‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 58 sur 146 · FI · texte numérisé non relu

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évèque par Eusèbe de Péluse et Pierre de Majume, deux des quatre ou cinq évêques condamnés à l'exil, et réduits, par leur révolte contre l'Eglise et ses premiers prélats, à faire la cour à un moine séditieux. Il restoit ur obstacle à sa faction, dans la personne de l’évêque Protère, qui chercha inutilement sa sûreté dans le baptistère.

Ni la sainteté du lieu, ni celle du jour, qui étoit le vendredi saint, ne le préserva de leur fureur. Sans égard à sa vertu, ni à sa vieillesse vénérable et à ses cheveux blancs, ils le percèrent de plusieurs coups d'épée, comme il étoit en prière. Leur emportement ne se borna pas même à la mort : son corps fut attaché à une corde, et suspendu publiquement à la vue du peuple, avec des huées et des insultes barbares. Ensuite on le traîna par toute la ville, et on le déchira de mille coups, jusqu’à ce qu'il fût en lambeau. Quelques-uns poussèrent la rage jusqu’à goûter de son sang. On brüla le reste de ses membres, et l’on en jeta les cendres au vent. Plusieurs catholiques furent martyrisés avec leur saint évêque.

Timothée Ôôta le nom de Protère des sacrés dyptiques, y mit le sien après celui de Dioscore, pilla les biens du martyr et de sa famille. Pour ceux de l’église, il en disposoit à sa fantaisie, les prodiguant aux factieux et à ses proches, sans penser seulement aux pauvres. Il anathématisa le concile de Chalcédoine et tous les fidèles qui le révéroient, nommément le pape et les évêques des grands siéges. Dans le petit nombre des évêques de sa faction, il choisit les plus emportés, et les envoya dans toutes les villes de la province, pour persécuter les prélats catholiques et leur clergé. On chassa les plus respectables pasteurs, de vénérables vieillards, ordonnés du temps de saint Cyrille et plus anciennement encore, puis on institua des hérétiques en leur place. Les orthodoxes étoient également recherchés dans les monastères, soit d'hommes, soit de filles, où l’on s'étudioit surtout à ne laisser que des prêtres hérétiques ; en sorte que les ecclésiastiques soumis aux décisions de la foi, étoient généralement réduits à la fuite ou à se tenir exactement cachés.

5 Viet. Chron, p. 899.

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DE L'ÉGLISE. (An. 457.) 209 Malgré tant d'excès, l'empereur Léon restois vs l’inaction et dans une sorte d'’indécision sur ce qu'il devoit penser de ces factieux. Ils avoient envoyé à Constantinople des requêtes, où ils représentoient que le peuple et les magistrats d'Alexandrie ne vouloient point d'autre évêque que Timothée. Quant à la foi, ils faisoient profession de celle de Nicée et d'Ephèse, ne disoient mot du concile de Constantinople, et blâmoient insolemment celui de Chalcédoine, avec le pape Léon qui le révéroit, et tous les évêques d'Orient qui l'avoient tenu. Après quoi ils ajoutoient, que, sans y avoir égard, il en falloit assembler un autre et examiner la foi tout de nouveau. L’empereur abandonné à ces vaines appréhensions qui engagent souvent un politique foible et borné dans les plus dangereuses démarches, proposa au patriarche de Constantinople d'assembler son clergé, avec tous les évêques qui se trouvoient dans la capitale, pour donner leur avis, tant sur l'ordination de Timothée que sur les décrets de Chalcédoine. Il écrivit dans le même goût au souverain pontife, qu'il pressoit de venir à Constantinople; à Basile d'Antioche ; successeur de Maxime; à Juvénal de Jérusalem : à une multitade de métropolitains et d'évêques des siéges considérables, au nombre d'environ soixante. ]] auroit même songé à faire célébrer tout de nouveau un concile œcuménique, si, après les dépenses du dernier et tant d’autres inconvénients , la chose eût été praticable. - Le pape répondit à l’empereur! , ainsi que l’avoit déjà fait un concile de quarante évêques assemblés à Constantinople, que ce seroit un attentat d'examiner de nouveau les décisions d'un concile général, lesquelles, étant dictées par le Saint- Esprit, sont infaillibles et irréformables ; que , loin de remettre en question ce qui étoit décidé , il ne falloit penser qu’à y soumettre les indociles; que si l’on renouveloit ainsi les disputes au gré des hérétiques, les troubles de l'Eglise n’auroient plus de fin, et que cette coupable condescendance ne pouvoit que les augmenter. I l'exhortoit enfin à chasser bien vite le moine Timothée du siége d'Alexandrie, qu'il avoit usurpé si indignement : il le faisoit souvenir que tei étoit le vœu de presque

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