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426 (An 553.) HISTOIRE
foi, que de les traiter en commun : énoncé qui, dans le cas présent, ne peut guère offrir que l'idée de concile général. On ne veut pas sans doute prêter au cinquième concile les subterfuges inventés si long-temps après pour éluder les décisions de l'Eglise. Comment imaginer que ce concile refuse l'infaillibilité et le droit de décider à l'Eglise dispersée, après qu’on Jui a vu reconnoître que Valentin, Marcion et bien d'autres sectaires avoient été mis très-légitimement au nombre des hérétiques, quoiqu'ils n'eussent été condamnés par aucun concile général? Ne voit-on pas ces évêques s'appuyer des sentiments de Vigile, encore qu'il ne se trouvât point > leur assemblée ? S'ils insistent sur la convenance ou la nécessité même de juger en commun, ils partent des conjonctures où ils se trouvent, et de l'intérêt qu'ont les conciles de voir le successeur de Pierre à leur tête. C est un trait sensible de prévention, de conclure de ces cas particuliers à la nécessité indispensable de traiter en concile, ou du moins en concile général, toutes les questions de la foi.
On trruve les noms de cent soixante-cinq évêques dans les souscriptions du cinquième concile, parce qu'il en étoit sans doute arrivé quelques-uns depuis la première conférence, où ils assistèrent en moindre nombre. Mais les auteurs des cent soixante-cinq souscriptions, dira-t-on peut-être, fussent-ils réellement présents, ne formoient qu'un nombre peu considérable pour ces premiers temps, où il y avoit une si grande multitude d'évêques. D'ailleurs ceux de l'Occident, c’est-àdire de la moitié du monde chrétien, non-seulement ne s'y trouvoient pas, mais n'y avoient pas même été convoqués, et le successeur de Pierre refusa d'y présider, parce qu'il croyoit avoir à craindre qu'on ne forçât les suffrages, et qu’il étoit déjà privé personnellement de la liberté. De plus on ne recucillit pas les voix de chaque Père en particulier, selon la méthode constamment usitée jusque-là aans les conciles. Quoi qu'il en soit de ces procédés extraordinaires, le jugement de ce concile fut très-orthodoxe, et il ne s’y fit rien de contraire, ni aux lois de l'Eglise, ni aux décisions que Vigile craignoit tant d'infirmer. Le concile de Chalcédoine, après avoir exigu des auteurs des trois chapitres la confession de foi la plus or -
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DE L'ÉGLISE. (An 553.) 427 thodoxe et la plus formelle, laissa précisément, et de peur d'un plus grand mal, leurs personnes en paix, sans rien approuver de leurs écrits pernicieux : le cinquième concile, en condamnant les auteurs avec les écrits, non-seulement fit sentir que les motifs d'indulgence qui avaient sagement guidé les Pires de Chalcédoine, ne subsistoient plus, mais il confirma solennellement leur concile, le mit au même rang que lestrois premiers, et condamna l'hérésie d'Eutychès aussibien que celle de Nestorius. C'est ainsi que la Providence empêcha, d'une manière admirable, que les suppôts des puissances de l'enfer, si bien étayées de celles du siècle, ne prévalussent contre l'Eglise.
Le Tout-Puissant avoit, quelque temps auparavant, retiré du monde l'impératrice Théodore qui les protégeoit ; et le factieux évêque , de même nom qu'elle et de même sentiment, avoit beaucoup perdu de son audace et de son crédit. On le vit après cela, se rapprocher insensiblement des orthodoxes, content en apparence d'avoir réussi à faire condamner les trois chapitres. Au moins est-il constant que Théodore de Césarée n'empécha point la condamnation d'Origène, requise par le patriarche de Jérusalem, et sollicitée vivement par tes abhés, Canon et Euloge , ses députés. L'empereur envoya aux Pères l'édit qu'il avoit publié quelques années auparavant contre ces erreurs, et qu'il fit souscrire à Vigile, afin que le pape fût encore censé autoriser cette partie du cinquième concile. Si dans les actes qui nous en restent on ne trouve point cette condamnation d'Origène, c'est qu'on n'a plus de ces actes qu’une ancienne version latine. Mais il nous reste, contre les points capitaux de l'origénisme, quinze canons en langue grecque, sous le nom des cent soixante Pères du concile de Constantinople.
Ce qui parut manquer à ce concile, dans l'esprit des personnes prévenues , fut suppléé dans la suite par Fapprobation du pape, et par l'adhésion de toute l'Eglise catholique, après qu'elle eut eu le temps de s’instruire des faits. Six mois après la célébration, Vigile écrivit au patriarche Eutychius, qu'il se rétractoil et se rendoit enfin à l'avis du concile, parce qu'on ne devoit pas avoir honte de prendre le Lon parti quand on le
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