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132 (AN 439.) HISTOIRE tations les plus catholiques. Il avoit commencé ces indignes expéditions par la Sicile, où il commit des désordres épouvantables; ét l’île étoit perdue sans ressource, s’il n'eût été rappelé en Afrique par la nouvelle que le comte Sébastien, gendre du fameux comte Boniface, venoit d'y aborder. Mais Sébastien, maltraité comme son oncle, cherchoit lui-même un asile, et il se lia d'intérêt avec Genséric:, qui toutefois s’en lassa bientôt. Il résolut même de s’en défaire; mais il en vouloit avoir une raison plausible, et il la chercha dans la religion. :
Un jour il lui proposa, en présence de ses évêques et de ses officiers, de n'avoir tous deux qu'une foi et qu’un seul culte, comme ils n'avoient qu'un même intérét2. Soit que Sébastien s’attendit à cette proposition insidieuse, depuis qu'il voyoit décliner sa faveur, soit inspiration subite de la grâce, qui lui fit prendre la résolution d'expier sa révolte par une confession éclatante de sa foi, il demanda qu'on apportât un pain de la table du roi. Pour donner, dit il, à ce pain sa saveur et sa blancheur, on a séparé le son de la farine, et la pâte a passé par l'eau et par le feu. C’est ainsi qu’en me tirant de la masse corrompue, on m'a purifié dans l’eau du baptême, et confirmé par le feu du Saint-Esprit. Prince, ajouta-t-il, faites rompre ce pain ; qu’on le trempe dans l’eau, qu'on le repétrisse, et qu’on le cuise une seconde fois : s'il en est meilleur, je ferai ce que vous souhaitez. Genséric n’entendit que trop le sens de l’apologue et ne sut qu'y répondre. Il trouva de nouveaux prétextes, et fit quelque temps après mourir Sébastien. Cet art d'enlever aux martyrs la gloire de leur triomphe, a du moins réussi à obscurcir celle du comte Sébastien. Ce n’est que dans quelques martyrologes, dont on doit la découverte aux savants auteurs des actes des saints, qu'on le trouve compté au nombre des martyrs 5.
La persécution de Genséric avoit été violente, dès le commencement de sa conquête, sous le pontificat de saint Célestin ; mais elle le fut encore davantage et dura beaucoup plus long-temps sous celui de son successeur ; car Sixte [II mourut
4 Vict, Vit. 1, 6. — 2 Ibid. — 3 Boll, ad 27 Mart,