‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 90 sur 146 · ES · texte numérisé non relu

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DEF L'ÉGLISE. (An 533.) 37° mais qu'on sait avoir maintenu les droits du patriareat d'Oc cident.

L'an 533, il se tint à Orléans un concile plus connu, et que l’on compte pour le second de cette ville. I1 fut nombreux, et composé des évêques sujets des trois rois, Théodoric, Chilaebert et Clotaire. Ces princes chrétiens et barbares, qui firent long-temps un bizarre alliage des œuvres du zèle et des excès de là cruauté, après s'être souillés du sang de leurs propres neveux, des enfants de Clodomir dont ils vouluient envahir les états, rassemblèrent leurs évèques respectifs à Orléans, comme la ville le plus à portée des différents diocèses, pour travailler au rétablissement de la discipline. La simonie étoit un des plus grands maux quiaffligeät l'Eglise, et de jour en jour elle prenoit de nouveaux accroistcments. Le concile ordonna de rejeter comme un réprouvé quiconque tenteroit d'obtenir l’épiscopat à prix d'argent. Il défendit à tout prêtre de demeurer avec des laïques, sous peine d’être privé des fonctions du sacerdocc : tant la corruption du siècle paroissoit contagieuse pour les ecclésiastiques. qui devoient demeurer seuls, ou avec des gens de leur état, dans une espèce de communauté. On

renouvela la défense qui avoit déjà été faite d'ordunner les diaconesses , à cause de la fragilité du sexe, et l'on excommunia les abbés qui méprisoient les ordres des évêques.

11 y eut vingt-six évêques à ce concile, sans compter les députés de cinq absents. On croit qu Honorat, archevêque de Bourges, y présida. On y vit cinq autres métropolitains, savoir, Flavius de Rouen, successeur de saint Gildard ou Godard, Léon de Sens, Injuriosus de Tours, Julien de Vienne, successeur de saint Avit, et Aspais d'Eause. Les Pères du concile prirent leur place à l'ordinaire, suivant la dignité de leu siége, sans égard au rang de l’ordination, quoi qu'en disent des auteurs, d'ailleurs très-exacts, qui peuvent avoir été trompés par l'ordre arbitraire des souscriptiuns. En effet, Chronope de Périgueux, dont la souscription suit celles d'Aspais d'Éause, de Léonce d'Orléans et d'Eleuthère d'Auxerre, éloit plus ancien dans l'épiscopat que ces trois évêques, puisqu'il avoit assisté au prewicr concile d'Orléans avec leurs prédécesseurs.

376 (an 533.) HISTOIRE

Flavius de Rouen est honoré dans son église, sous le nom de saint Flien, et l'on garde son corps à Saint-Martin de Pontoise. De son temps, le roi Clotaire fonda à Rouen ke monastère de Saint-Pierre et Saint-Paul, qui a pris dans la suite le nom de Saint-Ouent. Léon de Sens et Julien de Vienne sont aussi honorés comme saints. Quoiqu'Injuriosus n'ait pas reçu publiquement le même titre, il marqua pour tout ce qu'il jugeoit importer à la religion, un zèle qu'on ne trouve guère que dans les saints. Le roi Clotaire avoit ordonné que toutes les églises de son royaume lui payassent un tiers de leurs revenus. Plusieurs prélats, par un esprit de pusillanimité, ou par des vues encore plus blämables d'intérêt et d'ambition , ne se mirent pas seulement en devoir de faire des remontrances : mais le digne successeur de saint Martin alla trouver le monarque, et lui fit si bien concevoir le danger de s'approprier les dons offerts à ce grand saint, que le roi se condamna luimême, demanda pardon, et pria l'évêque d'intercéder pour Jui auprès de son saint prédécesseur 1. Entre les autres évêques de ce concile, les plus renommés par leurs éminentes verius sont saint Lo de Coutances, saint Eleuthère d'Auxerre, saint Innocent du Mans, saint Agrippin d’Autun et saint Gal d'Auvergne, tous honorés d’un culte particulier par l'Eglise

Saint Remi étoit mort dès le commencement de cette année 533. Il nous reste de lui un testament, dont la plus rigoureuse critique ne sauroit nier l'authenticité. Il institue ses héritiers, avec l'église de Reims, Loup, évêque de Soissons, et le prêtre Agricole ses neveux. Nous voyons par ses différentes donations, qu'il étoit fort riche en terres patrimoniales | et en esclaves. Entre les dons faits à son église, le plus digne fi d'attention est un vase magnifique qu’il avoit reçu du roi Clovis, et dont il voulut qu'on fit un ciboire et un calice. Sur le calice qui devoit servir à la communion du peuple, il ordonna de graver trois vers latins qu il avoit déjà fait mettre sur un vase de l'église de Laon, et qui témoignent de la manière la plus claire et la plus formelle, que le calice consacré contient le même sang qui a coulé des pluics du Rédempteur 2.

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