‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 52 sur 146 · PF CT · texte numérisé non relu

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décret de l'empereur il n'étoit question que du différend entre Flavien et Eutychès; et la plupart des notaires, osant 5e rendre coupables de faux, écrivirent que les évêques avoient acquiescé à la proposition de Dioscore, de ne point traiter de la foi, dans la crainte de ricn innover. On garda si peu de mesures, que ces faussaires se jetèrent sur les notaires de l’évêque d'Ephèse, qui, avec quelques autres , ne s’étoient pas Jaissé corrompre : ils effacèrent ce que ceux-ci avoient déjà écrit, et leur arrachèrent leurs registres avec une violence brutale. L'avis qu'ouvrirent plusieurs évêques de lire la lettre du pape à Flavien, ne fut pas mieux accueilli : et quoique Dioscore, au commencement du concile, où les choses n’éloient pas encore portées au dernier excès, eût promis avec serment de la faire lire, il trouva toujours le moyen d’éluder cet engagement.

Enfin on déclara Eutychès innocent, on le rétablit dans la communion ecclésiastique et dans la supériorité de son monastère, Dioscore dit anathème à l'évêque de Dorylée, puis au patriarche de Constantinople; en tombant en contradiction avec lui-même, après avoir fait statuer, le moment précédent, qu'on ne traiteroit point de la foi, il demanda si c’étoit une proposition tolérable que d'attribuer deux natures à Jésus- Christ après l'union. T ous les évêques qui luiétoient attachés, s'écrièrent : Que celui qui parlera de la sorte, soit anathème. Onésiphore d'Icône, avec quelques autres, se jetèrent à ses pieds, en le conjurant de bien penser à ce qu'il faisoit. Il s’avança sur les degrés de son tribunal, et dit avec emportement, que quand on devroit lui couper Ja langue, il ne prononceroit jamais rien autre chose. Alors différents évêques se mirent en devoir de faire des protestations.

Aussitôt il proféra ces mots : Où sont les comtes P À ce cri de guerre, on vit entrer et se répandre de toute part une multitude de gens armés ; d’autres portoient des fouets, des chaînes et des bâtons. Les moindres menaces étvient celles de la déposition et du bannissement pour quiccaque refuseroit de souscrire, Plus furieux queles soldats, les moines d'Eutychès et du féroce Barsumas crioient à pleine voix : Que l'on coupe en deux celui qui divise le Christ en deux natures ; qu'on brâle tout vif

de faux pasteur, le loup de Dorytée.

nd entre On ferma les portes. Tout le monde frissonnoit d'efiroi osant àc dans l'attente de ce qui devoit arriver. La plupart des évêques " avoient signèrent lchement, entr'autres Domnus d'Antioche, qui vé- ki raiter de rifia ainsi le présage ou plutôt la prophétie desaint Euthymius. : | peu de Juvénal de Jérusalem, Etienne d'Ephèse, Thalassins de Cé- sil s de l’é- sarée donnèrent le même scandale, en abhorrant de même Fe ient pas l'impiété dans le fond de leur cœur. Le patriarche Domnus se 4 ; ent déjà rétracta aussitôt, et fut déposé. On ne parle plus de lui depuis ‘ nce bru- f cet événement ; mais on croit qu'il retourna an monastère de Lo lettre du | saint Euthymius, et qu'il y termina peu après sa carrière. On ul ae Dios- | mit en prison Eusèbe et Flavien. Ceux qui leur demeurèrent fee ient pas unis, furent envoyés en exil. Il y en eut quelques autres de pr nt de la déposés ; savoir, Ibas d'Edesse en Mésopotamie, son neveu j gement. Daniel de Carres, Aquilin de Biblis, Savinien de Perre, ct RS t dans la Théodoret, quoiqu'absent. ne on mo- Au milieu de cette confusion et de la défection presque uni- cit puis au verselle de ces lâches pasteurs, on ne laissa pas de voir quel- AE adiction ques dignes évêques, même parmi les Egyptiens. On entendit Ne cédent , quelques-uns d'entr'eux s’écrier : Que craint donc le vrai bc toit une fidèle ? Le martyre a-t-il rien d'horrible pour lui ? qu’on pré- 1 Jésus- pare les feux et les tortures, et l'on verra ce que nous pouvons "el tachés, en celui qui nous fortifie. Les légats refusèrent constamment is athème. de souscrire ; et le diacre Hilarus ayant tronvé moyen de s’é- Su tàses | vader, se rendit en Italie par des chemins détournés. Le pa- 3 . Il s’a- | triarche Flavien dit qu’il en appeloit à l'évêque de Rome, et LE . ement, fut envoyé en exil à Hypèpe en Lydie; mais auparavant il fut d inceroit si cruellement battu, principalement par Barsumas et ses Ÿ rent en | moines, et selon quelques auteurs, il reçut de Dioscore même 1 tant de conps de pied dans l'estomac, qu'il raourut au bout à,

À ce cri de quelques jours ; acquérant ainsi la couronne du martyre, e mul- non par la main des idolâtres, mais par celles d'un évêque et haînes ‘ d'un abbé qui se donnoient pour les défenseurs de la foi,

dépo- Cependant le pape Léon étoit fort inquiet sur ce qui se pas- de

le sou- soit ans ce malheureux concile, auquel il n’avoit consenti que er: À ès et du ne malgré lui. Il fut bientôt confirmé dans ses pressentiments par 4 n deux $ "le retour de son archidiacre Hilarus, qui arriva heureusement * out vif ï à Rome sur la fin de septembre. Comme on y tenoit tous les x ar 0

aus un concile au commencement d'octobre, on y délibéra

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sur les moyens d'arrêter les progrès du scandale en Orient. Oa écrivit de toute part pour ranimer le zèle dans un si grand besoin, et pour consoler les prélats opprimés. L'empereur T'héodose continuant à ne voir que par les yeux de son eunuque, et ayant déjà autorisé par édit le conciliabule, l’intrépide Léon lui manda ncttement1, que le mystère de la foi chrétienne venoit d’être sacrilégement profaré à Ephèse ; qu'il le conjuroit d'employer tout son pouvoir à réparer un si énorme scandale, au moins de tout laisser en état jusqu'à l'assemblée d’un nouveau concile de tous les évêques du monde, En attendant, il rassembla ce qu'il put d'évêques à Rome, annula avec eux tout ce qui s’étoit fait quant aux objets de religion, et pria le prince de révoquer son édit.

Ges remontrances n'attirèrent qu'une réponse également froide et honnête. Ses représentations que l’empereur Valentinien fit de son côté , ne furent guère plus efficaces. Il étoit venu de Ravenne à Rome, pour la fête de saint Pierre , avec les impératrices sa mère et sa femme, Au milieu de la solennité , comme ils étoient à l’église, le pape se présente à eux, en se détachant de l'autel, avec un nombreux cortége d'évêques qui avoient coutume de se rendre à Rome pour cette cérémonie. Il peint vivement le crime et le malheur d’'Ephèse, conjure les larmes aux yeux ces personnes augustes d’écarterl'orage où l'Eglise se trouve exposée, de faire concevoir un juste effroi de ce péril à l'empereur d'Orient, et de lui faire sentir, vu l'état présent des choses , ia nécessité d’assembler un concile général en Italie. Valentinien écrivit aussitôt à Théodose:, le pria en propres termes demaintenir ladignité de saint Pierre ct l’ancienne primauté de l’évêque de Rome sur toutes les églises, pour juger de la foi et des évêques. C'est, dit-il, en conséquence de cette prérogative , reconnue dans les plus célébres conciles, que l'évêque de Constantinople vient d'appeler au pontife romain, Je vous prie donc de trouver bon que les évêques de toutes les régions s'assemblent en Italie, et que le pape prenant connoissance de toute la cause de Dioscore ct d’Eutychès depuis son origine, il en porte un jugement con-

1 Epist. 25. — 2 Tom. 1, Conc. act C, Cale.

Orient.

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alement Valen- Il étoit e, avec ennité , , ense ues qui monic. jure les rage où e effroi tir, vu concile dose, | Pierre tes les -1l, en 15 célé ppeler que les

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DE L'ÉGLISE. (An 450. ) 191 forme à l'équité et à la foi. On trouve encore dans cette lettre, tout pieux qu'en est l'objet , un reste indécent de la superstition païenne, dans le titre de divinité accordé à l’empereur d'Orient par celui d'Occident, quoique le sens de cette expression fat déjà bien différent de ce qu'il avoit été. Les deux impératrices appuyèrent fortement la lettre de Valentinien, en écrivant chacune de son côté:.

Toutes cessollicitetions eussent été vraisemblablement sans effet, si la Providence, pour le bien de son Eglise, n’eût enfin dépouillé Chrysaphe de la confiance et de la faveur impériale, dont il faisoit un si pernicieux usage2. Il fut recherché sur ses concussions et ses violences, trop publiques pour être plus long-temps dissimulées, ettrop criantes pour n'être pas punies ; d'autant mieux que le poids de la fortune, que cet homme né pour un tout autre sort ne pouvoit plus porter, devenoit aussi fort à charge à celui qui en étoit l’auteur, Il . it condamné à l'exil, et bientôt après à la mort.

Quand l’empereur fut revenu à lui-même et à son bon naturel , il rendit son amitié à sa sœur Pulchérie, avec les démonstrations les plus touchantes et bien des regrets du passé. Il l’associa tout de nouveau à l'empire, et lui laissa tout pouvoir de remédier aux maux de la religion. Aussitôt ils prirent de concert de sages mesures pour la convocation du concile que le pape souhaitoit. T'héodose écrivit lui-même au pontife, pour le prier d’appic::7er l'élection d'Anatolius, quoiqu’ordonné par Dioscore po:r le siége de Constantinople : ce que le prudent por’ ie crut ne pas devoir refuser, toutefois après s'être assuré s dispositions d'Anai«lius, autant qu'il convenoit pour le successeur de Flavien, martyr de la foi, et pour le protégé de Dioscore.

Théodose ne res at point la réponse de sa lettre au pape, étant mort auparavani d'une manière que le public ne manqua point de prendre pour le châtiment de sa funeste indulgence envers deux hérésiarques. Il se promenoit tranquillement près de la ville, lorsque son rheval l'emporta tout à coup : il tomba, et fut relevé sux-le-champ ; mais il avoit les vertèbres rompues, et il mourut la nuit suivante.

1 Marcel. Chron, an. 450. —2 Nicephor. 1. x1v, c. 49.

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1l étoit àgé de quarante-neuf ans, dont ii avoit régné quarante-un : terme long pour un prince qui ne sut, ni se condire, ni choisir ses conducteurs. La pieuse Pulchérie, depuis le renouvellement de sa faveur, ne prit pas moins de soin de la conscience de son frère que de ses états. On observa que si autrefois il avoit fait autant de prières et d'’aumônes, jamais il ne fut si attentif que dans ces derniers temps de sa vie, à la sanctifier par des œuvres dignes d’un prince solidement chrétien. Heureux surtout alors d’avoir écouté Pulchérie , et d’avoir ainsi expié, comme il est à présumer, des fautes que la sphère médiocre de son génie peut bien diminuer, mais que son inapplication ne permei pas d'excuser totalement ! Cest de Théodose le Jeune que le code théodosien prend sa dénomination ; non que ce prince ail fait toutes les lois qui y sont contenues, mais parce que ce recueil des constitutions des empereurs .chrétiens fut composé par son ordre. Les lois qui regardent la religion sont rapportées dans les derniers livres.

L'impératrice Eudoxie, veuve de Fhéodose, quitta la cour à la mort de son époux, et seretira à Jérusalem, Elle y sanctifia ses dernières années par la retraite et l'exercice continuel des vertus, après y avoir recouvré la vraie foi, sans laquelle, selon saint Augustin, il arrive à peine qu'elles en soient autre chose que l'apparence et le fantôme, Ses entretiens avec les plus parfaits solitaires, particulièrement avec saint Siméon Stylite et saint Euthymius, la rapprochèrent insensiblement des principes de l’ancienne croyance, et lui firent abjurer les nouveautés d'Eutychès assez long-temps avant sa mort, pour avoir tout le mérite de cette résolution généreuse, Elle s’étoit sincèrement réconciliée avec l’impératrice sa belle-sœur, à qui elle envoya une image de la Vierge, qui passoit pour avoir été peinte par saint Luc.

Pulchérie, demeurant ainsi la senle maîtresse de l'Orient, fitélire Marcien empereur, et pour le revêtir d’une splendeur nécessaire au bien de l'empire, elle l’épousa , mais à condition qu'elle demeureroit vierge. Il n’y avoit rien en cela qui fût contraire, du moins aux règles de la prudence chrétienne ; la

1 Miarcel, Chron, an. 450. — ? Evang. v. c. 21 et 22, Niceph. xv, 55.

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voit régné ni se COnie, depuis le soin de Serva que es, jamais a vie, à la ent chréhérie, et tes que la mais que ent ! Cest 1 sa dénoqui y sont nations des 8 lois qui slivres.

iia la cour ÿ sanctifia tinuel des elle, selon tre chose plus par- Stylite et principes ouveautés pir tout le

l'Orient, splendeur ondition a qui fût ienne ; la

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