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du prince n'étoit que tr::1 fondée. À peine les missionnaires eurent converti quelques personnes, quoiqu'assez secrètement, que les moines du pays, de concrt avec quelques seigneurs, excitèrent une violente sédilion. Fidèle à ses promesses, | empereur déroba les missionnaires à la violence, et les fit transporter en lieu sûr jusqu’à ce qu’il pût rétablir le calme; mais il fut presque aussitôt attaqué d’une paralysie, qu'on eut tout lie à d'attribuer au poison.
On le chassa du palais, et l'on couronna un jeune homme du sang impérial, nommé David. Comme cet usurpateur vouloit se maintenir à la faveur de la sédition qui l'avoit porté sur Je trône, un de ses premiers soins fut de se saisir des missionnaires, qu ii fit emprisonner étroitement; ils subirent ensuite un interrogatoire en sa présence. D'abord on leur demanda pourquoi ils étoient venus en Ethiopie. Ils répondirent ingénument, que c'étoit pour instruire les Ethiopiens dans l2 vraie foi de Jésus-Christ. Quoi donc! reprit l'empereur extrêmement irrité, ne sommes-nous pas de vrais chrétiens, moi et mes sujets ? Il les condamna, sans plus d'examen , à être laidés. Néanmoins un moment après, on leur offrit leur grâce, s'ils vouloient recevoir la circoncision suivant l'usage des Ethiopiens, et en professer la religion. Ils rejetèrent ces propositions avec une horreur et un courage dont l'empereur, qui se piquoit d'estime pour les gens courageux, fut si frappé, qu’il commua la peine de mort en ex* * mais les schismatiques furieux, et surtout les moines, s'ez tenant à la première sentence, traînèrent les confesseuzs dans une grande place, où ils furent assommés par huit ou dix mille personnes attroupées en tumulte, Ce fut un prêtre qui jeta la première pierre, en disant anathème à quiconque n'en jetteroit pas au moins cinq.
Dans l’autre hémisphère, sous le ciel glacé du Labrador et du Canada, l'Evangile faisoit dans le même temps des progrès admirables parmi les sauvages les plus barbares, chez les Esquimaux, les Hurons, les Algonkins, les Abnakis, chez les Iroquois même, de tous ces anthropophages les plus inhumains, et en déclinant du nord au sud-ouest, chez les Illinois, les Miamis, et une infinité d'autres peuples dont les noms sont à perne connus. Et ces hommes, qui dans l'infidélité n’en avoient
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que la figure, qui s’abandonnoïient à des excès inconnus mên:: aux bêtes, dès qu'ils furent régénérés par la grâce du baptême, ils parurent des hommes, des citoyens et des chrétiens accomplis, d'une innocence de vie si soutenue et si générale, que la plupart d'eutr'eux la portoient communément au tombeau 1, Avec cette innocence, ils avoient pour la foi catholique un attachement éclairé surnaturellement sans doute, et qui doit passer pour un des plus grands prodiges. Quelle merveille, en effet, que leur constar::: : rejeter, à peine conrertis , les offres avantageuses que 111 firent les Anglais leurs isins, d'entrer avec eux en soviélé de cummerce et de relis sion ? Quel autremaître que l'Esprit saint, put leur persuader, omme ils le reprochèrent souvent à ces tentateurs importuns, qu'une religion sans virginité, sans sacerdoce, sans sacrifice, et presque sans culle, ne valoit pas mieux que leur ancienne infidélité ?
Avec la vraie foi, ces hommes réduits peu auparavant à une vie purement animale, prenoïient des sentiments et des idées dégagés des sens, un fond même de connoissances religieuses qui n'est pas commun dans nos meilleures paroisses d'Europe 2. Les chrétiens Illinois en particulier, naturellement spirituels à la vérité, et beaucoup moins barbares que les autres sauvages, n’ignorent presque aucun trait de l'histoire de l'ancien ni du nouveau Testament 5. Ils sont parfaitement instruits de nos mystères, et des devoirs du chrétien. On leur à donné dans leur langue un excellent catéchisme, de bonnes méthodes pour entendre la messe, pour recevoir les sacrements, pour les prières du soir et du matin, pour faire toutes leurs actions d'nne manière méritoire; et toujours ils ont ces instructions présentes à l'esprit, uA la pratique assidue qu'ils en font les grave de jour en jour plus profondément.
C'est le père Gravier qui a fondé cette belle mission avec des peines incroyables ; non pas que le pays soit aussi rude que le reste du Canada, c'est au contraire la partie la plus agréable et la plus fertile au moins des contrées intérieures de
1 Lettr. Edif. vit. , p. 18get suiv. — 2 Lettr. Edif. t. V1, pag. 175, 223 et suiv. — 3 Ibid. tom. vrr, pag. 63 et suiv,