‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 51 sur 146 · D UE · texte numérisé non relu

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curcir le soleil, de faire trembler la terre, de briser et les rochers et les cœurs endurcis au crime, et d’ouvrir aux scélérats contrits la porte du ciel. Depuis que le fils engendré avant tous les temps a reçu dans le temps une naissance nou velle, il existe un nouvel ordre de choses. Celui qui est invisible de sa nature, s'est rendu visible à la nôtre ; l'incompréhensible s'est mis à la portée de notre conception; le principe de tous les êtres a commencé d'être; le maître des choses qui sont et de celles qui ne sont pas encore, a pris la forme d’un esclave; l'infini s’est renfermé dans le corps d'un enfant; l’impassible s’est revêtu de membres souffrants, et l’auteur de la vie s'est rendu sujet à la mort.

Ainsi les choses opposées se trouvent-elles réunies; quoiqu’en Jésus-Christ il n'y ait qu’une personne , il ÿ reste constamment et sans nul mélange deux natures distinctes. Autre est celle qui lui fait dire : Le Père et moi ne sommes qu'une même chose; et celle qui lui fait dire aussi véritablement : Le Père est plus grand que moi. C'est à cause de cette unité de personne, qu'il est marqué, tant dans les Ecritures que dans les symboles,que le fils de l'homme est descendu du ciel, et que le Fils de Dieu a pris chair de la Vierge, qu'il a été crucifié et enseveli, quoiqu'il ne l'ait été que dans la nature humaine, Quand il conversoit sur la terre avec ses disciples, il demanda à ses apôtres ce qu'ils croyoient du fils de l'homme, c'est-à-dire, de lui-même, qu'ils voyoient revêtu d'une chair mortelle, Pierre prenant la parole, lui dit qu'il étoit le Christ, Fils du Dieu vivant, le reconnoissant Dieu et homme tout à la fois. Après sa résurrection, il fit remarquer, par les vestiges de ses plaies, que son corps étoit réel, sensible, palpable; et en même temps il entra, les portes fermées, dans l'endroit où se eachoient ses disciples, leur donna le Saint-Esprit , l'intelligence des Ecritures, le don des miracles, et il montra ainsi dans sa personne les deux natures unieset distinctes. Sur quoi donc est appuyé celui qui ne veut pas que le Fils de Dieu ait véritablement notre nature? Qu'il tremble, le téméraire Eutychès, à ces paroles de saint Jean : Z'out esprit qui confesse que Jésus-Christ est venu dans la chair , est de Dieu; et tout esprit qui divise Jésus-Christ, n'est pas de Dieu: maïs un antechrist.

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t Îles Or qu'est-ce que diviser Jésus-Christ, si ce n’esten retranscÉlé- cher la nature humaine? Cette erreur ruineuse anéantit la endré passion du Sauveur et la vertu de sonsang. nou Saint Léon termine enfin son épitre, en relevant ce qui invis | avoit échappé aux évêques assemblés à Constontinople pour mpré- juger Eutychès. Le novateur avoit répondu à leurs interrogaincipe tions, qu'il reconnoissoit deux natures en Jésus-Christ avant es qui | l'union et une seule après. Cette seconde impiété avoit tellee d’un ment attiré l'attention des Pères, qu'ils n’avoient rien prononcé : l'im- contre la première. Je m'étonne, leur dit à ce sujet le savant de la pontife, que vous n'ayez pas condamné un pareil blasplême ; puisqu'il n’y a pas moins d'impiété à dire, que le Fils de Dieu quoi- éloit de deux natures avant l'incarnation que de soutenir qu’a- À e con- près l'incarnation if n’en a plus qu'une. Ne manquez donc pas Ph Autre de lui faire rétracter cette erreur, s’il vient à se convertir : en À À qu'une ce cas néanmoins, usez avec lui de toute sorte d'indulgence. wi] ment : La foi n'est jamais mieux vengée, que quand l'erreur est “A e unité condamnée par ses propres auteurs. Telle est la doctrine de he es que l'épître à Flavien, assez fameuse et assez éloquente, pour 14 lu ciel, qu'on lise avec plaisir ce que nous en avons rapporté. Hd il a été Elle étoit destinée à être lue dans le concile, comme ur té- 1e nature moignage de la foi de l'Eglise romaine ; ce qui n'empêcha point 1 sciples, que le pape n'instruisit particulièrement ses légats , ainsi que nt omme, Julien, évêque de l'île de Cos dans l'Archipe!. chargé à Con- KR e chair stantinople des affaires de l'Eglise romaine. H lui en écrivit ii Christ, | directement :, et n'omit rien pour le mettre parfaitement au 3h ut à la fait des questions agrtées, Ici le savant pontife revint encore à La iges de ce qu'Eutychès avoit avancé impunément jusque là, touchant au | et en les deux natur:s du Fils de Dieu avant l'incarnation. Il craignoit a t où se que le sectaire n’imaginât que l'ame du Sauveur avoit préexisté (Ai intelli- dans le ciel, avant d’être unie au Verbe dans le sein de la dù a ainsi Vierge; ce qui est contre la foi, dit le pontife, et retombe r quoi dans l'opinion condamnée d'Origène, que les âmes ont existé ‘® Dieu ait et agi avant d'animer les corps. On peut observer en passant, Un , Euty- combien la doctrine fut saine de tout temps dans l'Eglise ro- 4

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166 (AN 449.) HISTOIRE s'éloit eclaircie depuis les commencements de saint Augustin, qui avant son épiscopat l’avoit crue soutenable,

La doctrine de saint Léon n'étoit pas seulement exacte et profonde, il savoit encore la rendre sensible et la mettre à la portée de tous les esprits. C’est ainsi qu'il explique , par ce qui se passe dans les hommes, l'union hypostatique qui se fait des natures en Jésus-Christ sans anéantissement d'aucune des substances unies. Après avoir dit à Juhen de Cos, que le Verbe ne s’est pas changé en chair par l’incarnation, ni la chair en Verbe, il ajoute : Que le Verbe, avec la chair et l'âme humaine, fasse un seul Jésns-Christ ; c'est ce que nous croyons a autant plus facilement, qu'en chaque homme la chair et l’âme, qui sont de natures dissemblables, font une seule personne.

Le sage pontife écrivit à plusieurs autres personnages relativement au prochain concile, mais il n’en ménagea aucun avec plus de circonspection que le foible Théodose, à qui même il se mit en devoir de faire agréer ses excuses sur ce qu'il ne se rendoit pas en personne à Ephèse, et qu'il n’y assistoit que par ses légats. Il païoît par cet endroit de la lettre, que le pape ignoroit encore la nomination de Dioscore à la présidence du concile, ou qu'il se promettoit au moins que, malgré cette nomination illégitime, on ne manqueroit pas de déférer cet honneur aux légats apostoliques. Mais tout fut aussi irrégulier dans ce concile, que la manière d'y présider. L'objet pour lequel on l'assembloit, savoir les questions de foi, n'y fut pas traité; on ne prit pas le témoignage des évêques sur la doctrine reçue dans leurs églises ; on n'eut pas plus d'égard pour le chef de l'Eglise universelle ; on ne daigna pas seulement lire les lettres pontificales, d’un si grand poids dans le concile précédent, et que nous verrons bientôt celui de Chalcédoine recevoir avec tant de vénération. Dans la célébration même, tout ne respira que la confusion, l'emportement et la violence ; eu sorte que ce conciliabule parut unc assemblée de brigands plutôt que d'évêques. Aussi n’a-t-on cru pouvoir en donner une idée plus juste, qu'en le nomment le brigandage d'Ephèse,

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DE L'ÉGLISE. (An 449.) 167 8 assembla le 8 du même mois. Cent trente évêques d'Orient s'y trouvèrent avec Diascore, président sans autre mission que celle de l'empereur. On voulut bien toutefois accorder le second rang à celui des légats romains qui étoit évêque : mais tous trois refusèrent d'y prendre place. On admit ensuite Juvénal de Jérusalem, Domnus d'Antioche, et Flavien de Constantinople, qui n’étoit ainsi qu'au cinquième lieu, le rang du patriarche de Constantinople n'étant pas encore bien établi, et la faction eutychienne nullement disposée à le favoriser. Les abbés de Constantinople, contraires aux nouvelles erreurs ne furent point admis, mais on en fit venir l’archimandrite ou chef des monastères de la Syrie, nommé Barsumas dévoué aveuglément à Dioscore, et digne client d’un pareil patron. Son caractère naturellement emporté, et l'habitude d’une vie sauvage plutôt que solitaire, avoient dégénéré en cette sorte de férocité que produit la séparation du commerce des hommes, quand elle n'est pas accompagnée d'une vraie piété : il avoit avec lui des troupes nombreuses de moines également faroucht®, gens asservis à ses caprices et prêts à tout oser, sans que la crainte de Dieu Jeur imprimât plus de retenue que le respect des hommes.

Eutychès vint lui-même à Ephèse. Son grand âge, ses infirmités, et le vœu de stabilité dans son monastère de Constantinople ne furent plus un obstacle pour ce fourbe inconséquent; parce qu'il se sentoit appuyé non-seulement de Dioscore , mais des officiers impériaux, que Chrysaphe avoit eu soin de bien choisir et de bien instruire. En effet, on l'accueillit favorablement ; on l'écouta autant qu'il voulut, et l'on refusa d'admettre Eusèbe de Dorylée, son accusateur. Le novaleur présenta par écrit sa profession de foi, qui n'étoit autre chose qu'une déclaration, par laquelle il se soumettoit aux décrets de Nicée et à ceux du premier concile d'Ephèse, anathématisoit vaguement les erreurs de Manès, de Valentin, d'Apollinaire et de Nestorius : après quoi il accusoit Eusèbe de calomnie, et le patriarche Flavien d'injustice et d'irrégularité dans son jugement.

Les évêques bien intentionnés représentèrent qu'on étoit assemblé pour traiter de la foi : Dioscore soutint que dans le

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