‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 89 sur 146 · THEN TRE · texte numérisé non relu

THEN TRE

372 (Ax 530.) HISTOIRE faire recevoir certains chefs précis de doctrine qui en assurent l'intégrité,

Les articles qui suivent ce préambule sont au nombre de

vingt-cinq, dont les huit premiers, en forme de canons, portent en substance : Que le péché d'Adam, passé du père aux descendants, nuit aux âmes aussi-bien qu'aux corps ; que la prière ne précède pas la grâce, mais que la grâce nous prévient pour nous faire prier; que, ni la réraission des péchés, ni le. commencement de la foi ne viennent pas de nous, mais de la grace; en un mot, que par les forces de la nature nous ne pouvons rien faire ni penser qui tende au salut. Nous devons donc enseigner et croire, conclut le saint concile, que par le péché du premier homme le libre arbitre est tellement affoibli, que personne, avant le Sauveur, n'a pu autrement que par la grâce du Sauveur, aimer Dieu comme

il faut, croire en lui, ou faire le bien pour lui, ainsi qu'après

l’ayénement du Sauveur, le désir même du baptême vient purementde la grâce , et jamais de la nature. Nous n'en croyons pas moins, ajoute le concile, que tous les baptisés devant eccomplir ce qui tend au salut de leur âme, ils le peuvent par le secours et la coopération de Jésus-Christ, s'ils veulent travailler fidèlement, Mais que quelques-uns soient prédestinés au mal, loin de le croire, nous détestons quiconque le croiroit, et nous lui disons anathème. Il y eut vers le même temps, sur le même objet de la grâce, un concile à Valence, où l’on confirma pareïllement la doctrine catholique.

Gelui de Vaison, du 5 novembre 529, ne fut qu'une entrevue de charité. On y fit cependant quelques canons dignes de remarque. Pour l'utilité du peuple, on commit aux prêtres Je soin de prêcher dans les paroisses de la campagne , ainsique dans les villes. Si quelque infirmité empêche le prêtre de précher, le diacre lira une homélie des Pères. À l'exemple du saint Siége et de l'Orient comme de l'Italie, on dira le Kyrie eleison dans nos églises; et à toutes les messes, même du carême et des morts, on dira trois fois Sanctus, comme aux messes publiques. On récitera aussi dans nos églises le nom du pape; et au Gloria Paui, on ajoutera Sicut erat in principio, comme il se pratique en Afrique etenlialie, à cause des ariens.

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DE L'ÉGLISE. (An 530.) 373 Dans le concile de Earpentras , tenu deux ans plus tôt, il avoit été ordonné que les dons faits aux églises de la campagne seroient tout entiers pour leurs clercs où pour leurs réparations, si l'église cathédrale étoit assez riche; que si l'évêque n'a point assez de revenu pour la dépense qu'il est obligé de faire, après avoir laissé aux paroisses ce qui suffit, tant pour leur clergé que pour leurs réparations, ik prendra le surplus:

L'église d’ Espagne, sous la domination des Visigoths ariens, se montrôit d'autant plus attentive à la conservation, soit du dogme, soit de la discipline, que le mélange des nations corrompuss fournissoitune matière plus abondante à la vigikince, Noa content d'infliger de nonvelies peines aux empoisonneurs et aux incéstueux, le concile de Eérida pourvut à ce que les cleres, témoins assidus de la férocité des Barbares, nesedépartissent pas pour cela des anciennes maximes de la douceur ecclésiastique. M léur défendit, sous peined'être exclus à jamais des ordressupérieurs, de répandrele sang humain pour quelqueraison qu'on püt alléguer , même pour défendreune villeassiégée.

Le deuxième concile de Tolède, tenu en 527, confirma les canons. anciens, touchant la continence- des clercs et la défense des mariages entre parents en tout degré connu de parenté. Lesinterstices des ordinations sont marqués-dans ce concile d'une manière nette et instructive. Les enfants destinés a ka cléricature, porte le premier canon, seront d'abord tonsurés et mis au rang des lecteurs ; quand ils auront dix-huit ans aceomplis, onles avertira de la liberté où ils sont encore de se marier ; ques'ils promettent librement de garder la continence, on les ordonnera sous-diacres à vingt ans; à vingtcinq accomplis, si leur conduite a été édifiante, en leur conférera Fordredu diaconat; si ayant été mariés, ils promettent en ge mûr, du consentement de leurs femmes, de garder la continence, ils pourront aspirer aux ordres sacrés. A la fin de ce concile, Tolède est qualifiée de métropole , et c'est la première fois qu'on lui doune ce titre,

C'étoit Boniface IV qui remplisson alors la chaire de saint Pierre , pour hquelle il avoit été ordonné , le 15 vetobre 530, un mois ou deux après la mort de Félix IT. Boniface étoit Romain de naissance, mais Goth de nation. Son élection ne

374 (Ar 532.) AISTOIRE

fut pas du goût de tout le monde. On élut en même temps un certain Dioscore, qui étant mort un mois après, entraina avec lui l'extinction du schismes. On dit que Boniface le fit condamner et anathématiser après sa mort : ce qu'on prit pour un réssentiment qui tenoit plus do la dureté de son origine Larbare, que de la douceur convenable au vicaire du Sauveur

des hommes. ]Il ne déplut pas moins en marquant le diacre Vigile pour son successeur et en forçant les évêques de s'en-

gager par écrit à l'exécutian du décret qu'il en fit faire dans

un concile, le 12 novembre. Mais ayant bientôt reconnu sa faute, et s'étant aperçu qu'il avoit agi d'une manière toute contraire aux saints canons, il assembla un nouveau concile,

fit annuler le premier, et brûla lui-même publiquement le dé-

cret par lequcl il avoit prétendu lier les évêques. Le Seigneur

laissa peu de temps ce pontife à la tête de son église. Boniface mourut au mois d'octobre au de novembre de l'an 532, et

il eut pour successeur Jean, surnommé Mercure, Ramain d'ori-

gine ainsi que de naissance, et prètre du titre de saint Clément.

Sur la fin de Boniface, il y eut une affaire très-intéressante portée à son tribunal. Etienne, métropolitain de Larisse en Thessalie, accusé par-devant le patriarche de Constantinople, déclara qu'il ne relevait point de ce siége, mais du pape comme tous les évêques de l'Tilyrie. On ne laissa pas de le mencr de force à Constantinople, où le patriarche Epiphane porta une sentence contre lui, en prenant toutes les mesures possibles, de peur qu'il ne s’échappât et ne se rendît à Rome.

Mais si l'archevêque ne put y aller, il trouva moycn d'y faire

passer sa plainte par Théodose, évêque d'Echine et l'un de | ses suffragants. Celui-ci, en son nom et au nom de plusieurs | autres évêques de la province de Thessalie , présenta requête contre la sentence prononcée à Constantinople , au préjudice de la juridiction du saint Siége. Il est incontestable, dit-il, que bien que le siége apostolique s’attribue à bon droit la primauté sur toutes les églises du monde, il a un droit tout particulier sur celles de l'Illyrie. Le pape assembla un concile dont Je jugement ne nous est point parvenu dans sa tencur expresse,

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