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DF L'EGLISE. (Ax 518.) 297 pereur. Montez sur l'ambon, père des fidèles ; que tardezvous ? Vous êtes orthodoxe ; instruisez votre peuple, publiez tout à l'heure le saint concile, anathématisez Sévère le manichéen ; qu'on déterre les os de tous les disciples de Manès. Sainte Mère de Dieu, celui qui ne se déclare pas pour votre adorable Fils, doit être lui-mêrae traiié en mamichéen. Longues années au nouveau Constantin ! longues années à la nouvelle Hélène ! Enfin l'enthousiasme du peuple fut tel, que ne pouvant exprimer dans une seule langue tout ce qu'ils sentoient, ils méloient des expressions latines, asiatiques et barbares au grec, qui étoit leur langue naturelle. Après qu'ils eurent ainsi crié de toute leur force, et répété les mêmes acclamations pendant fort long-temps : Mes frères , leur dit le patriarche, ne troublez pas l’ordre sacré des cérémonies ; je vous répondrai quand le moment en sera venu ; et il entra dans le sanctuaire avec son clergé.
Le peuple cria plus fortement encore : Chargez, nous vous en conjurons, des malédictions qu'il mérite, frappez de l'anathème l’hérétique Sévère; vous ne sortirez point que vous n'ayez anathématisé Sévère. Le patriarche montant sur l'amvon, leur dit : Vous savez, mes très-chers frères, les combats que j'ai soutenus pour la foi de n'étant que simple prêtre : je ne me suis pas démenti dans l'épiscopat ; je n'ai jamais rien souffert contre les saints dogmes, ni contre le saint concile. À quoi bon ce tumulte ? Nous révérons tous les conciles qui ont confirmé le symbole de Nicée, principalement celui de Constantinople, celui d'Ephèse et le grand concile de Chalcédoine. Les acclamations reprirent et continuèrent durant plusieurs heures ; puis on ajouta à cris redoublés : La fète du concile, la fête du grand concile de Chalcédoine, qu'on l'annonce sur-le-champ, nous ne sortirons point d'ici qu'elle ne soit annoncée ; nous y passerons toute la nuit. Annoncez la fête pour demain, oui pour demain, sans plus différer. Le patriarche proposa de prendre le consentement de l'empereur ; mais le peupie insista, en répondant de la bonne volonté ainsi que de la foi de Justin, et en demandant toujours que la fête fût annoncée sur-le-champ. On la fit donc annoncer par un diacre, en ces termes : Nous faisons savoir que demain nous
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338 (An 518.) HISTOIRE
célébrerons en ce lieu la mémoire de nos saints évêques les Pères de Chalcédoine, qui, avec ceux de Constantinopie ct d'Ephèse, ont confirmé le symbole de Nicée. Cette fête fut établie à perpétuité, et les Grecs font encore en ce jour, c'està-dire, le dimanche le plus proche du 16 de juillet, la mémoire des six cent trente Pères de Chalcédoine, et tout à la fois des autres conciles généraux. Le peuple reprit ses clameurs, et dit long-temps tout d'une voix : Qu'on anathématise encore Sévère, l'ennemi de la Trinité, l'ennemi des Pères, le blasphémateur insensé qui a eu l'audace de dire anathème au saint concile de Chalcédoine; nous ne sortirons point sans cela. Alors le patriarche prit les suffrages de tous les évêques présents, dont douze sont nommés, et l'on prononça l'anathème contre Sévère.
Le lendemain, lundi 16 juillet, on célébra en effet la fête du concile. Le patriarche étant à l'église, le peuple fit encore mille acclamations en l'honneur de l’empereur et de l'évêque, puis s'écria : Rendez à l'Eglise les reliques de Macédonius, c’est-à-dire, du dernier patriarche de ce nom, banni pour la foi; rendez à l'Eglise les confesseurs exilés ; rendez la fête complète ; remettez en honneur les noms d'Euphémius et de Macédonius ; mettez les quat:e conciles dans les dyptiques : mettez-y Léon, archevêque de ome ; apportez les dyptiques sur l’ambon. Le patriarche dit qu’il vouloit les contenter ce jour-là, comme on l'avoit fait la veille : mais que pour agir régulièrement, il falloit assembler les évêques, et agir de concert avec l'empereur. Le peuple cria que personne ne sortiroit, qu'il falloit déférer sur-le-champ à leurs vœux, et il ferma les portes ; ce qui obligea le patriarche à prendre les dyptiques, et à y insérer en leur présence les quatre conciles, avec les no d'Euphémius et de Macédonius ses prédécesseurs, et celui du pape saint Léon. Alors Le peuple s'écria content : Béni soit le Seigneur qui a visité et délivré son peuple ! Et l'on fit monter à l'ambon les chantres, qui entonnèrent le trisagion pour le commencement de la messe, qui ect le moment où on le chante dans la liturgie grecque. Quand le temps de lire les dyptiques fut venu, tout le peuple s'empressa vers l'autel pour écouter eu grand silence ; et dès que le diacre eut proféré, avec les
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DE L'ÉGLISF. (A 218.) 339 noms des quatre conciles, ceux d'Euphémius , de Macédonius et de saint Léon, tous s’écrièrent à haute voix : Que la gloire vous en soit rendue, Seigneur ! après quoi la messe s'acheva tranquillement. C’est ainsi que le peuple de Constantinople signala son zèle, dès qu'il vit un prince orthodoxe sur le trône.
Mais pour donner une forme canonique à ce qu'il avoit exigé, le patriarche Jean tint un concile de quarante évêques qui se trouvoient à la capitale, et qui ratifièrent ce qui venoit de se passer. Ils statuèrent encore que les clercs bannis pour la cause d'Euphémius et de Macédonius seroient rappelés et rétablis dans leurs places, et l'on référa le tout à l'empereur, pour l'exécution.
Le patriarche de Constantinople manda ces nouvelles consolantes à celui de Jérusalem, aussi-bien qu'aux évêques des autres siéges importants , et leur envoya les actes de son conche, qu'il les prioit d'approuver. La plupart conçurent une sainte joie de cette heureuse révolution, et se prêtèrent à tout ce qu'on désiroit d'eux. Ils s'élevèrent même avec force contre le petit nombre de réfractaires, surtout contre Pierre d'Apamée et Sévère d'Antioche : ils n’eurent point de relâche, que ces loups travestis en pasteurs ne fussent chassés du bercail. Mais il ÿ avoit quelque chose de plus pressant pour l'église de Constantinople, savoir, son entière réunion avec la mère de toutes les églises, ou avec Rome, dont elle étoit séparée en quelque sorte depuis trente-quatre ans que le patriarche \cace avoit été condamné. L'empereur Justin la souhaitoit ; le patriarche Jean ne demandoit pas mieux, et le pape Hormisdas, héritier du zèle et de la sagesse de Symmaque, étoit fort éloigné d'opposer d'autres difficultés que celles que le respect des lois indispensables ne permettoit pas de franchir.
Aux premières propositions qui lui furent adressées par l'empereur et le patriarche, il prit la résolution d'envoyer une nauvolle légation à Constantinople. Il donna aux légats des instructions à peu près semblables à celles du pape Symmaque, avec moins de précautions ; cependant, les esprits étant beau-
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340 (AN 518.) HISTOIRE coup mieux disposés que sous Anastase. Les légats portoient en même temps des lettres pour l'empereur, pour l'impératrice Euphémie, pour le patriarche et son clergé, pour le comte Justinien, neveu et successeur présomptif de l’empereur , et pour quelques autres personnes de la plus haute distinetion. Mais les errements capitaux étoient tracés dans un libelle ou formulaire, que le souverain pontife avoit dressé avec son conseil, et que les Orientaux devoient nécessairement souscrire pour rentrer dans l'union.
Voici cette pièce, omise par Fleury, et l’une des plus importantes de l'histoire de l'Eglise.
«La première condition du salut, c’est de garder la règle » de la vraie foi, et de ne s’écarier en rien de la tradition des » Pères. Et parce qu'il est imposible que la sentence de Notre- » Seigneur Jésus-Christ ne s'accomplisse point quand il dit : » Tu cs Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, etc. ; » l'événement a justifié ces paroles ; car la religion catholique » est toujours conservée inviolable et sans tache dans le siége » apostolique. Ne voulant donc pas déchoir de cette foi, sui- » vant au contraire en toutes choses les réglements des Pères, » nous anathématisons tous les hérétiques, principalement » l'hérétique Nestorius, etc. C'est pourquoi, commeil adéjà été » dit, suivant en toutes chose le Siége apostolique , et publiant » tout ce qui a été décélé par lui, j'espère mériter d'être avec » vous dans une même communion qui est celle de la chaire » apostolique dans laquelle réside la vraie et entière solidité » de la religion chrétienne : promettant aussi de ne point ré- » citer dans les saints mystères les noms de ceux qui sont sé- » parés de la communion de l'Eglise catholique, c'est-à-dire, » qui ne sont pas d'accord en toutes choses avec le Siége apo- » stolique. Que si je me permets de m'écarter moi-même en » quelque chose de la profession que je viens de faire, je me * déclare par ma propre sentence au nombre de ceux que je » viens de condamner. J'ai souscrit de ma main cette profession » qui est la même, et je l'ai envoyée à vous, Hormisdas , saint » ct vénérable pape de la grande Rome. »
À peine les légats furent-ils débarqués en Grèce, que les évêques avec leurs peuples alloient au-devant d'eux en pro-
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DE L'EGLISE (AN 519.) 3hi cession, les soldats portant des croix, et les autres fidèles des cierges allumés. Le formulaire d'union: souscrit par chaque évêque, étoit lu dans l'église principale, au rontentement inexprimable de tous les assistants. À dit milles äe Constantinople, les légats furent reçus par le comte, depuis l’empereur Justinien, accompagné des grands de l'empire et-suivi detoute la population de la ville impériale. Enfin arrivés à Constantinople, les légats furent traités avec la plus grande distinction par l’empereur. Le formulaire fut lu devant lui, en présence du sénat et de quatre évêques choisis par le patriarche. Après la lecture, les légats demandèrent aux évêques, s ils trouvoient le libelle conforme aux règles de la foi et de la vérité. Les évêques répondirent que tout y étoit vrai. Si cela est vrai, reprit aussitôt l'empereur, qui vous empêche de le recevo‘r? Quelques-uns des sénateurs présents ajoutèrent : Nous sommes des laïques; vous qui devez nous: guider en qualité d'évêques, mettez en pratique la vérité à laquelle vous rendez hommage et nous vous imiterons.
On tint quelques jours après une assemblée générale au palais, où se trouva le patriarche , qui souscrivit le libelle , témoigna sa parfaite unanimité avec le pape, reçut le concile œcuménique de Chalcédoine avec ceux de Nicée, de Constantinople et d'Ephèse, et condarana tous les téméraires qui avoient osé tenir une autre conduite. On effaça des dyptiques les noms des derniers patriarches opposés aux six cent trente Pères, sans épargner celui du fameux Acace, dont l'intérêt faisoit depuis long-temps la picrre d'achoppement des Orientaux. La joie du peuple fut extrême ; ils participérent à la communion avec tant de ferveur et en si grand nombre, «1: les ecclésiastiques n'avoient «ucun souvenir qu'unc pareille multitude eût communié en un jour.
11 fut ensuite question de donner un patriarche orthodoxe au peuple d'Antische. Après de grandes difficultés et de longs débats sur le choix du sujet, l'empereur prit v : nrêtre de
1 « Toutes les églises , en signant cette forinule, dit Bossuet, profcssoient que Ja » foi romaine , la fui du Siége apostolique st de l'Eglise romaine étoit assure: : ine » entière et parfaite solidité, et que, pour qu'elle ue manquit jamais, elle à cte at- » fonmie par uue promesse certaine du Seigneur, »
l'église de Constantinople, catholique décidé et fort éclairé qui pendant deux ans passés à Antioche, avoit fortement résisté à l'hérétique Sévère. On le voulut ordonner à Constan:inople ; maïs les légats représentèrent, au nom du pape, qu'il devoit être ordonné sur les lieux, suivant l'ancienne coutume ; Rome empêchant constamment, en verin des canons ‘+ Nicée, que les patriarches de Constantinople n'empiétasseut sur la juridiction des autres éplises.
L'empereur Justin donna ses ordres pour faire arrêter le faux patriarche Sévère, et l’amener à Constantinople rendre compte de sa conduite. Vitalien demandoit qu'il eût l4 langne coupée ; maïs Je blasphéruateur prévint les poursuites , et gagna le port de Séleucie, où il s'embarqua pou: lexandrie, to:jours gouvernée par l’évêque Timothée, dont il fut très-bien acmneilli. Pierre, évêque d'Apamée, fut envoyé en exil avec un grand nombre d'autres hérétiques coupables des mêmes «ttentats. Il n'y eut ‘guère alors de contre-temps que dans le lieu d’où l’on avoit moins sujet d'en attendre ; et l'on compte jusqu'à deux mille cinq cents évêques, qui, sous l'empire de Justin, confirmèrent par leurs lettres le concile de Chalcédoine, et souscrivirent sans hésiter le fourmulaire du pape Hormisdas.
Si les évêques de Thessalonique avoient toujours paru si dévoués aux souverains pontifes, dont ils étoient les vicaires dans l’Ulyrie occidentale, il s'en fallait bien que Dorothée, alors en possession de ce siége, pensât comme ses prédécesseurs. Il dissimula, quand il vit la cour favoriser la réunion, et les légats occupés à la consommer. Il se montra même des plus ardents comme des premiers à l'accepter. Mais ce n'étoit qu'un piége qu'il vouloit tendre aux ministres du pontife. En effet, l'un d’entr'eux, attiré à Thessalonique sous omb:e d'un plus grand bien, ou pour réunir plus facilement les esprits, manqua d'y périr dans une émeute populaire. Le perfide archevêque l'avoit excitée sous main. en faisant entendre que les envoyés de Rome n'étoient que |. : : ‘moteurs d'une persivution contre la partie la plus saine à ‘ Egliser.
geste Germ, p 1509.
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DE L'ÉGLISE. (An 519.) 343
Le pape Hormisdas ayant été informé d’une manœuvre si odicuse dans un évêque, marqua la plus grande modération, Laissons à l'empereur, écrivit-il aux légats, , le soin de punir l'injure faite à sa puissance plutôt qu'à nous. Ce qui nous regarde, c'est que personne ne se convertisse sans Connoissance de cause, et ne soit contraint à faire profession « de la foi sans être persuadé. Ainsi paroissoit-il apprébender qu'un zèle trop vif n'eût emporté ses légats, car personne n “étoit plus circonspect ! ni plus réservé dans ses démarches que ce pontife, et rien en même temps n'échappoit à l'étendue de son zèle et à la supériorité de ses vues.
Tandis qu’il s’efforçoit d’extirper le schisme de l'Orient, il prenoit les plus sages précautions pour en préserver toutes les autres parties de l'Eglise. Il eut grand soin de prévenir saint Avit de Vienne et saint Césaire d'Arles, deux des plus brillantes lumières de la Gaule, contre le mauvais exemple de l'Illyrie. Il eut soin de leur faire éonnoître!, et par eux à toutes les Gaules, tant les prélats revenus à l'unité, que ceux qui persévéroient “dabs le schisme, afin de prémunir les foibles contre les artifices des séducteiits. Jamais enfants ne furent plus dociles aux avertissements du père commun des fidèles , et jamais on ne vit plus de vertu dans les évêques de nos provinces. Mais c'étoit dans ceux qui obéissoient äu roi de Bourgogne qu “elle éclatoit d'une manière plus frappante. Sigismond qui régnoit alors donnoit, au milieu des périls de la cour, l'exemple de la ferveur au clergé mêmer. Plus courageux que son père Gondebaud, qui n'avoit jamais osé professer la doctrine dont il reronnoissoit la vérité, le fils faisoit une profession éclatante de la vraie foi. Il n’avoit pas même attendu qu'il fût maître, pour se déclarer en faveur des plus fervents orthodoxes. Du vivant de son père, il rebâtit le célèbre morastère d'Agaune,
c'est-à-dire, de Saint-Maurice en Valais. Quand il se vit sur le trône, il le dota richement. On compte jusqu à seize tcrres qu'il ai donna dans les diverses provinces de sa dépendance. \i voulut que la majesté du culte répondit à cette royale munificence, et il rassembla un nombre suffisant de moines pour les diviser en huit ba::des, et fournir à la psalmodie perpétuelle.
1 Ado. îin Chr, Marii, Chr.
344 (An 519.) HISTOIRE
Dés le commencement du règne de Sigismond, saint Avit, secondant son pieux souverain , Convoqua un concile à Epaone, que l’on roit être Albon, au diocèse de Vienne !. 11 fut composé de vingt-cinq évêques, tous du royaume de Bourgogne, et célébré dans le mois de septembre de l'an 517, Ce concile suffiroit seul pour donner une juste idée des prélats qui siégeoient alors dans les Gaules. On y vit une multitude de saints, honorés depuis d'un culte public. Saint Avit, comme archevêque de Vienne, capitale du royaume de Bourgogne, et saint Viventiol de Lyon y présidèrent. On remarque ensuite saint Apollinaire de Valence, frère d'Avit; saint Pragmace d’Antun et saint Grégoire de Langres, dont le moindre relief étoit sa naissance, iustre même entre les maisons patriciennes. 11 avoit contracté ng mariage digne de son extraction, et avoit exercé la dignité de comte d’Autun pendant quarante ans. Il fut élevé sur le siége de Langres après la mort de sa femme, et gouverna trente-deux ans cette florissante église. C’est lui qui, ayant trouvé à Dijon les reliques du martyr saint Bénigne, bâtit une église où il les transporta ; et pour leur faire rendre un culte convenable à leur célébrité, il fonda de son bien un riche monastère. On trouve encore dans ce concile les souscriptions de saint Claude de Besançon, de saint Silvestre de Châlonssur-Saône, de saint Maxime de Genève, et de saint Florent d'Orange,
On y dressa quarante canons de discipline, dont le premier fait concevoir de quelle importance étoit censée l'assistance aux conciles, puisqu'on excommunie l'évêque qui ose y manquer pour tout autre cause qu'une maladie grave et notoire. La même chose avoit été ordonnée l'année précédente, au concile de Tarragone en Espagne. Le quatrième canon d'Epaone défend aux évêques, aux prêtres et aux diacres, de nourrir des chiens ou des oiseaux pour la chasse. Le cinquième empêche qu'un prêtre ne desserve une église dans un diocèse étranger, sans le consentement de son évêque naturel, ou, comme on parle aujourd'hui, sans obtenir son excat; ce qui montre l'ancienneté de ce point de discipline.
3 Tom. 1v, pag. 1557.
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Mais ce qu'il y a de plus édifiant dans ce concile, et sur quoi l'on insiste davantage, c est l'esprit de détachement et de désappropriation, relativement aux biens ecclésiastiques. 1l est défendu au prêtre qu gouverne une église, de faire, tandis qu'il la gouverne, aucune acquisition qu'au nom de cette église. Un clerc, tiré d’un diocèse pour devenir évêque d’un autre, doit rendre au diocèse qu'il quitte, les biens ecclésiastiques qu'il y possédoit ; d'où il est manifeste qu'on ne jouissoit encore des bénéfices, dans ces provinces, qu'à titre de rétribution pour le service actuel. Les legs qu'un évêque fait des biens de l’église, sont déclarés nuls, à moins qu'il ne la dédommage sur ses biens propres.
Le concile n'est pas moins exact, par rapport à la fréquentation des femmes. Le vingtième canon défend à tous les clercs sans exception, de rendre des visites aux personnes du sexe, à des heures tant soit pen indues ; de les voir que pour des choses nécessaires, et qu'en présence de quelques prêtres ou de quelques diacres. Il est défendu par le trente-deuxième canon, aux veuves des prêtres et des diacres de se remarier. On sait quelle fut constamment la discipline des Gaules pour le célibat de ces clercs, et l'on doit se souvenir que ies femmes qu'ils avoient épousées avant leur ordination, n'étois! jlus regardées depuis que comme leurs sœurs.
On voit encore par ce concile, que les abbés étoient soumis à la correction des évêques, et que les clercs qui pouvoient se défendre aux tribunaux séculiers, ne devoient point y plaider en demandant, sinon par l'ordre de l'évêque. Nous avons observé qu'en ce dernier chef, telle étoit aussi, au moins depuis quelque temps, la discipline de l’église de Constantinople.
La même année 517, il se tint à Gironne en Catalogne un concile daté de la sixième année du règne * : héodoric, qui gouvernoit l'Espagne comme tuteur de son petit-fils Amalaric. Ce qui est ordonné pour la chasteté des clercs, achève de prouver clairement la pureté de la discipline occidentale à cet egard.
Le sixième canon porte que les clercs qui ont été ordonnés étant mariés, depuis l'évêque jusqu'au sous-diacre inclusivement, habiteront séparément de leurs femmes; que s'ils ne