WEST MAIN STRBET WEBSTER, NY
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tit que pour venir au concile, qui le rétablit dans son siége.
1l étoit question de célébrer ce concile avec une solennité capable de remédier au scandale de celui d’Ephèse ; mais 1l ne s’agissoit pas, ainsi que s’en exprima le docte Léon en écrivant à l'empereur Martien:, d'examiner de nouveau le mystère du salut, comme si l’on pouvoit encore douter de ce qu'on devoit croire. Il ne reste plus autre chose à faire, ajoutoit-il, que de considérer à qui et comment on doit pardonner, parmi ceux qui reconnoissent leur faute. Le pontife représenta aussi que, dans l'agitation où se trouvoit l'Occident, plus exposé que jamais à la fureur des Barbares, et principalement des Huns, les plus féroces de tous, il étoit à souhaiter qu'on pôt différer le concile, parce que les évêques d'Occident ne pouvoient s'y rendre, tandis que leur absence pouvoit être si dangereuse pour les églises menacées d'un pareil fléau.
L'empereur crut qu'on ne pouvoit retarder , sans des inconvénients plus grands encore. Outre les motifs de religion, sa politique éclairée le pressoit, avant toute chose, d'étouffer la fermentation etles troubles ,quine commencent le plussouvent dans l'Eglise que pour agiter plus violemment ensuiteles états. Mais il ne fit rien qu'avec les plus grands égards pour l'autorité sacrée du pontife. Avant même de procéder à la convocation, il écrivit au pape de lui marquer s'ilne pouvoit pas venir en personne au concile , afin qu'on indiquât sans délai le lieu de l'assemblée aux évêques de l'Orient, de la Thraceet de l'Illyrie et qu'ainsi réunis ils pussent efficacement pourvoir au bien de la religion et de la foi orthodoxe, selon ce que sa Sainteté auroit défini conformément aux règles ecclésiastiques.
Léon , dans sa réponse, exhorta l'empereur à signaler toujours le même zèle pour la conservation de la foi , et à protéger les légats qu'il envoyoit pour tenir sa place. I] écrivit en même temps aux Pères du concile, quoique le lieu n'en fût pas encore fixé. La lettre étoit conçue en ces termes2: « J'eusse ardemment souhaité, mes très-chers Frères, pour l'honneur du sacerdoce, que ses membres divers soutinssent la vraie foi avec une constance uniforme, et que ni la terreu , ni la faveur
9 Epiot. 41. — 2 Epist, 47
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des puissances du siècle n'en détournât aucun du chemin de la vérité. Mais puisque la divine miséricorde est plus grande que nos fautes , et que le Seigneur suspend sa vengeance pour donner lieu à nos repentirs , il nous faut seconder lc dessein du religieux empereur qui veut nous rassembler , pour renverser les piéges de Satan et rétablir la paix de l'Eglise, cn conservant les prérogatives d'honneur et de puissance du bienheureux apôtre Simon-Pierre. Il m'a invité à venir moimême au concile ; ce que ne permettroit pas le malheur des temps, quand d'ailleurs tel seroit l'usage. Pensez toutefois que dans la personne de nos frères Paschasin et Lucence évêques, Boniface et Basile prêtres, tous quatre députés du Siége apostolique, je préside véritablement à votre concile, et que vous ne pouvez me regarder comme absent, moi qui suis présent dans mes vicaires, et depuis plus long-temps encore par mes lettres et ma persévérance à publier la vérité orthodoxe ; de manière qu'il ne vous est pas possible d'ignorer ce que l’ancienne tradition a transmis à notre Eglise. »
Ici il les rappelle à la confession de foi contenue dans son épître à Flavien, suffisante, dit-il, pour confondre tant l’impiété nestorienne que celle d'Eutychès. Il leur recommande ensuite d'user d'indulgence, et de ne priver, ni de leurs places ni d'aucun rang d'honneur, ceux qui abandonneront les nouveautés, sauf néanmoins les droits des orthodoxes que les novateurs auroïient envahis, et qu'il est bien plus convenable de restituer suivant Îles règles de l'équité, que de céder par un excès de condescendance. Il joignit aux autres légats, Julien de Cos, que des critiques, très-estimables d’ailleurs, ont confondu mal à propos avec Jule de Pouzoles qui avoit assisté au conciliabule d'Ephèse:. Mais nous ne voyons pas qu'il ait eu part à la présidence, soit parce qu'il n'étoit pas nommé dans a lettre du pape au concile, soit qu'étant soumis, en sa qualité d’évêque LA l'Hellespont, au patriarche de Constantinople, celui-ci avoit eu peine à le voir siéger avant lui. On ne trouve pas non plus que le prêtre Basile ait réellement présidé, sans qu'on puisse en rendre de raison.
1 Pag. ad an. 451, num. 3,
L'empereur avoit d'abord marqué pour le lieu du concile la ville de Nicée, si respectable depuis la proscription de l’aianisme sous le grand Constantin ; mais il choisit ensuite Chalcédoine, parce qu'il vouloit y assistér, et qu’il craignoit de s'éloigner du centre des affaires dans un temps où les Huns menaçoient la Thrace. Chalcédoine étoit comme un faubourg de Constantinople, que le Bosphore seulement en séparoit. L’abondance y régnoit comme das la capitale ; l'air ÿ étoit fort sain, et l’on y trouvoit les agréments avec les commodités de la vie. Hors de la ville, assez près de la mer, c’est-à-dire, à deux ceht cinquante pas du détroit, s'élevoit la superbe église de sainte Euphémie, sur une pente doute, âu milieu d’une contrée fertile’. D'un côté se présentoit le rivage couvert de prairies, de moissons et d'arbres fruitiers de toutes les sortes ; de l’autre, un vaste amphithéâtre de collinés richément diversifiées et couronnées de forêts ; en face, le spectacle magnifique de Ja ville impériale. L'église, avet ses dépendances, étoit d'une inmense grandeut. On eñtroit d'abord dans un vaste péristile, où dans une très-grande cout entourée d'une belle colonnade ; de là dans la basilique, presque aussi grande que la cour et ornée de colonnes beaucoup plus riches ; enfin dans un dôme, porté ou plutôt suspendu sur peu de piliers d'une délicatesse et d'une hauteur prodigieuse ; et qui ne laissoient pas de porter encore, dans ton" -ircuit intérieur, une galerie toute à jout, d’où l'on pouvoï endre commodément l'office. Sous le dôme, à l'Orient , étoit le tombeau de l’illustre martyr, sans cesse fréquenté par ie concours du peuple et des grands, qu'attiroit une infinité de miracles.
Ce fut en ce temple auguste, si convenable pour une assemblée sainte et nombreuse, que le concile de Chalcédoine se célébra, et tint sa première session, dès le huitième jour d'octobre de l'an 451. Pour imprimer le respect et maintenir le bon ordre, il s'ÿ trouva dix-neuf des premièrs seigneurs de l'empire. Les évêques nommés dans les actes sont au nombre de trois cent soixante ; d'abord les légats du pape, Paschasin et Lucence, avec le prêtre Boniface; ensuite Anatolius de
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DE L'ÉGLISE. (An 451.) 179 Constintinople ; Dioscore d'Alexandrie, le successeur de Domnus Maxime d’Antioché, et Juvénal de Jérusalem. Mais voici l’ordre entier de l'assemblée:. Les seigneurs envoyés par l'empereur étoient au milieu, devant la balustrade de l'autel, près de laquelle il y avoit deux siéges préparés, l'an pour l'empereur; et l’autre pour l'impératrice. À la gauche, place d'Honneur dans les conciles, étoient les légats du pape, puis le patriarche de Constantinople, celui d'Antioche, les métropulitains et les autres évêques du Levant, du Pont, de l'Asie» Mineure et de la Thrace. À la droite, Dioscore d'Alexandrie, Juvénal de Jérusalem, Quintilien d'Héraclée tenant la placé d'Anastase de Thessalonique, et les autres évêques d'Illyrie, d'Egypte et de Palestine; Ainsi les partisans d'Eutychès se
trouvoient-ils placés au côte le moins honorable. L'Evangile
étoit, comme au saint concile d'Ephése, sur un trône au milieu de l'assemblée; -
Le légat Paschasin parla lé premier ; et réquit dé la part du
pape, qu'il nomme chef de toutes les églises, d'empêcher Dioscore de s'asseoir dans le concile; puisqu'il s'agissoit de le juger. Les commissaires de l'empereur demandèrént ce qu'on avoit à lui reprocher, Il a üsurpé, répondit Lucence, second évêque légat, l'autorité judiciaire dans l'Eglise, et il a osé tenie un concile œcurménique, sans l'autorité du saint Siége ; ce qui est un attentat et un scandale sans exemple. Le superbe Dio+ score fut obligé de quitter sa place, et s'assit au milieu de l'assemblée. Aussitôt Eusèbe, évêque de Dorylée, Athanase, prêtre d'Alexandric et neveu de saint Cyrille, et quelques au« tres produisirent contre Dioscore plusieurs chefs d'accusation, avec les actes du faux coricile d'Ephèse. Diostore paya d'effronterie, n'épargna ni inventions ni mensonges, pas même les plus dépourvus de vraisemblance; et comme il avoit affaire à d’habiles antagonistes qui forçoient l’imposture dans tous ses retranchements, il fut réduit à prétexter qu'il n'avoit rien fait que de l'avis des évêques. À ce propos mille cris s'élevèérent à Ja fois du côté des Orientaux, qui lui reprochèrent ses violences et l’indignité de toutes ses manwuvres : l'appelèrent
1 Act.t, p: 94.
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