le lit le plus commode. Alors le prince son maître lui voulut faire trancher la tête; mais le prêtre Joconde dit qu'il y avoit encore des supplices auxquels Armogaste pourroit céder ; au lieu que si on terminoit tout d'un coup sa vie par le fer, les Africains ne manqueroient pas de l'honorer comme un martyr. Il paroît néanmoins que ce conseil ne fut pas suivi, et que le prêtre tentateur se couvrit d'un opprobre aussi infructueux que déshonorant.

La cruauté le cédoit encore parmi les Vandales à la soif des richesses, et au désir de découvrir les trésors qu'ils ima-

ginoient avoir été cachés par les sujets de la république, déjà

dépouillés de leurs terres. On employa toutes sortes de tortures pour parvenir à ces découvertes. De temps en temps ces avides ravisseurs armoient des navires, et alloient chercher sur les mers ce que l'Afrique épuisée ne pouvoit plus fournir à leur avidité insatiable. Genséric lui-mêmet fit métier de ces pirateries, quand il se fut fortifié par le secours des Maures. Chaque année au prinitemps, il faisoit des descentes tantôt en Sicile, tantôt en Sardaigne, dans toute la partie méridionale de l'Espagne ét de l'Italie, en Grèce même et dans les provinces de l'empire d'Orient, prenant tout, emmenant des

troupes d'esclaves ; mais ruinant et ravageant surtout les habi-

# Procop. 1. Vandal. c, 5.

De

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