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DE L'ÉGLISE. (An 505.) 30 quérants des Gaules les portant longs, on mettoit un air de faste et de grandeur à les imiter. C’est pour la même raison qu'on fait encore souvenir les clercs que leurs habits et leurs chaussures doivent convenir à l'humilité deleur état. Ilest dit que les diacres ne pourront être ordonnés qu’à vingt-cinq ans, les prêtres etles évêques à trente, et qu'avant d'éleveraux ordres des hommes mariés, il faut avoir le consentement de leurs femmes , exiger qu'ils se séparent de demeure, et qu'ils vouent la continence aussi-bien qu'elles. On ne permet de donner le voile qu aux vierges âgées de quarante ans, ce qui doit s’entendre, selon toutes les apparences, de celles qui restoient au milieu des dangers du siècle. Il est expressément ordonné à tous les fidèles de n’excepter du jeûne quadragésimal que les dimanches, et non les samedis, sans doute parce que les Goths, venus d'Orient, en avoient apporté la coutume de ne point jeûner les samedis de carême. L'usage de peuples germaniques , d'habiter plus volontiers les campagnes que les villes, et que les Romains commencoient à imiter, fit permettre les oratoires ou chapelles domestiques. Mais on enjoint de célébrer les fêtes de Pâques, de Noël, de l'Epiphanie , de l’Ascension, de la Pentecôte et les autres jours solennels dans les églises paroissiales, et l’on excommunie ceux qui ces jours-là dirontla messe ou feront l'office dans les oratoires, sans la permission de l’évêque. Les laïques qui ne communient point à Noël, à Pâques et à la Pentecôte, ne doivent pas être réputés catholiques. :Il leur est aussi formellement commandé d'assister le dimanche à la messe, et d'y rester jusqu'à la fin.
Saint Césaire eut vraisemblablement beaucoup de part à ce
canon. Ïl se proposoit la réformation d’un abus alors fort
commun parmi les fidèles, qui s’'émancipoient à s’absenter des instructions du salut. Pour les empêcher de sortir de l'éghse aussitôt après l’évangile , et par conséquent sans avoir entendu l'homélie ou sermon, son zèle le porta souvent à fermer les portes, et les coupables mêmes lui surent gré de cette espèce de contrainte : tant il est vrai que la foiblesse humaine veut être quelquefois soutenue par des moyens différents des règles communes, mais qui n’en sont pas moins efficaces entre Îles
nains d’une sage discrétion, et surtout d'une haute sainteté,
306 (An 505.) HISTOIRE ;
Le concile ordonne encore très-formellement et très-clairement d'accorder le viatique à ceux qui sont en danger de mort :et donnent des marques de pénitence. En prescrivant l'uniformité dans la célébration de l'office divin, il en détaille les différentes parties, et nous apprend qu'il étoit dès-lors composé d’antiennes, de collectes ou d’oraisons, d'hymnes et de capitules. Par le mot d'antiennes, dont le sens fut depuis restreint, à quelques passages tirés des psaumes, on entendoit anciennement les psaumes entiers, et les hymnes même chantés à deux chœurs, après quoi, et quelques lectures des livres saints, devoit se faire la prière, c'est-à-dire, que le fond de l'office et l'esprit des canons, c’est de prier après avoir chanté. Chanter, c'est semer, dit dans ua de ses sermons saint Césaire, quidoitêtreregardé ici comme son interprète; et prier, c'est couvrir le grain, de peur que les oiseaux ne l'emportent. On peut s'étonner que la petite ville d'Agde ait été choisie pour ce concile, mais elle étoit plus importante qu’on n'imagine dans l’ordre ecclésiastique.Il y avoit à Agde un monastère ‘de trois cent soixante moines, fondé quelque temps auparavant -par saint Sévère, syrien de naissance; et cette seule maison fournissoit bien des facilités pour la célébration d’un concile. Un des plus illustres disciples de ce saint abbé fut saint Maixent , Pour mieux vivre dans l'obscurité, ilseretira du Languedoc, sa patrie, dans un monastère de Poitiers, et ne quitta son vrai nom, qui étoit Ædjuteur. I] gouverna ensuite, quoique reclus , un monastère déjà établi aux environs de Poitiers, et qui a pris le nom de ce saint, ainsi que la ville qui s'est formée à l'entour. On raconte que ses moines voyant venir une troupe de soldats français, le tirèrent malgré lui de sa cellule, pour interposer sa médiation dans le péril qui les effrayoit. Il pria la troupe d’épargner son église. Pour toute réponse, un soldat brutal tira l'épée, et leva le bras pour le frapper : mais le bras de cet impie resta immobile jusqu’à ce que se jetant aux pieds du saint, il fut guéri par ses prières. Ce miracle parvint à la connoissance de Clovis, qui rendit de grands honneurs au saint abbé , et dota son monastère.
1 Act, Bened. t. 1, 578.
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