‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 59 sur 146 · FRE · texte numérisé non relu

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210 (AN 458.) HISTOIRE tous les évêques d'Egypte, qui l'avoient certifié par leurs lettres, et plusieurs de vive voix , à Constantinople même, où ils s'éloient réfugiés depuis les violences de l'usurpateur, tandis que les évêques schismatiques n’avoient osé signer leur requête, de peur de laisser apercevoir leur petit nombre. Cette sage fermeté du pontife fit qu'on ne pensa plus à célébrer un nouveau concile. Mais les eutychiens, en perdant toute espérance de ce côté-là, demandèrent qu’on leur accordât au moins une conférence où ils pussent proposer leurs difficultés. Saint Léon ne fut pas moins inflexible contre cette nouvelle tentative. Ceseroit toujours anéantir l'autorité du concile de Chalcédoine, répondit-ilt, que d'accéder à cette demande artificieuse d'inquiets sectaires; qu'on n'espère jamais m'amener là. En cherchant à disputer de nouveau sur la foi, ils voudroient faire croire que jusqu'ici il n’y a rien d'arrêté làdessus : le piége est trop grossier ; Léon n’y donnera jamais. L'empereur consulta ensuite les solitaires les plus révérés de l'Orient , tels que saint Siméon Stylite, saint Jacques le Syrien et saint Baradat. La manière de vivre de ces deux derniers n’est guère moins surprenante que celle de Siméon; et si ces merveilles n’étoient également attestées par des témoins oculaires et des écrivains d’un aussi grand poids que T'héodoret2, nous aurions peine à les croire nous-mêmes. L'illustre Syrien, nommé Jacques , étoit connu très-particulièrement de cet évêque de Gyr, il n’habitoit qu'à une lieue et demie de cette ville, sur le sommet d’une montagne où il vivoit à découvert, exposé nuit et jour à toutes les injures des saisons; n'ayant pas même de clôture pour se préserver des bêtes sauvages, pas un antre pour se soustraire, soit aux ardeurs du soleil soit aux neiges, qui tomboient quelquefois en telle abondance qu'il y étoit comme enseveli : il ne vit jamais de feu, n'en usoit pas même pour apprèêter sa nourriture, qui ne consistoit qu'en quelques lentilles trempées dans l'eau : cette manière de vivre ne lui paroissant pas encore assez dure, il portoit sous son habit de pesantes chaînes de fer. Saint Baradat, exposé de même à toutes les intempéries des saisons , habitoit la pointe

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DE L'ÉGLISE. (An 449.) 21 d'un rocher : il tenoit sans interruption les mains étendues vers le ciel, moins semblable à un être animé qu'à un terme informe , tout couvert d'une peau qui ne lui laissoit de libre que le nez et la bouche pour respirer.

De pareilles austérités s’attiroient les plus grands respects de la part même des puissants du siècle, dont l'indifférence en matière de vertu n'est guère touchée que de ce qui est extraordinaire. Mais ces hommes tout célestes avaient encore plus d'humilité que d’ardeur pour la pénitence. Prêts à laisser leur genre de vie singulier au premier ordre des princes de l'Eglise, quisont les évêques, ils n'avoient point d'autre règle de leur foi que les décisions de ces premiers pasteurs. Ils répoudirent à l'empereur, qu'il devoit regarder comme un oracle infaillible de l'Esprit saint, ce qui avoit été prononcé par les six cent trente Pères, c'est-à-dire, par le concile de Chalcédoine, qui paroît ainsi avoir été composé de ce nombre d'évêques ; et que cette sainte multitude devoit bien dissiper toutes ses appréhension, après que le Sauveur avoit promis de se trouver au milieu d'un bien moindre nombre qui s’assembleroit en son nom, |

On conserve un recueil de diverses réponses faites , sur le même. objet, à l'empereur Léon, au nombre de trente-six lettres ,dont l'ensemble forma une autorité du plus grand poids: non pas précisément à raison de la sainteté de la plupart de leur auteur, mais parce que chacune d'elles fut revêtue de la souscription de plusieurs évêques , aussi-bien que la lettre du souverain pontife qui, en cette occasion, parla pour tout l'Occident. On vit ainsi, dans la totalité de ces lettres synodales, le sentiment de toute l'Eglise enseignante; et dès la toutes les difficultés furent résolues sans réplique, la collection de ces réponses particulières faisant le même effet qu'un concile œcuménique. On voit clairement par cet exemple, comme l'observe Fleury2, après le grand évêque de Meaux5, que la force des décisions de l'Eglise ne consiste pas dans l'assemblée des évêques, mais dans leur consentement unanime, de quel-

1 Tom, 4, Conc. p. go et seq. — 2 Hisl, Ecel. E. 39, n. 12. — 3 Def. Cler, Gall. Part. 2, 1. 24, Ce 13.

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