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216 (An 461.) HISTOIRE
caractéristiques seront toujours les mêmes, le sceau de l'ai. lance éclatera sans danger de méprise et sans interrupuon, tous les nuages se dissiperont enfin , et après tant d'attaques et de rudes travaux, elle reparoîtra sous l'aspect majestueux d'une féconde maturité, et quelquefois avec toutes les fleurs de sa première jeunesse.
De là même elle tire un avantage éclipsé en quelque sorte dans ses plus heureux jours, sous la faveur de Marcien et de Pulchérie, des Théodoge et des Constantin, qui faisoient réfléchir sur elle les plus vifs rayons de leur majesté et de leur puissance. Quand la dignité impériale sera anéantie dans l’Occident ; quand en Orient une longue suite d'empereurs, non moins indifférents aux maux de la religion qu’à ceux de l’état, ou plus jaloux des prérogatives du sacerdoce que de ceux de Ja couronne, brouilleront tout en touchant à tout, dresseront et supprimeront les formules de foi selon leurs caprices , s’arrogeront le droit sacré de l'enseignement et l'interd' at aux évêques ; quand les Gaules, les îles Britanniques, l'Espagne, l'Afrique, l'Italie le propre apanage de Pierre, gémiront sous la servitude des Barbares, soit païens, soit ariens, encore plus ennemis de la foi que les idolâtres : alors on verra clairement que la puissance de l'Eglise et l'autorité du Siége apostolique en particulier, ne devront pas leur accroissement aux grandeurs du siècle, comme elles ne leur avoient point dù leur établissement sous la tyrannie des Néron et des Domitien, Alors, comme sous les empereurs les plus favorables à la religion, on verra les pontifes romains siéger sur la chaire de Pierre avec la même majesté que leurs plus heureux prédécesseurs, veiller à l'exécution des canons dans les différentes églises, connoître les causes les plus importantes, prendre soin qu'elles soient jugées suivant les règles de l'équité et de la sagesse, rétablir ceux qu'une injuste violence avoit dépossédés, secourir les opprimés, humilier les méchants et les superbes, avertir les empereurs de leurs devoirs religieux, s'opposer comme un mur d'airain aux emportements sacriléges des dominateurs barbares les plus terribles, et dans le même temps, recevoir des ambassades honorables de toutes les régions, se voir choisir par les différentes puissances pour médiateurs et
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pour arbitres de leurs différends, et dans les lieux trop éloignés pour s'y rendre en personne, prononcer par l'organe de leurs vicaires : tel est en substance le grand tableau dont des traits vont se développer dans les faits suivants,
Cinq à six semaines après la mort du saint pape Léon, le douzième jour de novembre de l'an 461 , on ordonna pour son successeur l’archidiacre Hilarius, natif de Sardaigne, le même qui, douze ans auparavant, au faux concile d'Éphèse, avoit rempli si dignement l'oflice de légat du saint Siége. A l'anniversaire de son ordination qui, selon la coutume, fut célébré avec éclat, quantité d'évêques s'étant rendus à Rome de diverses provinces, il tint un concile au sujet de l'évêque Hermès qui se trouvoit en possession de l'évêché de Narbonne. 11 s’y étoit mis lui-même d'une manière irrégulière, les habitants de Beziers, pour qui il avoit été d'abord ordonné, ayant refusé de le recevoir. Les parties intéressées portèrent leurs plaintes à Rome, et le pape écrivit à l'archevêque d'Arles, afin de tirer de lui et des autres évêques les connoissances propres à motiver son jugement. On envoya des députés de part et d'autre, et deux évêques de Gaule étant venus à Rome, assistèrent au concile. On régla, pour le bien de la paix et par indulgence, qu'Hermés resteroit sur le siége de Narbonne ; mais que, sa vie durant, l'ordination des évêques de cette province seroit attribuée au plus ancien d'entr'eux, après quoi elle reviendroit au successeur d'Hermès. Pour prévenir de pareils inconvénients, on recommanda aux Gaulois de tenir chaque année un concile dans celles de leurs provinces où les évêques pourroient se réunir!, apparemment à cause des guerres et des invasions qui ne permeltoient pas de s'assembier plus régulièrement. Nonobstant ces conciles, il est dit
u'on consultera le saint Siége dans les affaires importantes. C'est l'évêque d'Arles qui doit assigner le temps et le lieu de ces assemblées en écrivant aux métropulitains ; et c'est à lui que les évèques doivent encore s'adresser, au refus de ces métropolitains, pour obtenir les lettres authentiques, sans lesquulles il leur est défendu de sortir de leur province.
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Par un concile de Vannes, tenu à peu près dans le même temps, on voit le soin infini des Occidentaux à maintenir la pureté des mœurs dans le clergé 1. 1l y est défendu aux clercs engagés dans les ordres supérieurs, c’est-à-dire aux prêtres, aux diacres et aux sous-diacres, d'assister aux festins de noces, et de se rencontrer en toute autre société où l’on peut voir et entendre ce qui offenseroit la pudeur la plus délicate. On défend encore aux clercs, et cela sous peine d'excommunication, de recourir aux tribunaux séculiers sans l’aveu de leur évêque; mais si l'évêque leur est suspect, ou si c’est contre lui-même qu'ils plaident, ils doivent s'adresser aux autres prélats. La défense déjà faite aux clercs de voyager sans des lettres de leur évêque, s'étend ici aux moines, qu'on soumet à des macérations et à des punitions corporelles, si les réprimandes ne suffisent pas.
Dans le jugement d’un concile d’Arles2, sur quelques démélés de Fauste, abbé de Lérins, avec Théodore évêque de Fréjus dont Lérins dépendoit alors, nous trouvons l'exercice de la juridiction épiscopale sur les monastères , et tout à la fois le commencement des exemptions, au moins pour les communautés composées de laïques qui se choisissoient un supérieur. Les moines et l'abbé de Lérins assistèrent avec treize évêques à ce concile, qui est le troisième d'Arles. 1] y fut résolu que l'évêque Théodore ne s’attribueroit sur le monastère que les droits exercés par son prédécesseur Léonce; c'est-à-dire, que les ministres de l'autel et les clercs seroient ordonnés par l’évêque diocésain ; qu'il donneroit aussi le saint chrême et confirmeroit les néophytes, s’il y en avoit, et que les clercs étrangers ne seroient pas reçus sans son ordre ; mais que le gros du monastère, consistant en laïques, demeureroit sous la conduite de l'abbé, sans que l'évêque s’y attribuât aucun droit, ni qu'il pût de son chef en ordonner aucun pour clerc.
Le métropolitain ct les évêques de la province de Tarragone en Espagne écrivirent au papeHilarius 3, pour savoir ce qu'ils devoient conclure dans leur concile touchant Silvain de
Greg. Murs tt, ce Get seg. — 2 Tom. 4, Conc. p. 1023, —3 Toi. 4, Coin. p. 1033.
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DE L'ÉGLISE. (AN 464.) 219 Calahorre l'un d'entr'eux, qui avoit ordonné un évêque que le peuple ne demanduit pas, et pris un prêtre d'un autre diocèse, pour le faire évêque malgré lui. Ils consulioient ensuite le saint Siége sur l'affaire d'Irénée, que Nundinaire de Barcelone avoit demandé en mourant pour son successeur, quoique déjà évêque d’une autre ville. Les évêques de la province avoient consenti à cette translation, par respect pour le défunt, avec l'agrément du peuple et du clergé de Barcelone: Ces questions furent examinées dans un concile tenu à Rome par quarante-huit évêques, en comptant le pape et deux Africains. Après le, souverain pontife, saint Maxime de Turin, fort ancien dans l’épiscopat, puisqu'il étoit en réputation dés le règne d'Honorius, est nommé le premier, et l'évêque de Porto, le cinquième seulement ; ce qui fait croire qu’on suivit l'ordre de l’ordination, comme en plusieurs autres conciles : usage respectable, qui obvie sagement aux prétentions de la vanité, et qui s’est maintenu avec édification jusqu’à nos jours. Les principaux citoyens et les magistrats de plusieurs villes d'Espagne s'intéressant pour l'évêque Silvain, on lui pardonna le passé, vu la nécessité des temps, mais à charge de mieux observer les canons à l'avenir. On défendit sévèrement les translations. On enjoignit à Irénée, sous peine d’excommunication , de retourner à sa première église ; el au métropo- Jitain nommé Ascagne, de faire élire par le clergé de Barcelone et de consacrer un autre évêque pour ce siége. Comme on lisoit avant le jugement les informations envoyées d'Espagne à ce sujet, la lecture fut interrompue deux fois par les prélats, qui se récrièrent avec force contre l'abus de transmettre les évêchés comme par testament. Le pape demanda les avis. Saint Maxime prit aussitôt la parole, et tous les évêques protestèrent avec lui, qu'ils ne feraient jamais rien de contraire aux lois ceclésiastiques, et que quiconque s'en écartoit devoit en rendre compte au saint Siége. On fit en ce concile cinq canons que le souverain pontife publia, et que les autres évêques approuvèrent par acclamation. Le cinquième et le capital maintient dans toute son étendue Île droit des élections, contre la
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