‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 69 sur 146 · LOU · texte numérisé non relu

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gement : il est donc condamné sussi légitimement que l'ont eté les autres ; puisque c'est par le même pouvoir et pour s’être attaché à leur communion. En vertu de quels canons ont-ils déposé Jean d'Alexandrie, Calendion d’Antioche et plusieurs autres évêques orthodoxes ? Quoi! l’on a chassé , avec tant de prélats innocents, ceux du second et du troisième siége; et l'évêque de Constantinople à qui les anciens etlégitimes canons né donnent aucun rang particulier, n'aura pu être déposé après avoir embrassé la communion des hérétiques! Où ses partisans prélendroient-ils que s’exerçât le jugement qu'ils proposent ? chez eux peut-être; en sorte qu'ils soient juges, témoins et parties! Quand il s'agit de la religion, la souveraine autorité de juger n'est due, suivant les canons, qu'au Siége apostolique. Les puissances du siècle, en cette matière, ne peuvent se soustraire au jugement des évêques , principalement du successeur de saint Pierre. Personne, quelque puissant qu'il soit, pourvu qu'il soit chrétien, ne s’arroge le pouvoir de juger des choses divines, à moins qu'il ne se fasse presécuteur.

Quelqu’ardents que fussent les vœux de pontife, ils ne purent amener le patriarche Euphémius , tout orthodoxe qu'il étoit, à retrancher des dyptiques le nom de son prédécesseur Acace. Il répondit que c’étoit user de dureté envers lui-mêine, que de l'obliger à flétrir la mémoire d'un prélat en vénération à Constantinople, où il étoit à craindre que cette démarche n'occasionât une sédition. Mais il fut soupçonné de suivre son inclination particulière, de vouloir assurer sa fortune et plaire à l'empereur : tant ilest rare qu'avec de la foi, et même des vertus, un évêque puisse ménager sans inconvénient la faveur d'un prince mal intentionné pour la religion. Mais le patriarche déplut aux deux partis en voulant plaire à l’un et à l'autre. Après avoir encouru le blâme du successeur de Pierre, il perdit les bonnes grâces du successeur de Zénon. Anastase, comme bien des grands sans principes, n'étoit pas d'humeur à se contenter d’une complaisance limitée. Bientôt le patriarche lui devint odieux, ou plutôt, à la première occasion favorable, on fit éclater la disposition où l’on

éloit depuis long-temps à son égard. On le soupçonna en

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DE L'ÉGLISE. (An 493.) 273 apparence d'avoir favorisé la révolte des Isaures, qui, par attachement à la mémoire de Zénon,leur compatriote, s’étoient soulevés contre Anastase. Celui-ci rassembla les évêques qui se trouvoient à Constantinople, fit excommunier et déposer Euphémius, puis l'envoya en exil. On mit en sa place le prêtre Macédonius, qui avoit été élevé dans la piété et la vie ascétique, et que certains auteurs accusent néanmoins d'avoir signé l'Hénotique de Zénon.

D'un autre côté, les évêques de Dardanie témoignèrent le plus grand éloignement des nouveautés dangereuses et de tous leurs sectateurs sans exception. À l'avertissement que le pape Gélase leur donna d'éviter la communion des hérétiques, ils répondirent avec une affection et un respect qui s’annoncent dès l'adresse de la lettre. Au Maître apostolique, portoit-elle, au très-saint Père des Pères, Gélase, évêque de la ville de Rome, humbles évêques de Dardanie, salut. Ils l'assurent qu'ils ont reçu ses avis salutaires avec la soumission convenable; que leur désir est de lui obéir en toutes choses, de garder inviolablement les ordonnances du Siége apostolique, comme leurs pères leur en ont donné constamment l'exemple; qu'ayant fui de leur propre mouvement la communion d'Eutychès, de Pierre, d'Acace et de leurs sectateurs, ils s’en abstiendront à plus forte raison après l'avertissement du saint Siége. À la fin, ils prièrent le pontife de leur envoyer quelqu'un de ces excellents hommes qui remplissent son clergé , et devant qui ils puissent régler, suivant ses intentions , ce qui concerne la foi catholique et le parfait accomplissement de ses ordres.

Le pape ne manqua pas de féliciter ces évêques de leur fermeté dans la communion de l'Eglise romaine et universelle ; et pour animer leur zèle, il voulut les instruire à fond de ce qui avoit trait à l'affaire d'Acace. Les partisans que cet évêque conservoit après sa mort donnoient sa condamnation pour illégitime, parce que la sentence n’en avoit pas été rendue dans un concile tenu exprès, et qu'il s’agissoit de l'évêque de la ville impériale. Parcourez, dit le pape, ce qui s'est passé depuis les apôtres, et vous verrez que nos pères les évêques

5 Epist, 11, tom. 1v, Conc. p. 1196.

DE ERRRE Ce CESSE

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