‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 72 sur 146 · PT OR PE EE TT CL OE DE ET · texte numérisé non relu

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Onattribue au pape Gélase, avec beaucoup de raison, un ancien sacramentaire de l'Eglise romaine, contenant, avec les formules des sacrements', les messes de toute l'année, Les rêgles des ordinations y sont les mêmes que dans celles de se décrétales, qui précédèrent la dispense que nous venons de rapporter. Selon ces règles, un sujet inscrit dès sa première jeunesse pour le ministère, demeuroit jusqu’à l’âge de vingt ans entre les lecteurs. S'il se donnoit à l'Eglise dans un âge plus avancé, mais immédiatement après son baptême, il devoit être cinq ans entre les lecteurs ou les exorcistes, puis quatre ans acolyte ou sous-diacre ; ensuite, s’il méritoit, diacre pendant cinq ans, puis prêtre, et de là promu à l'épiscopat. Les bigames et les pénitents sont absolument exclus des ordres. Dans les messes, on remarque qu'elles avoient chacune en tout temps deux collectes au commencement, une secrète, une postcommunion, et une oraison sur le peuple. La plupart ont des préfaces propres. Il y a plusieurs bénédictions sur le peuple après la communion; mais le canon est tel que nous le disons encore. Il y a plusieurs messes pour les morts, entre autres pour ceux qui ont désiré la pénitence et n'ont pu la recevoir. Pendant le carême , on ne disoit la messe qu'au soir, mais il y en avoit deux le jeudi-saint, une le matin, et l’autre le soir. Il est certain quele pape Gélase composa aussi des oraisons pour l'administration des sacrements et pour le saint sacrifice de la messe, plusieurs préfaces et des hymnes, à l’imitation desaint Ambroise,

Iltint à Rome, l'an 496, un concile desoixante-dix évêques !, où il est dit que l’église romaine a été préférée à toutes les autres, non par aucune disposition humaine ou ecclésiastique, mais par ces paroles du Sauveur : Tu es Pierre, etc. À saint Pierre, dit ce concile, a été associé saint Paul : mais on voit dans le même endroit ce que veut dire cette association, qui n'est nullement pour le pontificat suprême ou la primauté ecclésiastique; mais pour l'honneur du martyre qu'ils ont souffert l’un et l’autre dans la même ville de Rome et dans le même temps. La seconde église est celle d'Alexandrie, établie au

& Tom. 1v, Cou. P: 120.

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DE L'EGLISE. (AN 496:) 279 nom de Pierre par son disciple Marc. Le siége d’Antioche, occupé par Pierre avant qu'il vint à Rome, porte aussi son nom et il a le troisième rang, tant pour cela, que parce que le nom chrétien y a commencé. On voit encore ici le peu d’égard qu’on avoit en Occident, à la prérogative de l’église de Constantinople,

Nous avons un autre décret fort intéressant de ce concile romain, touchant la distinction des livres authentiques et des apocryphes. Il contient en premier lieu le catalogue des livres saints, tel absolument qu'aujourd'hui, si ce n'est qu'on ne compte qu'un livre des Machabées dans quelques-uns des exemplaires de ce dénombrement, qui ne sont pas tous d'accord. Après les livres canoniques, l'Eglise romaine reçoit les conciles. de Nicée, de Constantinople, d'Ephèse , de Chalcédoine ; et après ceux-ci les autres conciles autorisés par les Pères ; puis les ouvrages de saint Cyprien, de saint Grégoire de Nazianze, de saint Basile, de saint Athanase, desaint Cyrille d'Alexandrie, de saint Jean de Constantinople, qui est saint Jean Chrysostôme; de Théophile d'Alexandrie, de saint Hilaire, de saint Ambroise, de saint Augustin, de saint Jérôme, de saint Prosper, et la lettre de saint Léon à Flavien; enfin les ouvrages de tous les Pères qui sont morts dans la communion de l'Eglise romaine , et les décrétales des papes. Quant aux actes des martyrs, la coutume de Rome est de ne pas les lire publiquement, pour ne pas donner la moindre occasion à la censure ou aux risées des mécréants, quoiqu'on y honore avec une sincère dévotion tous les martyrs et leurs exploits héroïques, souvent plus connus de Dieu que des hommes. Il y atoute apparence que ce décret ne regarde que certaine collection particulière et peu authentique, quoique fort répandue. On approuve les poèmes de Sédulins et de Juvencus, l'histoire d'Orose; mais pour celle d'Eusèbe, on ne fait que la permettre, ainsi que les ouvrages de Rufin et d'Origène, et ceux-ci seulement quant à ce qui n'ya pas été censuré par saint Jérôme.

On passe après eela à la censure des livres apocryphes, dont les plus fameux sont l’Itinéraire de saint Pierre et ses Actes, avec ceux de plusieurs autres apôtres; le livre de l'Enfance

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du Sauveur ; les Actes de sainte Thècle ; la Lettre de Jésus- Christ au roi Abgar, et celle d'Abgar à Jésus-Christ; le livre du Pasteur, si révéré de l'antiquité, et même les canons apostoliques : mais comme il y a beaucoup de variété dans les anciens exemplaires de ce concile; on craint avec raison qu'il ne se soit glissé dans son dénombrement quelques noms d'acteurs qu'il n’a pas nommés en effet; au moins est-il sûr qu'’ilne traite pas de la même manière tous ces écrivains. De même, en reprenant ceux qui se sont écartés de la doctrine de l'Egjlise, il met une grande différence entre Lactance, Clément d'Alexandrie , Arnobe , Cassien, qui l'ont fait par inadvertance, et les dogmatiseurs décidés, tels que T'ertullien , Fauste le manichéen , et généralement tous les hérétiques de quelque célébrité, dont il rapporte les noms, depuis Simon le magicien jusqu’à Acace de Constantinople.

Nous avons encore d’autres ouvrages du pape Gélase, entre lesquels on prise particulièrement un traité contre Eutychès et Nestorius, que plusieurs critiques ont attribué à Gélase de Cyzique. Les mœurs de ce pontife honorèrent son savoir et ses talents. Il étoit d’une rare piété, donnoit à la prière, ou à de saints entretiens avec les plus dignes serviteurs de Dieu, tout le temps qui lui restoit de ses fonctions sublimes. Elevé à la dignité la plus éminente, il la regardoit comme le plus pesant fardeau, et comme une vraie servitude qui le rendoit comptable envers toutle monde. Il nourrissoit tous les pauvres qu'il pouvait découvrir; vivoit lui-même en pauvre et dans la pratique des austérités ies plus rigoureuses. Il mourut aussi saintement qu il avoit vécu, le 19 novembre de l'an 496. C’est le premier pape qui ait fixé les ordinations aux quatre temps.

L'annéesuivantesaint Epiphane, évêque de Pavie, couronna par une sainte mort cinquante-huit ans d’une vie qui n'avoit été qu'un tissu continuel de toutes les vertus, et surtout de la plus active charitér. Dès l'âge de dix-huit ans, son saint prédécesseur Crispin lui trouva assez de maturité pour lui conférer l'ordre sacré du sous-diaconat. À vingt ans, il le fit diacre et lui confia l'adwinistration de tous les biens de son église : oc-

Ennod, p. 360. Bulland, ad 21 jan

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