‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 67 sur 146 · DIR · texte numérisé non relu

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tents toute leur vie, et recevront seulement à la mort la communion laïque. Lés autres fidèles, clercs inférieurs, religieux ou sécuüliers, feront, suivant les canons de Nicée, douze ans de pénitence; mais si avant ce terme ils se trouvent en danger de mort ils ne laisseront pas de recevoir l’absolution. Les impubères seront tenus quelque temps sous l'imposition des mains, c'est-à-dire, dans l'humiliation de la pénitence : après quoi on leur rendra la communion, de peur que la fragilité de leur âge ne les fasse tomber en de nouvelles fautes, dans le cours d’une trap longue épreuve. Si cependant ils venoient à recevoir trop tôt l'absolution, à l’occasion, par exemple, d'une maladie dangereuse, en récupérant après cela leur santé, ils ne communiqueront avec les fidèles que dans la prière, jusqu'à ce que le temps prescrit en premier lieu à leur pénitence, soit expiré. Les clercs inférieurs ou les laïques rebaptisés par contrainte, ne feront que trois ans de pénitence ; mais on n'admettra jamais aucun d'eux au ministère ecclésiastique, ni généralement ceux qui auront été baptisés hors de l'Eglise. Ce qui doit s'entendre des cas où la contrainte n'exclut pas tout degré de volonté, et dans lesquels il y a toujours quelque faute libre. T'els sont les principaux réglements dressés dans cr concile; après quoi il ajoute, que pour les cas extraordinaires :u?\ n’avoit point prévus, on aura soin de consulter le saint Siége.

Le pape Félix eut aussi la consolation de voir enfin les affaires de l'Eglise prendre un meilleur cours à Constantinoplé, par la mort du patriarche, qui, après dix-sept ans d'épiscopat, alla rendre compte à Dieu de son penchant funeste à doniner dans le clergé, à étendre sa juridiction impérieuse au delà des règles et des bornes les plus sacrées, ainsi que de son malheureux artifice à faire sa cour par toutes les vaies qui pouvoient le mener à son but, sans épargner la foi ni la constitution fondamentale de l’unité ecclésiastique. Le prêtre Flavita, son successeur immédiat, catholique équivoque ou très-chancelant, ne voulut pourtant pas monter sur son siége, sans la participation du souverain pontife. Mais en même temps il en-voya ses lettres synodales au faux potriarche d'Alexandrie , Picire-Monge.

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DE L'ÉGLISE. (AN 491.) ab?

Comme on étoit à Rome dans la juste inquiétude qu'y donnoit nn ménagement si scandaleux, le Seigneur délivra son Eglise de ce lâche dissimulateur. Flavita mourut subitement, après quatre mois seulement d'épiscopat, ét il eut pour successeur le prêtre Euphémius, catholique non-seulement trèsdécidé, mais très-éclairé et très-vertueux. Il se sépara aussitôt de la communion du patriarche hérétique d'Alexandrie ; et il auroit poussé les cl plus loin, si celui-ci ne füt mort peu après. Cette église 1 e eut le malheur, après Pierre- Monge, d'avoir e tre pasteur hérétique, nommé Athanase, 11 en éto du siége d'Antioche qui, ayant vaqué quelque temps want par la mort de Pierre le Foulon, fut rempli par Pallade, hérétique comme le premier.

L'empire eut le même sort en changeant de maître. Zénon fut remplacé par Anastase qui ne valoit pas mieux que lui. Différents auteurs rapportent des circonstances effroyables de la mort de Zénon'. Avec tous ses autres vices, il étoit dans l'habitude de s’enivrer. Un jour qu'on le rapporta sans connoissance, les uns disent dans un excès d’ivrognerie, les autres dans une attaque d' épilepsie, à quoi il étoit pareillement sujet, sa femme Ariane qui ne le pouvoit souffrir, prétendit qu'il étoit mort, et le fit enterrer tout vivant. 1l se réveilla dans le tombeau, fit des hurlements affreux, sans qu'on voulût l’entendre, et mourut dans une espèce de rage, après s'être mangé les bras. L'impératrice assembla aussitôt le sénat, et fit proclamer Anastase. Il commandoit certains gardes destinés à faire observer le silence dans le palais, et n’étoit pas même sénateur. C'est ainsi que le silentiaire Anastase parvint, l'an 491, à l'empire, qu'il occupa vingt-sept ans, quoiqu'il en eût déjà soixante lors de son élévation. Aussitôt après l’impératrice l'épousa.

Il avoit tous les dehors d’une haute piété, il faisoit de gran des aumônes, il jeñnoit souvent, il se rendoit habituellement à l'église avant le jour, et il y restoit jusqu'à la fin de l'office. Mais il étoit d'une race fort suspecte en matière de foi, et déjà il passoit personnellement pour penser très-mal. Aussi le pa-

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