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Depuis la mort de ce grand pontife, Probus, légat de Simplice, soutint, en présence de l’empereur Léon, que la prétention de l’évêque de Byzance étoit mal fondée.
Le pape Gélase revient encore à ces prétentions, dans son traité de l'anathème, qui est une de ces instructions ultérieures qu'il avoit promises à la fin de sa lettre aux évêques de Dardanie, touchant les affaires d'Acace. Comme cet objet est fort important, à raison de l'influence qu’il eut par la suite dans le schisme des Grecs, nous croyons faire plaisir au lecteur de lui en présenter au moins les traits capitaux. Dans cette fermentation des esprits par rapport au concile de Ghalcédoine, on faisoit valoir surtout la raison suivante : Si l’on reçoit ce concile, on doit le recevoir tout entier , et par conséquent ce qui concerne la prérogative du siége de Constantinople. Gélase répond que toute l'Eglise admet sans difficulté et sans exception les décrets de ce concile touchant la foi, pour laquelle le saint Siége avoit ordonné qu'il fût tenu , et l’avoit ensuite confirmé. Mais ce qui a été résolu, reprend Gélase, sans l’autorité et sans l’ordre de Léon, fut sur-le-champ contredit par ses légats; et le Siége apostolique ne l’a jamais approuvé, quelque instance que fit l'empereur Marcien.
Parlant ensuite de la distinction entre les deux puissances, celle du prince et celle de l'Eglise : Quoiqu'avant Jésus-Christ, dit-il, certains personnages, tels que Melchisédech , aient été figurativement rois et prêtres tout ensemble; quand on en est venu à ce Maître incomparable, qui seul est tout à la fois vrai roi et vrai pontife, les empereurs, qui par la suggestion de l'enfer usurpoient auparavant les titres du pontificat, ont cessé de les prendre, et les pontifes ne se sont plus arrogé la dignité de l'empire. T'ous les membres de Jésus-Christ sont nommés
-par honneur une race royale et sacerdotale : mais au fond,
Dieu, connoissant le danger d’un pareil assemblage de puissance pour l'orgueil humain, et voulant sauver ses adorateurs non par l'éclat du diadème mais par l'humilité de la croix, a séparé les fonctions des deux pouvoirs; il a voulu que Îles empereurs chrétiens eussent besoin des pontifes pour la vie éternelle, ct que les pontifes dépendissent des empereurs dans les choses temporelles. Le ministre sacré ne doit pas s'arroger
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DE L'ÉGLISE, (An 494.) 279 l'administration des affaires séculières; et celui quien a le gouvernement, ne peut sans attentat s’ingérer dans les affaires du tiel. Ainsi l’un et l'autre ordre se trouvent appliqués aux emplois qui leur conviennent, et contenus dans la modération qui les sanctifie. On aura trouvé sans doute, dans cette lettre du pape Gélase, hien des expressions et des propositions fort extraordinaires : mais les circonstances où il l’écrivit, ne l’étoient pas moins. C’est de là qu'il faut partir pour tout réduire à sa juste valeur, et pour écarter sur toute chose des idées de systèmes et de contentions inconnues à lasimplicité religieuse de ces temps antiques.
I est encore plusieurs points dignes de remarque, dans la décrétale de Gélase aux évêques de Sicile, de Lucanie et du pays des Brutiens. Ces provinces, les plus méridionales de l'Italie, étoient si désolées par les calamités publiques, qu'on y manquoit des ministres pour les choses saintes. Il faHut se relâcher sur quelques points de la discipline ordinaire concernant l'institution des ecclésiastiques, et il fut permis d'ordonner prêtres en un an les laïques tirés de la vie monastique, et en dix-huit mois ceux de la vie commune. Nonobstant le peu d'importance de ces adoucissements , qui se terminent à abréger les interstices des ordinations, le zélé pontife témoigne, à diverses reprises, qu'il ne cède à la nécessité qu'avec une répugnance extrême; et redoutant les suites trop ordinaires de ces sortes de condescendances, il recommande inslamment qu'on ne se soustraie en rien autre chose aux saintes rigueurs de la discipline primitive. Il ne craint pas de descendre à ce sujet en des détails qui paroîtroient minutieux à notre siècle. Mais pour l'usage des biens ecclésiastiques , réputé de si grande importance dans tous les temps; qu'on ait toujours soin, dit-il, suivant l’ancienne régle, de faire quatre parts des revenus de l'Eglise et de faire quatre parts des eblations, dont on attribuera la première à l'évêque, la seconde aux clercs, la troisième aux pauvres, la quatrième aux bâtiments, c'est-à-dire aux fabriques. Gette lettre est du onzième de mars 494. Dans uneautre, du +5 du mois de maisuivant, aux
vêques de Sicile, le pape marque le même partage des biens ecclésiastiques, si ce n’est qu'il charge la part de l'évêque, du oulagement des captifs et des hôtes,