HA
42} (AN 553.) HISTOIRE avoit été fait par écrit trois ans auparavant, et à charge de demeurer secret, selon la promesse de Justinien.
Le questeur représenta aussi avec combien d'instance on avoit pressé Vigile de venir au concile prendre le rang convenable au chef del'épisropat. Aussitôt après il remit un ordre de l'empereur, à l'effet d'ôter des dyptiques le nom de ce pape, qui favorisoit l'impiété en refusant d'assister au concile où on vouloit la proscrire. Mais nous conservons, dit-il, toujours ay nom de l'empereur, nous conservons religiensement l'unité avec le siége apostolique, et nous nous promettons que vous Ja conserverez également. Cette distingtion, que différents auteurs donnent confusément pour remarquable, et qui peut l'être en effet dans quelques circonstances, méritoit bien qu'on lui donnât quelque développement, Rappelons-nous donc qu'il y avoit plusieurs sortes d'excommunications , et par conséquent de communions. Les prélats pouvaient être unis, soit dans la participation et la célébration des saints mystères, soit dans l'ordre et les fonctions de la hiérarchie. Or, si Justi nien, en voulant faire effacer des dyptiques le nom du souverain pontife, prétendit autre chose que exclure de la première des communions que nous venons de marquer, il est visible que la distinction qu'il mettoit entre la chaire de Pierre et la personne du pape, n’est remarquahle que par sa frivolité. Vigile alors n'étant pas déposé , mais en pleine jouissance du ministère pontifical, tant de fait que de droit ; l'unité avecle saint Siége, exclusivement au pontife qui l'occupoit, n'eût plus été qu'une chimère. Mais, sans pousser plus loin lu subtilité de ces discussions, il est du moins incontestabie q'ui, empereur ne pouvoil rien ordonner contre le pouvoir tout spirituel du vicaire de Jésus-Christ. Les évêques, ajoute-t-on néanmoins, reçurent et approuvèrent cet ardre de Juslinien. Mais on peut très-sagement présumer que cette approbation , qui nese trouve pas dans tous les exemplaires du concile, est une des altérations que les ennemis de l'Eglise ont faites dans quelques-uns de ces exemplaires extrémement différents des autres. Cette diversité peut aussi provenir en parlie de ce qu'on aura supprimé ce qui paroissoit le plus désavantageux au pape Vigile, quand il cut enfin approuvé ce concile.
ro Fr À JA A PA À Ve 2 Dh pd
se -
rge de
nce on g con- \ ordre de ce concile il, tousement ns que diffé- , et qui it bien 1s-nous , et par e unis, ystères , 1 Justi lu soula pre- ,ilest Pierre ivolité.
nce du avecle ,neût loin la qui
nts des de ce ta geux
DE L'EGLISE. (An 553. ) 425
On tint la huitième conférence le second jour de juin.
Sans prendre les voix des évêques en particulier , on lat Ja sentence qui étoit toute dressée , et qui condamnoit Théodore de Mopsueste avec ses écrils impies ; les impiétés écrites par Théodoret contre la vraie foi, savoir, contre les douze chapitres de saint Cyrille, contre le concile d'Ephèse, et pour la défense de Théodore et de Nestorius; enfin, la lettre d'Tbas à Maris, comme niant que le Verbe se soit incarné et fait homme de la vierge Marie, accusant saint Cyrille d’être hérétique et apollinariste, blâmant le concile d'Ephèse d'avoir déposé Nestorius sans examen, et défendant Théodoret ainsi que Nestorius, avec leurs écrits pernicieux. Le concile anathématisa tous ces ouvrages, et les apologistes qui prétendoient les soutenir par l’auturité des Pères de Chalcédoine; puis il ajoutez quatorze anathèmes, qui renferment en abrégé toute Ja dactrinede l'Incarnation contre les erreurs de Théodore de Mopsueste et de Nestorius. Ici encore plus qu'ailleurs, les Pères du cinquième concile insistent sur la condamnation que le pape Vigile avoit faite des mêmes erreurs de vive voix et par écrit, et ils ont grand soin de faire connoître au monde chrétien tous les mouvements qu'eux et l'empereur s’étoient donpés , pour que ce pontife assistät avec eux aux assemblées. Maisil s’en est tenu, disent-ils, à sa promesse de donneren particulier son jugement. Pour nous, nous avons jugé à propos comme notre religieux empereur nous y exhortoit, de nous assembler en commun, suivant les anciens exemples des Pères, qui ont tenu en leur temps les quatre conciles généraux, parce qu'il convient de terminer en commun ces questions d'éclat en matière de foi.
Telles sont les expressions qu'emploient du moins en quelques endroits, les Pères de ce concile. S'ils usent aussi des termes qui signifient une nécessité absolue de décider les questions de foi en commun ou en concile, il est évident et ils ont soin d'insinuer que c'est dans les questions qui intéressent ct agitent toute l'Eglise, que cette nécessité a lieu. Mais ce seroit une affectation bien mal édifiante, que de s’obstiner à leur faire dire sans réserve et sans modification, qu'il n'y a point d'autre moyen pour connoître la vérité dans les questions de la