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DE L'ÉGLISE. (An 533.) 377 Hincmare, évêque du même siége long-temps après lui, rapporte que ce calice s'étoit conservé jusqu'à son temps, et qu'on le fondit pour tirer les captifs de la servitude des Normands. Saint Remi lègue au prêtre Agricole une vigne, à la charge de faire pour lui une offrande à l'autel les fêtes et les dimanches, et de donner tous les ans un repas aux prêtres et aux diacres de l'Eglise de Reims. Le zèle de la paix et de la concorde donna l'origine à ces festins de charité, qui devinrent peut-être trop communs dans les suivants.
Une multitude de saints et de saintes, fidèles aux lecons et aux exemples d’un si digne pasteur, édifièrent le pays de Reims sous son épiscopal. Mais rien ne parut plus admirable qu’une famille de sept vierges chrétiennes qui habitoient le voisinage. Elles avoient toutes reçu le voile de saint Albin de Châlons, et répondirent si parfaitement à ses espérances, que toutes méritérent d’être honorées comme saintes. Ménéhou, la plus jeune, est la plus connue : c'est d’elle que la ville nommée auparavant Auxuëne, a pris le nom de Sainte-Ménéhou. Vers le même temps, et dans la même province, on vit arriver une famille encore plus nombreuse de saints étrangers. Le plus renommé de la troupe qui consistoit en sept frères et trois sœurs, fut saint Gibrien qui la conduisoit. Ils avoient tous pris naissance en Irlande : mais la réputation des églises de la Gaule les ; attira, et ils s'y consacrèrent aux exercices de la piété en différents monastères. Le nombre de ces pieux asiles s’y multiplioit de toute part.
Dans la seule province de Neustrie, nommée depuis Normandie, nous trouvons dès-lors trois célèbres instituteurs de la vie cénobitique dans les saints Marcou, Evroul et Vigor. Saint Marcou, originaire de Bayeux, fut ordonné prêtre par saint
Possesseur de Coutances, et chargé d'annoncer la parole de
Dieu. Il le fit avec tout le succès d'un apôtre qui confirme ce qu'il prêche par d’éclatants prodiges. Plusieurs prélats, secondant ses inclinations, se servirent de lui pour établir en diverses parties des Gaules différents monastères, dont celui de Nanteuil dans le Cotentin fut le premier. Son zèle le porta jusque dans la Grande-Bretagne, où il communiqua le même csprit de retraite et de détachement. Il vint terminer sa carrière