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DX L'EGLISE. (AN 448.) 10) n’étoient ordinairement que de pure cérémonie. Du reste on ne mollit point. On plaça au milieu de l'assemblée l'accusé et l’accusateur, debout l’un et l’autre, et on lut le journal de ce qui s’étoit passé jusque-là. Quand on en vint aux points importants de la foi d'Eutychès, le patrice voulut lui demander si telle étoit sa croyance. Mais l’évêque de Dorylée témoigna la crainte où il étoit que l'accusé n’en füt quitte pour une profession de foi qui ne regardoit que l'avenir, sans qu'il fût question du passé, et que lui-même en conséquence ne passôt pour calomniateur ; d'autant plus que lhérétique le menaçoit du bannissement, et qu'on nomunoit déjà le désert d'Oasis, comme le plus affreux où l’on püt être relégué.
Le patriarche dissipa cette alarme. La preuve des assertions précédentes d'Eutychès ayant été faite, Flavien se mit en devoir de les Jui faire rétracter en lui demandant s’il reconnoissoit en Jésus-Christ l'union des deux natures. Oui, répondit-il, de deux natures. De deux natures après l'incarnation, reprit aussitôt Eusèbe? le confessez-vous? et que Jésus-Christ nous est consubstantiel ? C'était là le nœud de la difficulté. L'hérétique voulant l’éluder, repartit qu'il n’étoit pas venu pour disputer, et qu'il ne lui convenoit pas de disputer sur la nature divine. Mais enfin, reprit le patriarche, ne croyez-vous pas que le même Jésus-Christ Fils unique de Dieu, est consubstantiel à son Père selon la divinité, et consubstantiel à nous selon l’humanité ? Quel péril trouvez-vous à confesser la même foi que nous ? Nous n’innovons rien ; nous suivons simplement la doctrine de nos pères. Jusqu'ici, répondit Eutychès, je ne lai point dit. Comme je crois que le corps de Jésus-Christ est le corps d'un Dieu, je ne soutiens pas que ce sait le corps d’un homme; mais un corps humain, le Seigneur s'étant incarné de la Vierge. Que s’il faut ajouter qu'il nous est consubstenticl, je le répète d'après votre sainteté. C’est donc par n‘cessité, dit
ï’lavien, et non selon votre pensée, que vous confessez la foi ? f'est, répondit-il, ma disposition présente. Avant ceci, comme je sais que l: Seigneur est notre Dieu, je craignois de raisonner sur sa nature; mais puisque votre saintelé me le permet et me l'enseigne , je dis comme elle.
Getie étrange modestie piquant jusqu'à ses protecteurs, le
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156 (AN 448) HISTOIRE patrice lui demanda, s’il eroyoit ou non, que Notre-Seigneur, après l'incarnation, fàt de deux natures. Eutychès répondit qu'il reconnoissoit deux natures avant l'union , mais qu'après l'union il n’en confessoit qu'une. Alors fatigué du styl énigmatique de ce moine artificieux, qu’on n’avoit même réduit à s'expliquer de la sorte qu'après de longs pourparlers, le concile lui déclara qu'il falloit anathématiser nettement tout ce qui étoit contraire à la doctrine qu'on venoit de lui proposer. Je vous ai dit, répliqua-t-il, que je ne tenois point ci-devant cette doctrine. À présent que vous l’enseignez, je suis mes Pères ; mais je n'ai point vu cela clairement dans l'Ecriture, et les Pères mêmes ne l'ont pas tous enseigné. Malheur à moi donc, si je prononçois eet anathème! car j'anathématiserois les saints docteurs. Tous les évêques se levèrent en s’écriant avec indignation : Qu'il soit lui-même anathème. Flavien dit : Que le saint concile juge cet homme qui ne veut ni confesser clairement la foi, ni se soumettre aux sentiments de ses juges. Puis revenant à son caractère de bonté et de douceur, il lui représenta qu'il étoit encore temps, en avouant sa faute, d'en obtenir le pardon. Le patrice venant à l'appui : Pensez-y bien, Eutychès, lui dit-il. Quelle peine vous faites-vous de confesser avec l'Eglise deux natures en Jésus-Christ, et que notre Ré. dempteur nous est consubstantiel ? Le vieillard opiniâtre répondit : J ai lu dans saint Cyrille et dans saint Athanase, que Jésus-Christ avoit deux natures avant l'union, mais après, ils n’en disent plus qu'une. Florent insista : Enfin confessez-vous deux natures après l'union ? Eutychès répartit : Faites lire saint Athanase ; vous verrez qu'il ne dit rien de semblable. Si vous ne croyez deux natures après l'union, dit Basile, évêque de Séleucie, vous admettez un mélange et une confusion. Florent ajouta : Qui ne dit pas deux natures n'a pas la vraie foi.
Tout le concile crut ne devoir pas pousser plus loin la longanimité, et se leva en disant : On ne fait point croire par force ; mais la foi triomphe de l’orgueil et de la résistance. Longues années aux empereurs, longues années aux protecteurs de la saine doctrine ! L’hérétique ne se rend pas ; cessez de le solliciter et de flatter son arroyance. Aussitèt ’evêque
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DE L'ÉGLISE. (AN 448.) 157 Flavien prononça la sentence d’excommunication et de déposition, qui fut scusctite par trente-deux évêques, et par vingt-trois abbés, prêtres pour la plupart, et dont le plus vénérable étoit saint Marcel, chef des Acémètes.
Ce saint abbé étoit né en Syrie, d'une famille puissante; mais ses parents étant moris, ct l'ayant laissé maître de leurs grands biens à la fleur de son âge, après les avoir partagés entre tous les nécessiteux, il étoit venu se renfermer à Constantinople dans le monastère de l'illustre saint Alexandre, dont il se montroit le parfait imitateur. Ayant été forcé de lui succéder, il conservoit tout le recueillement et toute la modestie d'un simple religieux. Il porta le désintéressement au point de distribuer à d’autres monastères les biens d’un nouvel héritage que son frère lui avoit laissé 1. Trait des plus admirables dans la vie cénobitique, où l'on se fait quelquefois un mérite de l'esprit même de rivalité et d'intérêt, quand il ne concerne que la communauté. Mais entre toutes les vertus, auxquelles le ciel rendit témoignage par des miracles du premier ordre, en particulier par la résurrection éclatante d’un mort, l'abbé Marcel signaloit surtout son horreur des nouveautés contraires à l'enseignement de l'Eglise.
Cependant Eutychès écrivit au pape, et se nrétendit injustement condamné , tant pour le fond des chc:::, que pour les formes et le procédé 2. Il avoit dit tout bas au patrice Florent, comme le concile de Constantinople finissoit, qu'il en appeloit aux conciles de Rome, d'Alexandrie et de Jérusalem. Ces paroles ambiguës et dites à la dérobée , il les fit valoir comme un appel en règle, et l’on disputa vivement là-dessus, dans des conférences qu'ordonna l'empereur pour faire réviser les actes du concile et en constater la fidélité. Chrysaphe, qui gouvernoit despotiquement l'empire et l'empereur. -: ‘loit, à la faveur du trouble et de l'émotion des esprits, ürer Eutychès d'em« barras. Mais toute sa trame n'a servi qu'à rendre plus authentique ce monument de respect à l'égard des premiers juges de la foi, selon l'ordre de leurs siéges. Les lettres de Théodose à saint Léon, ménagces par le même favori, ne furent pas plus
3 Sur, ad 20 Decembr, — ? Lup. Collect. c. ana.
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158 (An 4/8) HISTOIRE
avantageuses au novateur qu'il protégeoit. Il est vrai que le pape, prévenu d'abord par les impostures du sectaire et par une recommandation signée de l'empereur, conçut quelque inquiétude aw sujet du concile de Constantinople, et qu'il la témoigna 17 565 lettres au patriarche Flavien. Mais celui-ci l'eut bientôt cissiyre, en lui faisant dans sa réponse le récit net et abrégé de toute la suite de l'affaire.
Eutychès, dit-il: ,veut renouveler les hérésies d'Apollinaire et de Valentin , soutenant qu'avant l'incarnation il y avoit deux natures en Jésus-Christ, la divine et f’humaine, mais qu’il n’y en a plus qu'une depuis cette union; et que le corps du Sauveur, pris de Marie n'est pas de notre substance , nimême consubstantiel à sa mère, quoiqu'il le dise un corps humain.Il a été condamné, sur les accusations bien prouvées de l’évêque Eusébe, et sur ses propres réponses dans le concile , où il s’est décelé lui-même, comme vous le verrez dans les actes que nous joignons à cette lettre. Il est temps que vous en +oyez instruit, puisqu'Eutychès, après une condamnation aussi juste et aussi régulière, loin de se réconcilier avec Dieu par la pénitence, loin de nous consoler dans la douleur que nous ressentons de sa perte, ne s’occupe qu’à r.:ttre le trouble c: la zizanie dans notre église et à soulever les puissances contre .'ie. Nous voyons, par vos lettres, qu'il a fait parvenir ses mensonges jusqu'aux oreilles de votrésainteté, à qui, dit-il avec impudence, il a interjeté appel lors de notre jugement.Que cette nouvelle imposture vous engage, très-saint Père, à repousser aver votre vigueur accoutumée , l'injure de l'Eglise et la nôtre. Faites votre propre cause de cette affaire ; affermissez la foi de l'empereur, et mettez le sceau de vos décrets à une condamnation très-canoniquement prononcée. On fait courir le bruit d’un plus grand concile: mais qu'est-il besoin d’un concile nouveau qui, dans les con'snctures présentes, peut troubler toutes le: églises ? Cette cause n’a plus besoin que du concours # votre suffrage et de votre autorité. Ce concile dont let: . : couroit en Orient, et que Flavien, avec les autres évêques orthodoxes, ne jugeoit nullement nécessaire en cette
* Conr. Calced. 1, part. c. 4.
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Apollinaire avoit deux s qu'il n'y s du Saumême conumain.Il a le l'évêque oùil s’est actes que a «oyez inissi juste et ar Ja péni- Jus ressen- : la zizanie ne. Nous onges juspuu=nce,
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rencontre, étoit néanmoins un concile œcuménique. Mais on étoit persuadé que le concile particulier de Constantinople confirmé par le pape, et reçu des autres églises, avoit un droit égal à la soumission du jugement de tous les fidèles. La lettre de Flavien , jointe aux actes de Constantinople, fit échouer l'entreprise de l’hérésiarque du eôté de l'Eglise romaine,
Mais il ne se rebuta point, Ge moine hypocrite, qui faisoit scrupule de mettre le pied hors du monastère, se tourna de tous les côtés ; et prenant, avec l'esprit de l'hérésie celui de la rusé et de l'intrigue, il s’avisa d'écrire à l'évêque de Ravenne, pour l’engager dans son parti. Cette ville étoit alors le siége de l’ancien empire. En gagnant l'évêque Pierre Chrysologue, outre que son mérite extraordinaire donnoit un grand éclat à sa secte, le novateur se flatta que la cour impériale d'Occident lui deviendroit par là plus favorable même que celle d'Orient. Maisle saint évêque étoit cncore plus humble et plus ferme dans la foi, que distingué par son rang et ses rares talents, Il répondit à Eutychès, qu'il n’avoit pu lire sa lettre sans un amer chagrin; que la loi de la prescription, prévalant dans les choses humaines par le laps de trente ansr, il étoit bien étrange qu’on fût en différend après tant de siècles, contre la loi divine, sur
la génération de Jésus-Christ ; qu’il ne pouvoit mieux ré-
pondre à sa confiance, qu'en le pressant de se soumettre aux enseignements du pontife romain, puisquele princedes apôtres qui gouverne le Siége apostolique y donne la vraie foi à ceux qui la cherchent ; que lui-même étoit le premier à faire ce qu’il conseilloit, et qu'il ne s'ingéroit jamais dans un pareil jugement, sans le consentement de l'évêque de Rome. Ce n’est pas là ce que demandoit l’hérésiarque: il réussit mieux auprès de Dioscore.
Une dissimulation de système plus que de caractère, et une suite bien combinée d'artifices avoient porté cet homme dangereux sur la chaire patriarcale d'Alexandrie : hypocrite tout différent d'Eutychès, et qui sans s’astreindre, comme ce suborneur austère, aux observances extérieures et pénibles de la vertu, avec une mondanité et un faste tout séculier, des mœurs
1 Conc. Cale. part. c. 15.
160 (An 449.) HISTO'RE
plus qu'équivoques, des injustice: criantes et de vraies concussions, se donnoit pour un saint, extorquoit jusqu'aux témoignages de l'estime et de la vénération par la terreur de son despotisme et par les manœuvres d’une foule de tyrans subalternes qu'attachoit àson sort le goût des mêmes vices et l’assurance de l'impunité: génie entreprenant , d’une obstination indomptable, d’une audace que n'arrêtoit pas la perspective des extrémités les plus funestes ; tel enfin qu'il le falloit pour donner de la célébrité aux rêveries d’un enthousiaste obscur, et pour en couvrir le ridicule. Celui-ci ne pouvoit mieux choisir son protecteur parmi tous les prélats; et déjà l’eunuque Chrysaphe connoissoit assez l’évêque d'Alexandrie, pour fonder sur lui les succès de ses mauvais desseins contre l'Eglise , ou plutôt contre la princesse Pulchérie : ce qui l'intéressoit bien autrement que toutes les affaires ecclésiastiques et que les idées creuses d'un faux dévot.
Pour empêcher qu'elle ne se réconciliât avec l’empereur, il s'efforça de la brouiller äe plus en plus avec l'impératrice : en quoi il ne réussit que trop bien. Il arriva de cette mésintelligence, et plus encore peut-être de la jalousie naturelle dont les femmes mêmes du plus grand mérite ne se préservent pas toujours, que Pulchérie traitant Eutychès en hérétique, Eudoxie se déclara ouvertement pour ce novateur. Chrysaphe qui connoissoit Dioscore, ne se donna pas la peine de prendre des détours dans ce qu’il avoit à lui proposert. Il lui écrivit ingénôment qu'il lui promettoit de le favoriser en toute occasion, s’il vouloit prendre la défense d'Eutychès et se déclarer contre Flavien. En même temps Eutychès référa son affaire à Dioscore , et le pria d'en connoître. Dioscore écrivit aussitôt à l’empereur qu'il falloit assembler un concile universel : ce qu'il obtint facilement, ayant pour lui le favori et l’impératrice.
Le concile fut convoqué pour le premier jour du mois d'août et l'ordre signiñé à Dioscore de choisir dix métropolitains de sa province, autant d'évêques capables de soutenir la foi, et de se rendre avec eux à Ephèse. On donna des ordres
1 Nicéphore. 1, x1v. c. 47.
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DF L'ÉGLISF, (Au 449.) ft aussi peu cânoniques pour les autres provinces , c'est-à-c:re qu'on u'admit pas généralement les prélats , à raison du caiac+ tère épiscopal qui. seul les constitue juges de la doctrine; mais sous certaines conditions ; ét moyennant certaines qualités dont l'examen donnoit liéu d’extlure tous ceux qu’on voudroit: Quant à ceux qu'of craignoit particulièrement à cause de leurs lumières et de leurs oppositions marquées à la nouvelle doctrine , tels que le célèbre Théodorét ; on eut là précaution de lés exclure nommément , sous le prétexte imposant qu'ils penchoient vérs l'hérésie des nestoriens, Sous le même pré: texte ; de peur, disoit-on, que les fauteurs de Nestorius ne cabalassént pour l'élection d'un président dé leur piarti ; l'empcreur nomiba Dioscoré, par un acte de pleirie autorité aussi irrégulier qu'injurieux au pape, à qui le droit de présider aux concilés généraux n'avoit jamais été contesté.
On ne pouvoit néanmoins se dissimuler que ce seroit un attentat de célébrér un concile œcuménique ä l'insu de l'évêque de Rome, et que dans ces conijonctures il falloit qu'il y donnât son consentement, On lui annonça donc la convocation, en le priant avec une déférence artificieusé de s'y trouver lui-même. La religion de Théodosé, dit à ce propos saint Léon dans’ son épitre au concile, lui faisant respecter l'institution divine; il a recouru à l'autorité du Siége : -«tolique pour l'exécution de son pieux dessein, comme :: it désiré apprendre la vérité de la propré bouc’ ‘à :: Mais le sage pontife n'eut garde de sortir de #:.: circonstances. Outre l'usage contraire ét les rais ñ son esprit péhétrant et juste lui laissoit entrevoir sa u autres inconvénients: Il'auroit voulu même empêcher ce fatal concile; et il fit tout son possible, mais inutilement, pour faire changer de résolution à l'ernpereur, au moins quant au lieu dé l'assemblée. Il crut enfin qu'il y auroït encore plus de danger à s'y opposer absolument; ét il envoya trois légats, Jule, évéquede l’ouzzoles, avec le prêtre Réné et le diacre Hilarus. Ce fut alors qu'il écrivit à Flavien de Constantinople cette épître admirable, que refusa même de lire ce faux concile, et qui
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‘Leon. Epist, x.
fut reçue ensuite du saint concile de Chalcédoine comme un oracle émané de la bouche même de Pierre, De bons auteurs citent des prodiges pour l’accréditer davantage , et ils prétendent que le prince des apôtres influa dans sa rédaction , autrement que par la protection spéciale dont il favorise l'Eglise romaine ; mais la seule inspection de ce divin monument suffit pour le faire apprécier autant qu'il le mérite.
Le saint pontife commence par faire remarquer l'ignorance et le peu de draiture d'Eutychès. Quelle intelligence des Ecritures, dit-il, peut-on supposer à cet étrange docteur, qui paroît ignorer les premiers articles du symbole? Ce qu'on fait confesser à tous ceux qui sont régénérés par le baptème, n'a pas encore été compris par cet imprudent vieillard, qui ne sait ni concevoir des pensées dignes de nos augustes mystères, ni écouter ceux quisont plus sages et plus doctes que lui. Ne semble-t-il pas que c’est de cet endurci quele Psalmiste disoit qu il avoit refusé d'entendre, pour se dispenser de bien agir? Et que lui eût-il fallu écouter? Rien autre chose que cette formule ordinaire, par laquelle les fidèles font profession de croire en Dieu le Père tout-puissant, et en Jésus-Christ son Fils unique Notre-Seigneur, né de la vierge Marie, par l’opération du Saint-Esprit. Confesser que le'l'out-Puissant est Père, c'est dire queson Fils lui est consubstantiel, ce même Fils qui est né de vierge, sans aucune lésion dela virginité, par l'opération pure et merveilleuse de l'Esprit saint, La génération temporelle n’a rien ajouté, ni rien Ôté à la génération éternelle, Mais ce fils engendré de toute éternité n'en a pas moins pris dans le temps notre nature, qu'il & ainsi rendue Ja sienne , en se rendant lui-même consubstantiel à nous. Sans quoi la domination de la mort et du péché, ou la puissance de Satan, n'auroit pu être détruite ; c'est-à-dire que la nature divine et la nature humaine ont été unies dans la personne de Jésus- Christ, afin que le même médiateur püt satisfaire en souffrant et en mourant, et demeurât cependant immortel et impassible, Après ce début, Léon établit sur l'Ecriture toutes ces vérités capitales qui font la substance et la base du christianisme ; il les développe, il les présente sous toutes leurs faces: il les manic avec tant d'aisance, de noblesse et d'exactitude, qu'on
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