‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 76 sur 146 · CETTE · texte numérisé non relu

CETTE

rouvé

nain à it ne

artout :

\ome, jar ses Le roi partint sur ins les US apjoit de , nontribunnoisefforts érence épon- 4e roi e de le

qu'il brt ate que qui a rougi onter

is par es de gard , rtout r lieu o 2, se, et

‘aux

ar

5 Ce Ca 4 ar D 30 UT)

DE L'ÉGLISE. (AN 504.) 295 clercs, aux captifs et aux hôtes, c'est-à-dire, aux étrangers indigents. Comme les schismatiques vouloient tirer des conséquences contraires d'un décret porté dès le temps du roi Odoacre. sous prétexte de la conservation des biens ecclésiastiques, un évêque en plein concile dit qu'un laïque n'avoit pas eu le pouvoir d'ordonner ainsi dans l'Eglise, et que les prélats, en consentant au décret, n'avoient pu porter préjudice au pape, vu surtout que le saint Siége étoit alors vacant. Sous le pontificat de Symmaque, on fit encore en concile un réglement de plus grande importance.

Le pape demanda l'observation des canons faits à son sujet, et suivant lesquels les ouailles ne peuvent accuser leur pasteur que dans le cas où il pécheroit contre la foi, ou qu'il leur causeroit quelque dommage personnel 1. Le concile confirma ces canons, sous peine de déposition pour les elercs, d’excommunication pour les moines et les laïques, et d'anathème en cas de récidive : ce qui met clairement de la différence entre l'excommunication ou privation de la communion, et l’anathème qui étoit une peine beaucoup plus grande. On lut dans le même concile, et l'on combla d'éloges une apologie du pape Symmaque, faite par le diacre Ennodius, qui étoit en grande réputation pour son éloquence. La dignité pontificale y est tellement exaltée, que l'auteur semble prétendre, de deux choses l’une, ou que la chaire apostolique rend impeccables ceux qui y parviennent, ou que Dieu n y laisse parvenir que ceux qu'il veut sanctifier : mais on ne prenoit pas au pied de la lettre des exagérations que rendoit plausibles en quelque sorte, la vie sainte de presque tous les papes. En effet, la sainteté parut comme héréditaire sur le Siege de Pierre, non-seulement pendant tout le cours du premier et du plus bel âge de l'Eglise, mais encore dans plusieurs siècles suivants. Le nombre de ses successeurs justement honorés d’un culte publie, s'y trouve si grand, que nous nous sommes souvent dispensés de leur donner les qualifications qu'ils méritent en ce genre. Il étoit plus simple et plus facile de marquer les exceptions de la règle, que d'en citer les exemples. Quant à l’apologie d'En-

1 Grég. Tur, 11 Past. p, 1343,

nodius, on y voit que l'objet de la calomnie inventée contre Syrmaque, était un adultère ou quelqu'autre péché honteux : ce qui donna lieu sans doute à l'ordonnance que fit ce pape, pour obliger les évêques, les prêtres et les diacres, d’avoir toujours avec eux un témoin sûr de leur conduite, qu'on appeloit syncelle. Les ecclésiastiques qui n'étoient pas assez riches pour en avoir, devoient en servir aux autres.

Syrmaque fit une apologie pour lui-même, en réponse à un libelle publié par l'empereur Anastase qui, furieux de voir éventer ses ruses et sa duplicité, alla jusqu'à traiter le pape de manichéen 1. Le pontife s'inquiéta fort peu d’une imputation qui tomboit d'elle-même, sa propre conduite le justifiant assez, puisqu'ayaut découvert à Rome quelques-uns de ces odieux hérétiques, il les avoit fait bannir honteusement ei condamné leurs livres au feu. 11 répondit avec plus d'empressement à la plainte que faisoit Anastase, de ce que le pape s'étoit concerté avec le sénat pour l’excominunier. Symmaque fait entendre que cette excommunication n'étoit pas un jugement prononcé nommément contre l'empereur, mais une simple cessation de commerce, suivant l'usage du temps. Ce n'est pas vous, seigneur, lui dit-il, que nous excommunions, c'est Acace. Que m'importe Acace, dites-vous ? Abandonnez-le donc, et vous vous tirez dès-lors de son excommunication ; autrement ce n'est pas nous, c'est vous-même qui vous excommuniez. Il se plaint ensuite de la persécution qu'Anastase faisoit souffrir aux catholiques, à qui seuls il interdisoit le libre exercice de leur religion, tandis qu’il le permettoit aux sectes sans nombre qui infectoient l'Orient.

Ce prince n'étoit pas proprement eutychien, mais acéphale ou hésitant : c’est ainsi qu'on nommoit les inquiets novateurs qui, sans autre caractère que leur indocilité ou leur indifférence, n'admettoient point le concile de Chalcédoine, et ne se déclaroient pas pour les opinions proscrites par ce concile. 11 laissa pendant plusieurs années la liberté de recevoir ou de rejeter ces saintes décisions, les guerres qu'il avoit à soutenir contre les Isaures et contre les Perses, lui faisant ménager l'af-

LTom. 4, Cone. p. 1266.

en 6 on th 2e ES Mr rt Be 50 GE er I

des Casse ||

ontre teux :

pape, rtoupeloit pour

eàun e voir pe de tation üfiant de ces ent et npres- } pape maque | juge- Je simen'est , c'est nez-le ation ; XCONse fai- » libre sectes

phale ateurs indifetne ncile.

ou de

tenir

r l'afe

PS A eg É—

action de tous ses sujets; mais quand il n'eut plus rien à craindre des étrangers, il se déclara ouvertement contre le saint concile :, et commença à tourmenter les catholiques, particulièérement Macédonius, patriarche de Constantinople. Celni-ci étoit dépositaire de l'écrit où son prédécesseur Euphémius avoit fait promettre à l'empereur, avant de le couronner, qu'il n'innoveroit rien dans la religion. Il ne vouloit point le rendre, quelque instance qu'on fit pour l'y engager : ce qui lui attira une violente persécution. L'empereur séduisit d'abord quelques évêques, et fit venir à Constantinople des hérétiques décriés qui ne gardoient aucune mesure. Mais le peuple nombreux de cette capitale donna des signes si terribles de son indignation, qu'Anastase, tout puissant qu'il étoit, fut contraint d'en revenir aux ménagements et aux supercheries; c'est pourquoi les ennemis du patriarche Macédonius engagèrent un nommé Acholius à l’assassiner. Acholius l’attaqua l'épée à ia main, mais sans succès, Macédonius ayant été secouru. L’évêque honorant la cause qu'il soutenoit, loin de se venger, fit une pension à son assassin.

L'Eglise eut aussi une guerre nouvelle à soutenir en Afrique. Après la mort du roi Gontamond, qui traita les catholiques avec beaucoup de bonté, Trasamond, son frère et son successeur, recommenca la persécution. Dans les commencements il n'usoit pas de violence, et le péril de la foi n’en fut que plus grand. Ceux qui vouloient embrasser la religion du prince étoient comblés de faveurs, élevés aux premières dignités ou aux charges lucratives selon leur état, et assurés de l'impunité en cas de malversation. Mais Trasamond s’appliquoit surtout à anéantir l'épiscopat, laissant mourir paisible ment les prélats catholiques, et empêchant avec soin qu'on ne leur donnât des successeurs. On condescendit à ses désirs pendant quelques années ; mais quand on vit ce système exécuté avec méthode et persévérance, et qu'on ouvrit les yeux sur les dommages infinis qu'en ressentoient les diverses églises , alors les évêques qui restoient en consacrèrent de nouveaux. La cour en fut avertic, et la persécution s'échauffa au point qu'il

Ubvagr. 1, c. 30. Theophan. an, 506,

&SATi

En RE" LUE sn dm

y eut une multitude de prélats exilés, surtout de la province Byzacène, où le primat Victor avoit eu un soin particulier de remplir les siéges vacants.

Ce fut en cette occasion que saint Fulgence fut ordonné pour celui de Ruspe, ville célèbre de la même provinceï. 1] étoit originaire de Carthage, petit-fils du sénateur Gordien, qui en avoit élé chassé avec les autres catholiques de marque, par le roi Genséric. Né à Télepte dans la Byzacène, en 468, Fulgence perdit son père peu de temps après ; mais sa mère fit cultiver avec tant de soin ses heureuses dispositions, qu'il passa bientôt pour un prodige parmi la jeunesse du pays. La pureté de ses mœurs étoit encore plus merveilleuse que ses talents : il évita également, et la dissolution où donnoient les jeunes gens de sa naissance, plus encore en Afrique qu'ailleurs, et le piége de l'ambition, d'autant plus imposant, qu'on avoit coutume d'en faire une vertu à ceux qu'une certaine élévation d âme éloignoit des vices grossiers. Pour soulager sa mère, il fut obligé de bonne heure à se mêler de l'administration de ses biens qui étoient considérables : mais bientôt il fut dégoûté de ce genre d'occupation,

Visitant souvent les solitaires qui habitoient son voisinage, il puisa parmi eux le mépris des choses terrestres, l'amour de la prière et de la pénitence, et il prit enfin la résolution de renoncer au monde d'une manière effective ; mais il s éprouva quelque temps lui-même, et voulut se façonner à toutes les pratiques de la vie monastique, avant de se déclarer publiquement. Il y avoit dans le canton un évêque fort âgé, nommé Fauste, qui avoit été exilé du temps de Genséric, et avoit bâti un monastère où il vivoit très-saintement. Fulgence le pria de le recevoir parmi ses disciples : mais l'évêque considérant sa grande jeunesse et son air extrêmement délicat, craignit qu'un mouvement passager dedévotionne lui fit entreprendre au delà de ses forces, et il lui assigna quelque délai. Cependant la mère de Fulgence, alarmée du dessein de son fils, toute pieuse qu'elle étoit, accourut au monastère en pleurant et en se lamentant comme s’il eût été mort. Fulgence qui l’aimoit

® Bollard. ad 1 Jan,

ni RES

vince ier de

lonné et. ]l rdien, rque, 1468, ère fit qu'il ys. La que ses ent les Jleurs, n avoit ‘vation ère , il de ses oùté de

DEF L'ÉGLISE. (AN 505.) 219 aussi tendrement qu'il en étoit aimé, néla ses larmes aux siennes, sans rien perdre cependant de la fermeté de sa résolution : ce qui engagea Fauste à l’admettre dans sa communauté. Plusieurs de ses amis quittèrent le siècle à son exemple, et se retirèrent en différents monastères. Pour lui, portant aussitôt la ferveur et les austérités au plus haut point, il fit appréhender, tout en commençant, que sa santé n’en fût ruinée à jamais.

Mais le Seigneur, qui voyoit de quelle utilité elle seroit à l'Eglise, la rendit beaucoup meilleure qu’elle n’avoit encore été. Les persécuteurs recherchant de plus en plus les évêques, Fauste fut obligé d'abandonner son monastère, et le disciple , par les conseils du maître, passa à un monastère voisin, où l’un de ses amis de jeunesse ,nommé Félix, étoit abbé. Celui-ci voulut céder sa place à Fulgence,qu'il en croyoit plus digne, et il fit tant d'instances par lui-même et par tous les frères, que l'humble Fulgence , quelque résistance qu'il püt faire, fut contraint d'entrer au moins en partage du gouvernement. On le chargea du soin de l'instruction, en considération de son éloquence qui commençoit à se faire connoître. Bientôt il lui fallut encore abandonner cette seconde retraite, à cause des incursions des Barbares, et avec lui toute la communauté se transporta au territoire de Sicque, dans un lieu moins exposé, agréable d'ailleurs et fertile, mais voisin d’une paroisse gouvernée par un prêtre arien. Fulgence et Félix y furent pris pour des évêques déguisés en moines, qu'on s'empressa d'arrêter et de conduire au prêtre arien.

Pour préliminaire et sans nulle information, l'hérétique Barbare ordonna de les flageller. Epargnez mon frère, dit l'abbé Félix : il n’a pas la force de souffrir les tourments, et il expireroit sous les coups. Déchargez tout le poids de votre colère sur moi qui suis son guide et le chef de toute l'entre-

ise, On commença aussitôt par Félix, dont la charité étonna

e Vandale sans le rendre moins féroce. Après que cet ami généreux eut été long-temps et rudement maltraité, la fureur de l'hérétique n'étant pas encore satisfaite, on en vint à Fulgence qui fut flagellé à son tour. Cependant il demanda à parler : dépleyant insensiblement tous les charmes de son éloquence, il

re AE CE

300 an 505.) HISTOIRE commença par le motif de son voyage, passa aux matières de la religion, les traita avec tant de grâce et d’onction, que ce méchant prêtre se sentit ému. Mais se roidissant contre l'opération de la grâce, et rougissant de paroître attendri: Frappcz plus fort, dit-il aux exécuteurs, je pense qu'il voudroit me séduire moi-même. Enfin i1fit raserla tête aux deux confesseurs, et les renvoya honteusement dépouillés.

Ils se retirèrent, comme autrefois les premiers disciples de l'Evangile, en se réjouissant d’avoir été jugés dignes d’endurer des opprobres pour le nomde Jésus-Christ. Ce sentiment étoit si fortement empreint dans le cœur de Fulgence, que l’évêque arien de Carthage , quirévéroit son illustre famille, ayant appris cette indignité et voulant châtier sévèrement son prêtre, Fulgence usa de tout son pouvoir afin de l’en empêcher. Quelques sollicitations qu'on lui fit de laisser faire justice pour contenir la violence des sectaires.en mille oceasions qui ne se présentoient que trop souvent , il répondit avec une douceur inébranlable, qu'il étoit doublement indigne d’un religieux , et de tirer vengeance d'un hérétique, et de l'obtenir par le moyen d'un autre hérétique. Fulgence et ses compagnons retournèrent après cela à leur première demeure, aimant encore mieux se voir exposés aux incursions des Maures idolâtres, qu'à l’impiété des Vandales ariens.

Ledésir de s’avancer de plus en plus dans Ha piété, etsurtout de vivre inconnu et sans nulle considération , fit dans la suite concevoir au saint le projet de se retirer parmiles anachorètes, de l'Egypte, qu'il ne connoissoit encore que par les conférences de Cassien. Il s’embarqua secrètement à cet effet : mais des personnages très-vertueux et très-expérimentés qu'il vit en Sicile, où il relâcha aussi-bien qu’en d'autres endroits del'’ltalie, le détournèrent du voyage de l'Egypte , où leschisme et l'hérésie régnoient avec insolence. De retour en Afrique, et ne pouvant respirer l'air contagieux du siècle, il établit aussitôt une nouvelle communauté dans la Bysacène. Mais l'amour de l'obscurité demeurant toujours imprimé au fond de son cœur, à la première occasion il passa de ce nouveau séjour dans une île écartée où il y avoitun monastère d'unetrès-rigoureuse observance. Là , il étoit au comble de ses vœux, vivant cn

Page 1