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DE L'ÉGLISE. (AN 440.) 133 le 8 août de l'an 440, c'est-à-dire, l'année d'après la prise de Carthage par les Vandales. Il avoit occupé près de huit ans la chaire de saint Pierre, qu'il fit respecter par sa fermeté et par ses vertus. Pour conserver sa juridiction sur l’Illyrie, il usa d'une sage vigueur contre les entreprises des évêques de Gonstantinople, dont les prétentions s’étendoient de jour en jour, depuis le fameux canon qui leur attribuoit le second ran g dans l'Eglise.
Sixte HI écrivit plusieurs fois aux évêques d’Illyrie, de ne pas se croire obligés à ce que le concile d'Orient, c'est-à-dire le second concile général, outre ce qu'il avoit jugé sur la foi du consentement du siége apostolique, avoit voulu ordonner de plus sans ee consentement, de se croire encore moins soumis aux lois civiles publiées autrefois touchant le même objet, mais révoquées depuis quelques années, sur les remontrances du pape Boniface à Théodose actuellement régnant. Le nouveau pape établit Anastase de Thessalonique vicaire du saint Siége, comme l'avoient été ses prédécesseurs, et lui donna, comme à eux, le pouvoir d'examiner les sujets proposés pour l'épiscopat, et que les métropolitains pourroient ordonner, mais jamais sans la participation dé l'évêque de Thessalonique. Les causes majeures, ajoute-t-1l, seront de même rapportées à ce prélat, avec le droit de choisir les évêques qui les jugeront avec lui ou sans lui. Ce sera lui aussi qui assemblera les conciles, quand il les croira nécessaires ; et sur son rapport, le siége apostolique confirmera ce qui aura été fait. Sixte écrivit en même temps à Proclus de Gonstantinople, de maintenir les droits de l'évêque de Thessalonique ; et pour lui en fournir un nouveau motif, 1l lui apprit qu'il venoit de confirmer son jugement touchant Idduas. On croit que c'étoit l'évêque de Smyrne, qui, jugé par Proclus, en avoit appelé au souverain pontife.
Ce saint pape eut un zèle extraordinaire pour la majesté du culie et l'honneur de la maison de Dieu. On est étonné des dons prodigieux dont il enrichit, en moins de huit ans de pontificat, la plupart des grandes églises de Rome. 1l eut le mérite d'engager l'empereur Valentinien , autant par ses exemples que par ses exhortations, à signaler, pour le même objet, sa libé-
134 (Av 440.) HISTOIRE ralité et sa magnificence. Julien d'Eclane, si décrie parmi les orthodoxes, et le soutien principal du pélagianisme depuis fort long-temps, osa faire encore des tentatives pour rentrer dans son siége. Il avoit compté surprendre le pape Sixte, naturellement indulgent et peu défiant, et pour paroître converti, il s'étoit surpassé lui-même dans l'art de feindre, et dans la pratique des manœuvres familières à la plus artificieuse peut-être de toutes les sectes qui aient jamais existé. Il falloit que r : piége fût bien adroitement tendu, et qu'il eût causé bien des alarmes
à la piété des fidèles, puisque sa découverte et la honte qu’elle attira à Julien, causèrent autant de joie aux catholiques ( ce sont les expressions de saint Prosper ), que si l'Eglise romaine n’eût commencé qu'alors à confondre la perfidie pélagienne. Le pape en cette rencontre, se servit utilement des conseils de Léon son archidiacre, dont le mérite éminent se développoit de jour en jour, et qu'on mit enfin dans l’occasion de se déployer tout entier.
Le pape Sixte étant mort après huit ans et dix-huit jours de pontificat, selon saint Prosper, c'est-à-dire le 18 août de
: l'an 440, Léon fut élu pour lui succéder , encore qu’absent, 11 étoit allé dans les Gaules, pour réconcilier Aëtius avec Albin, les deux premiers capitaines de l'Occident, dont les divisions n'étoient pas moins pernicieusés à l'Eglise qu'à l'empire. 1l fallut attendre environ quarante jours : ce qui étoit un témoignage de considération jusque-là inconnu, auquel on joignit celui d’une députation publique, Léon étoit originaire de Toscane, mais on croit qu'il avoit pris naissance dans la ville de Rome qu il nomme toujours sa patrie.
Dès l’avénement de Sixte ou Xiste LI à la chaire apostolique, l'épouse de Jésus-Christ, déjà victorieuse des hérésies de Pélage et de Nestorius, étoit encore déchirée par la division des Orientaux. Ce sage et saint pontife travailla beaucoup, et réussit à faire cesser cette espèce de schisme, en réconciliant saint Cyrille avec Jean d'Antioche. Mais il étoit du bien de l'Église que dans son âge de vigueur, elle eût presque toujours des ennemis à combattre ; que tous les articles capitaux de sa croyance fussent attaqués successivement, et que la vérite venant à s'éclaircir par les moyens mêmes qui sem- |
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