‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 60 sur 146 · SES · texte numérisé non relu

SES

que manière qu'il soit déclaré. Mais on voit aussi, comme on le verra souvent dans la suite, que ceux qui refusent de se soumettre aux décisions dogmatiques du saint Siége, neméritent pas tant d'égards, et qu’ils se montrent aussi rebelles au concile, qu'au chef de l'Eglise. Le recueil de ces lettres, nommé en grec Encyclia , c'est-à-dire, lettres circulaires, a été traduit en latin par Epiphane le scolastique.

L'empereur ainsi rassuré ne songea plus qu'à faire exécuter les décisions du concile, et commanda au gouverneur d'Alexandrie d'en chasser Timothée dit le Chat, et de faire élire un nouveau patriarche. Cet intrus méprisable fut en effet banni, et conduit sous bonne garde dans la Chersonèse. Après quoi on élut, du commun consentement du peuple et du clergé, un autre Timothée, surnommé Solofaciole ou le Blanc, qui donna d'abord avis de son élévation au souverain pontife, avec le clergé d'Alexandrie et dix évêques d'Egyptet. Saint Léon dans sa réponse, les exhorte au zèle et à la concorde, et il engage le nouveau patriarche à lui écrire souvent pour l’instruire de l’état de son église. Anatolius de Constantinople étoit mort quelque temps auparavant ; prélat très-ambitieux au jugement desaint Léon , et dont la manière même de penser donna de vives inquiétudes à ce saint et habile pontife : tant il est vrai qu'on ne peut guère sortir des bornes de la subordination dans l'ordre hiérarchique, sans quelque péril pour la foi. On éleva sur le siége de Constantinople saint Gennade, patriarche bien différent d’Anatolius, et dont on raconta plusieurs miracles.

Saint Leon ne survécut paslong-tempsà ce commencement de calme qu'il venoit de procurer à l'Eglise, étant mort en 461 sans qu'on sache bien sûrement quel jour. Son pontificat fut de 21 ans, durant lesquels la grandeur de son âme et de sa vertu n’a cessé d’éclater, Sa science et son génie n’étoient pas moins distingués. Sa manière d'écrire est noble, son style pur pour le temps où il écrivoit, son éloquence digne des plus heaux siècles , extrêmement touchante et pathétique, comme on le voit dans la plupart de ses sermons. Il nous en reste

« Liber. Brev. c. 15 et 16.

ne on e sou— ntpas nvile, né en raduit

» exé- >rneur > faire n effet Après lergé, c, qui ontife, Saint corde, t pour inople itieux penser tant il

DE L'ÉGLISE. (AN 461.) 213 quatre-vingt-seize sur les principales fêtes de l’année, dont il traiteles mystères avec une netteté et une onction qui intéresseront à jamais les esprits justes et les âmes pieuses. Nous avons encore de cet illustre pontife cent quarante-une lettres, C’est le premier des papes qui ait laissé un corps d'ouvrage, et à qui l’on ait donné le surnom de Grand : grand en effet et en toute manière, zélé pour la décence et la magnificence du culte divin, pour la fondation et plus encore pour le rétablissement des églises, qu'il ornoit avec un goût qui portoit l’empreinte de la noblesse de son âme et de l'élévation de son génie. Après les ravages des Vandales, il renouvela l'argenterie dans toutes les églises de Rome. Il fondit pour cela six grands vases de cent livres chacun, donnés autrefois par le grand Cons-

tantin, Aux sépulcres des saints apôtres, il établit des gardiens.

ou des chapelains, qu'on nommoit alors chambriers, comme en le fait encore dans l'Eglise de Paris et dans quelques autres, parce qu'anciennement on normmoit chambre ce que nous appelons chapelle,

Entre les lettres de saint Léon, il y a quelques décrétales qui méritent une attention particulière. Ce qu'il écrivit à Dorus, évêque de Bénévent, montre combien ce grand pape avoit à cœur l’ordre hiérarchique:. Cetévêque avoit mis un prêtre nouvellement ordonné à la tête de tous les anciens. Léon l'en reprit avec sévérité ; el parce que deux prêtres y avoient donné leur consentement, il statua que les autres garderoient le rang de leur ordination, et que les deux adulateurs en seroïcnt privés à jamais, pour l'avoir cédé par une lâche complaisance. Encore prétendit-il leur avoir fait grâce, et qu'ils méritoient la déposition canonique; parce qu’un ecclésiastique, dit-il, maître sans doute d’humilier sa personne doit toujours honorer sa place,

Dans une lettre adressée à Théodore de Fréjus2, au sujet de la pénitence, il dit que, tant que la vie dure nous ne devons point mettre de bornes à la divine miséricorde, mais accorder la réconciliation à tous ceux qui la demandent, méme en danger de mort, pourvu que leur conversion soit

1 Epist. 5, — 21bid, 91.

Fc

PEBETER æ 2 7

RS PE dE Se

Dei, TE LM ts à

Page 1