‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 88 sur 146 · SR ES ET RG 2 TES · texte numérisé non relu

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seconde telle que nous l'avonsencore. Ce prince qui considéra beaucoup les savants, quelle que füt son ignorance, et qu’on l'accusa de ne savoir pas même lire , sut discerner les plus habiles jurisconsultes de son temps, et seservit principalement de Tribonien, qui étoit questeur, c'est-à-dire. à peu: près ce que nous appelons chancelier.

On ne sauroit refuser à Tribonien les plus grands éloges du côté de la science ; mais il la déshonorvit par une lâche avarice, qui publioit ou supprimoit les lois suivant l'intérêt des particuliers qui lui faisoient des présents1. On remarque encore la corruption de ses principes, aux vestiges de paganisme qu'il a laissés dans les écrits des anciens dont il a composé le Digeste.

Après tous ces réglements de justice, Justinien fit pendant le reste de son règne un grand nombre de constitutions ou d'édits, qu'on recueillit après sa mort et à qui l’on donna le nom de Novelles. Il en est un grand nombre pour le bien de l'Eglise et des mœurs. Par la septième, on défend l’aliénation des biens ecclésiastiques dans tout le détail convenable pour l'exécution. La sixième proscrit la simonie avec une sévérité qui fait comprendre à quel point les abus étoient déjà montés en ce genre. On condamne les coupables à la perte de Ja dignité qu'ils ont voulu obtenir, et de celle qu'ils possédoient antérieurement, ainsi qu'à la restitution du prix sacrilége , au profit de l'Eglise. Les laïques sont condamnés à restituer au double, et à l'exil perpétuel. La même loi veut que l'évêque ne soit pas marié, qu'il n'ait point d'enfants, et fait un devoir général de la continence aux prêtres et aux autres clercs. Elle règle aussi le nombre des prêtres et de toutes les personnes du clergé de Constantinople, proportionnément à la nécessité du service et aux revenus de cette église. Comme il n'y avoit pas de quoi entretenir convenablement ce nombre de cleres accru sans bornes par trop de facilité de la part des évêques , l'empereur défend de faire des ordinations nouvelles avant que cette multitude de ministres ait été réduite au pied de la fondation.

3 Proc. B. Pers. c. 24, 25.

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On ne verra pas sans étonnement jusqu'où ce nombre montoit dès-lors. Il est statué que la grande église de Constantinople en particulier n'aura que soixante prêtres, cent diacres, quarante diaronesses , quatre-vingt-dix sous-diacres, cent dix lecteurs et vingt-cinq chantres; en tout quatre cent vingt-cinq ecclésiastiques, sans compter cent portiers, qui semblent n'être pas regardés comme clercs, Il est vrai que ce clergé desservoit deux autres églises, avec la cathédrale.

Dans la novelle cinquième, il est à remarquer qu’on ne devoit point fonder de monastère sans la permission de l’évêque, et que c'étoit à lui de choisir l’abhé. Le noviciat duroit trois ans , pendant lesquels on ne portoit pas l’habit. A la prise d’habit étoit attachée la profession. Si quelque esclave se réfugioit dans un monastère pour s’y faire moine, il falloit que son maître le revendiquât dans le cours des treis années du noviciat, sans quoi l'esclaveétoit affranchi parla profession,

Justinien fit d'autres réglements, qui comblèrent de jnie tous les gens de bien et les vrais citoyens. Il chassa de la ville les femmes de mauvaise vie, et donna une maison où l'on reçut toutes celles qui voulurent se convertir. On faisoit avant lui un commerce odieux et infâme d'enfants, que leurs propres parents mutiloient pour les vendre plus cher : Justinien défendit ces indignités, sous des peines dont la crainte pût étouffer le cri de l'avarice, qui étoufloit celui de la nature. La loi qui s’opposoit à ce que les charges fussent désurmais vénales ne fut pas moins agréable au public, qui craignoit que la vénalité des emplois n’entrainât celle de la justice.

L'esprit actif de cet empcreur n'oublia point la partie de la guerre. Dès le commencement de son règne, il montra une noble vigueur à soutcnir la majesté de l'empire. Il envoya demander aux Perses quelques places enlevées aux derniers empereurs, et mit en même temps une armée puissante sur la frontière ; il fallut en venir aux mains, et Bélisaire qui la commandoit, prit de force ce qu'on avoit refusé de restituer. Ce général reçut dans ces expéditions de grands services du roi des Huns et de celui des Hérules ou Elures , ainsi appelés

UNov.G 10,0. a.

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à cause des marais qu’ils habitoient. Graïtis, roi de ces derniers, éfant venu à Constantinople , fut si touché des spectacles magnifiques de religion qu'on lui donna, et des discours del'empereur , qu'il se fit chrétien avee douze des principaux de sa nation, ses parents ou ses ministres. On engagea ensuite, par toute sorte de bons traitements , une partie de son peuple à limiter. Justinien leva lui-même le roi converti des fonts baptismaux.

1] leva de même Gordas roi des Huns, qui se fit aussi baptiser. Mais il paroît que le christianisme n'avoit pas si bien pris parmi les Huns que parmi les Hérules. Le rei Gordas étant à peine arrivé de Constantinople dans son pays, où il signala sa première ferveur par la ruine des temples et des idoles, ses sujets l'égorgèrent, se concertant pour cela avee son frère Monagère, qu'ils élevèrent sur le trône. Justinien fit aussi embrasser le christianisme aux Indiens nommés Axumites, aux Zanes qui occupoient une partie de l'Arménie, et aux Abasges qui habitoient les environs du Caucase. H adoucit les mœurs féroces des Zanes, après les avoir vaincus par ses généraux, et il fit cesser parmi les Abasges la coutüme: barbare d'enlever aux parents leurs plus beaux enfants pour les faire eunuques et les vendre oux Romains. En Ethiopie) sur la frontière d'T vpte, les Blémyens et les Nobates, tri: butaires des Rom asoïient encnre des pratiques ls plus révoltantes de l'idolâtrie. Les Blémyens en particulier sacrifioient souvent des hommes au soleil. L'empereur donna ordre à Narsès, qui commandoit dans ces quartiers , d'arrêter \es sacrificateurs, d'abattre les temples, et d'envoyer les idoles à Constantinople r.

Ce fut le même zèle dans le sein de l'empire, tant contre l'idolâtrie que contre l’hérésie ; et s’il y a quelque reproche à faire ici à Justinien, c'est d'avoir poussé les choses jusqu'à l'excès. Il fitune multitude de parjures et d hypocrites, réduisit quelques vbstinés à se tuer de désespoir, oceasiona même de dangereuses séditions. El étoit si sévère contre les violateurs des lois publiées en faveur de la religion, que deux évêques

1 Evagr. 1v, c. 20, etc. Theoph. p. 146 et seq.

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DE L'EGLISE. (an 530.) 365 ayant été convaincus d'impudicité peu après la publication d'un édit contre ce vice, il les fit déposer, mutiler ensuite, puis promener par toute la ville, précédés d'un crieur qui disoit : Apprenez, pasteurs des peuples, à ne point profancr la sainteté de votre caractèret.

Il avoit compris les Samaritains parmi les hérétiques, et les voulut traiter avec la même rigueur, maisils s’attroupèrent, prirent les armes, commirent les impiétés et les cruautés les plus inouïes, jusqu'à couper par morceaux des prêtres tout vifs, et faire frire leurs membres palpitants avec les reliques des martyrs. Le chef des révoltés se nommoit Julien, et avoit pour lieutenant un autre furieux nommé Sylvain , qui ne signala pas moins sa rage contre les fidèles. Saint Sabas lui avoit prédit dix ans auparavant, qu'il périroit par le feu. Pendant la plus grande fermentation des esprits, Julien vint à Scythopolis pour y tramer quelque trahison, fut reconnu, arrêté, et sur-lechamp brülé au milieu de la ville,

Mais son fils Arsène, hardi et rusé menteur, eut le front d'aller à Constantinople, trouva moyen de se pousser bien avant dans les bonnes grâces, tant de l’empereur que de l'impératrice, et tourna tellement l'histoire de la mort de son père, qu'il leur inspira la plus vive indignation contre les chrétiens de Palestine. Cependant depuis les derniers ravages , cette province désolée avoit plus besoin que jamais de la faveur et des grâces du souverain, Il étoit impossible de payer les impositions ordinaires , et Pierre, patriarche de Jérusalem, de concert avec les évêques de sa dépendance, tentoit toutes les voies d'en obtenir la remise. Dans la conjoncture délicate des calomnies d’Arsène ct des préventions de la cour, on n'imagina rien de plus efficace que d'engager le saint vieillard Sabas,qui vivoit encore, à faire de nouveau le voyage de Constantinople, et à se rendre le médiateur d'un peuple fidèle, dont le zèle peut-être un peu trop ardent faisoit tout le crime.

Il ne se fit pas presser , et partit sans délai, quoiqu'il fût âgé de quatre-vingt-treize ans. L'empereur en fut instruit et touché. 11 envoya ses galères au-devant de lui, avec le pa-

4 Hp 251. Nov. LXV, a — 2 Vit, S. Sab. c. 62.

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triarche et déux autres évêques, se prosterna à ses pieds sitôt qu'il le vit, reçut sa bénédiction avec le témoignage de la vénération la plus profonde, puis lui baisa la tête, sur laquelle il disoit avoir aperçu une couronne de lumièret. On atrorda au saint beaucoup plus qu'il ne demandoit. L'empereur, informé de la vérité par un organe si sûr, tourna toute sa colère contre les Samaritains, principalement contre le fourbe Arsène, pour qui le charitable Sabas eut encore la générosité d'intercéder. Mais il eut aussi la consolation de le convertir avec toute sa faction. Justinien vouloit faire de grandes largesses aux solitaires, en considération de leur saint abbé, et leur assigner des revenus fixes et certains; mais Sabas s’opposa constamment à la libéralité du prince, enle suppliant de ne pas les priver parlà des ressources beaucoup plus assurées qu'ils avoient dans le Seigneur, qui étoit, lui dit-il, leur riche partage, et qui avoit fait pleuvoir le pain du ciel dans les déserts. Ce que nous vous demandons, poursuivit-il d'un ton de prophète, c'est quelque secours pour les fidèles qui ont été pillés; c'est le rétablissement des églises brûlées par les infidèles, avec Ja fondation d'un hôpital pour la sainte cité. À ces conditions, et si vous continuez à extirper les hérésies, sachez que le Tout-Puissant ajoutera à vos états l'Afrique, la grande Rome, et le reste de l'empire d'Honorius, perdu par vos prédécesseurs. Justinien accorda tout. On commença par bâtir à Jé. rusalem un hôpital de deux cents lits, avec un revenu de quatre mille sous d'or, c'est-à-dire, d'environ vingt mille livres de notre monnoie, le sou d'or valant à peu près cent de nos sous. Le saint abbé , après une négociation si heureuse, ne tarda point à partir pour la Palestine, où il fut reçu en triomphe. Peu après il tomba malade, et mourut âgé de quatre-vingt-quatorze ans. Son collègue et son ami, l'abbé saint Théodose, étoit mort trois ans auparavant.

Dans le temps que ces deux lumières du désert s’éteignoient en Orient, l’astre le plus brillant de la vie cénobitique se levoit au contraire pour l'Occident. Benoît, issu d'une famille distinguée , aux environs de Norsie en Italie, et de là envoyé à

1 Vit, S, Sab, ce. 7u.

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DE L'ÉGLISE. (An 530.) 367 Rome pour les études, y fut si effrayé de la corruption des jeunes gens de son âge, qu'il abandonna secrètement la ville, et se retira dans une caverne sauvage, à quarante milles de distance. Il y demeura trois ans, sans que personne en sût rien, excepté un seul moine du voisinage, nommé Romain, qui l'ayant trouvé dans sa grotte, le confirma dans son dessein , le revêtit de l'habit monastique, et lu fournit du pain pour sa nourriture. Après cet espace de temps, il fut découvert par des bergers , qui le voyant vêtu de peaux et caché dans les broussailles , s'en éloignèrent avec effroi, comme d’un monstre sau-

vage. Mais quand ils eurent reconnu la manière de vivre de ce : digne serviteur de Dieu , leur crainte se changea en admira-

tion et en une confiance religieuse. Ils l'écoutèrent comme un ange descendu du ciel, quittèrent, à ses exhortations, leurs premières mœurs, et l’imitérent suivant leur portée, Le saint habitant de la caverne devint célèbre dans tout le voisinage; tout le monde accourut vers lui; un champ vaste et fertile s'ouvrit au zèle apostolique qu'il respiroit.

De peur néanmoins que l'orgueil ne corrompit ses vertus, Dieu permit qu'il fût humilié par la tentation. Un jour qu'il étoit seul , le souvenir d'une personne du sexe qu'il avoit vue autrefois, fit une telle impression sur son âme, qu'il lui vint en pensée de quitter sa solitude et tous ses pieux desseins. Mais bientôt irrité contre lui-même du péché qui régnoit malgré lui dans ses membres, et voyant prés de là des toufles épaisses de ronces et d’orties, il se dépouilla de tous ses vêtements , et se roula dans les épines jusqu'à ce que son corps füt tuul en sang. Ce courage héroïque le délivra pour toujours du démon de la chair.

Non loin de sa retraite et près de Tivoli, étoit un monastère dont les moines qui venoient de perdre leur abbé, le prièrent instamment de le remplacer et de les conduire dans les sentiers étroits de la perfection. Il résista long-temps, en leur disant qu'ils ne s’accommoderoient pas de ses manières. La prédiction ne fut que trop vraie. Par une noirceur propre à de méchants moines, honteux de se révolter hautement contre un saint, et trop lâches pour quitter leurs mauvaises habitudes, ils résolurent de le faire périr secrètement, en lui donnant du vin

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empoisonné; mais au moment de la table, tandis qu'il en faisoit la bénédiction selon sa coutume, le verre se cassa avec bruit, comme s’il eût été frappé d'un coup de pierret. Le saint connut en même temps par révélation de quel péril il étoit préservé; et se levant avec un air et un visage tranquilles : Dieu vous le pardonne, mes frères, leur dit-il; mais votre haine est aussi gratuite que cruelle, N'est-ce pas vous qui m'avez obligé d'être votre supérieur? Ne vous avois-je pas annoncé que vous ne vous accommoderiez point de moi? Cherchez enfin un maître qui vous convienne. Aussitôt il les quitta pour retourner à sa première solitude. Il y devint plus célèbre de jour en jour par ses miracles et par l'éclat de ses vertus. Les jeunes gens vinrent le trouver en foule, et les maisons de Rome les plus illustres lui donnèrent leurs enfants à élever. De ce nombre furent Maure,fils d'Equice, et Placide, fils du patrice T'ertulle , l’un et l’autre des plus renommés dans la suite entre ses disciples. Enfin les prosélytes arrivèrent en si grand nombre, qu'il bâtit douze monastères, dont l’on montre encore les emplacements. Il mit dans chacun douze religieux avec un supérieur particulier.

Mais son plus fameux établissement, le chef-d'œuvre de la vie régulière et l’heureux berceau de l'ordre de saint Benoît, fut le monastère du Mont-Cassin, au royaume de Naples. Quand le saint abbé s y rendit pour la première fois, il restoit sur cette montagne un ancien temple d’Apollon que les paysans du voisinage adoroient encore, ‘et tout à l'entour, des bois consacrés où ils faisoient leurs cérémonies superstitieuses.

. Benoît y étant arrivé, brisa l'idole et l'autel, coupa le bois,

eut assez d'empire sur l'esprit des idolâtres pour leur faire embrasser la foi, et bâtit, dans le temple même qu'il conserva, un oratoire de saint Martin, un autre de saint Jean, et tout près delà, son monastère,

Alors il jugea nécessaire de mettre par écrit ce qu'il s'étoit lusque-là contenté d'enseigner de vive voix, la bouche du Supérieur ne suffisant plus à nn si grand nombre de disciples, qui devoient se multiplier encore infiniment davantage par la

1 Act, SS. Bened. c, 3.

DR SE > CE RS nn ST Lis Dar 87:

DE L ÉGLISE, (Ax 530.) 369 suite des temps. Tout austère que nous paroît aujourd'hui Ja

u'il en règle de saint Benoît, il ne s’y proposoit néanmoins que de sa avec réduire la perfection évangélique à des préceptes pratiques qui 2€ saint fussent à la portée d'un plus grand nombre de personnes, et il étoit il avoit spécialement en vuc celles qui ne se sentoient pas Ja quilles : force de soutenir le genre de vie des premiers solitaires. La fin s votre de cette règle, comme de toute la vie monastique, c'est de us qui partager le temps entre le travail et Ja prière. Pendant l'hiver, si Le on se levoit à deux heures pour l'office de la nuit, qui est

still nommé vigile, el composé comme aujourd'hui, quoique dans OU: E4 198 un ordre moins invariable et tant soit peu différent , d'une

int plus hymne, de psaumes, de lecons et de répons. Au point du jour, t de nes on devoit commencer laudes , que le saint appelle matines, et les mai- dans l'intervalle de ces deux offices, on s’occupoit de la médinfents à tation et de la lecture. L'office élant plus long les jours de fête Placide, et de dimanche, on s'y levoit plus matin, ainsi que pendant nés dans l'été; l'office du matin ou laudes, devant toujours sc com- ROUE ONE “mencer à la pointe du jour, et l'office de Ja nuit devant le préptit l'on céder de tout le temps requis pour les méditations ordinaires ndoRse et pour les lectures, La distribution des psaumes pour chaque heure est marquée telle qu'on l'obséive encore parmi les dis- HA 3 ciples du saint. 1] paroît cependant qu'elle n'étoit pas aussi fixe, Benoît, où d’une obligation aussi stricte que dans les offices d'au- Naples. | jourd'hui, puisque le pieux instituteur dit positivement, que il restoit si quelqu'un n'est pas content de la distribution dés psaures , bare ] il peut les ranger autrement, pourvu qu'en chaque semaine on sd bois À dise tout le psautier, que nos pères, ajoutè-t-il, avoient la as ra * ferveur de réciter tout entier chaque jour. | he sh à Après l'office du matin, c'est-à-dire à six heures en été, et HE : plus tard suivant le degré de jour ou les saisons, on alloit au AE travail qui duroit jusqu à dix heures, puis on donnoit encore

deux heures à la lecture. Après midi, ily avoit à peu près toi autant de travail que dans la matinée ; en tout , sept heures au md moins par jour. 1! paroït cependant que dés-lors tous les

SA du moincs n'étoient pas généralement et nécessairement occupés SCIp L de travaux rudes et grossiers, tels que la culture de leurs terres De par la

et la récolte de leurs moissons ; mais seulement quand la nécessité du lieu, ou la pauvreté les y obligeoit. On a pu, suivant De A PR

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les circonstances, substituer les travaux de l'étude à ceux des mains; il a même convenu de le faire, quand la coutume s’est introduite de conférer les saints ordres au plus grand nombre des religieux. Is étoient presque tous simples laïques, au temps de saint Benoît, et l'on ne croit pas que lui-même ait recu aucun ordre ecclésiastique.

L'habit des moines étoit le vêtement ordinaire des pauvres ou des gens de la campagne, c'est-à-dire, la tunique; la cuculle dont l'étoffe varioit suivant les saisons, ct pour le travail, le scapulaire plus large et plus court qu à présent. Quant à la qualité des étoffes, on choisissoil les plus communes du pays : le saint abbé n’en marque pas la couleur. Les lits consistoient en une natte, ou une paillasse piquée , un drap de serge, une couverture, un chevet, et l'on couchoit tout vêtu , afin d'être toujours prêt pour l'office, |

Quant à la nourriture, on accorde pour chaque repas deux portions cuiles, non compris une troisième portion des fruits ou des légumes qui croissoient dans les terrcs du monastère, et par jour une livre de pain, c'est-à-dire douze onces, qui faisoient la livre romaine. Pour la boisson, on acorde un démiselier de vin, comme par indulgence, parce qu'il étoit devenu difficile, dit le saint abbé, de faire goûter aux moines plus d'abstinence en cette matière. Les heures des repas varioient suivant Îles saisons. T'out l'été, c'est-à-dire depuis Pâques jusqu'à la mi-septembre, on dinoit à sexte ou midi, et l'on soupoit au déclin du jour, si ce n'étoit les mercredis et vendredis qu'on jeünoit, hors le seul temps pascal, jusqu'à l'heure de none, ou pour mieux dire, jusqu'à une heure et demie marquée par la règle pour la récitation de l'office de none, On dinoit à cette même heure durant tout l'autonne et l'hiver. Pendant le carëme, on mangeoït seulement au soir. Pour le souper, en quelque saison que ce fût, il devoit se faire de jour Les moines faisoient la cuisine tour à tour ; ce qui ne l'annonce pas fort avantageusement. On avoit beaucoup plus de suin des malades, à qui l’on accordoit toutes les viandes qui pouvoient Jeur être bonnes; au lieu que la chair des quadrupèdes étoit interdite aux religieux qui se portoient bien,

La règle attribue une grande autorité à l'abbé. Dans les

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DE L ÉGLISE, (An 530.) 371 affaires , il doit consulter les anciens, ét ème assembler toute la communauté ou le chapitre pout les choses d'importance; inais après avoir pris l'avis de chacun, la décision dépend de lui seul , et tous doivent s'y soumettre. Personne, sanssa permission, ne doit recevoir ni présents ni lettres, ni sortir de l'enclos du monastère, Tels sont les points capitaux et les plus dignes de remarque dans la règle de saint Benoît, trouvée si sage, qu'elle est devente avec le temps la règle presque universelle de tous les moines d'Occident. On rapporte la fondation du Mont-Gassin au pontificat de Félix III

De son temps, et sous le règne d'Athalatic ; roi des Gotlis en Italie, qui ne traita pas les catholiques avec moins d'équité que ne l’avoit fait Théodorit, son aïeul, dans son plus beau temps; on publia une loi digne d'attention, pat la connoissance qu’elle nous donne du point où en étoit alors l’autorité temporelle des papes à Rome. Athalaric; oti plutôt Amalassonte mère du jeune roi et régente du royaume, en confirmation de l’ancienne eoutume, ordonna que si quelqu'un vouloit attionnet un clerc de l'Eglise romaine, il s'adresseroit premièrement au pape, et ne pourroit recourir au juge séculier Fit avoir prouvé le déni de justice de la part de l'Eglise.

insi l'autorité où juridiction temporelle des souvetains pontifes ne s’étendoit encote que sur les clercs en défendant, avec appel au juge séculier.

1l n’en étoit pas de même du pouvoiret du régime purement spirituel, qui s'étendoit dans toutes les parties du monde chrétien. L'an 529, il se tint à Orange dans les Gaules ; un concile dont la confession de foi fut aussitôt portée à Rome, pour être confirmée t, [l ÿ avoit encore dans les provinces méridionales de la Gaule quelque reste du semi-pélagianisme, qui avoit pris naissance dans les monastères les plus renommés pour leut ferveur, et qui en étoit d'autant plus difficile à extirper. Nous avons appris , disent les Pères au nombre de treize, y compris saint Césaire leur chef; nous avons appris que quelques personnes par simplicité-conservent des sentiments peu conformes à la foi catholique; c'est pourquoi nous jugeons à propos de

1 Tom. 1v. Conc. p. 16.

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