QE FEES
Far:
Lt £ -; |
En 0 LA
désavantageux au clergé hollandais'. D'un autre côté, l'archevêque d’Ancyre, vicaire apostolique des grandes Indes, s'étant rendu en Hollande pour les affaires de sa mission, avoit rapporté que le mal y étoit à tel point, qu'il le jugeoit presque irrémédiable : sur quoi Innocent XII avoit établi une congrégation de dix cardinaux, pour procéder, avec le plus grand soin, à l'examen de cette affaire; et dès lors il fallut que le vicaire hollandais songeât sérieusement à se défendre.
Il le fit avec assurance, et il fut secondé, tant en France qu'aux Pays-Bas, tandis qu'à Rome l'agent Valloni faisoit jouer tous ses ressorts pour déconcerter les congrégations. Toutefois dès la première, qui se tint le 25 de septembre 1690, il fut ordonné au vicaire apostolique de Hollande de venir se justifier à Rome. Effrayé de ce début, il chercha d’abord à différer son voyage, ou plutôt à ne le faire jamais. Il écrivit des lettres tournées de son mieux, et à l’internonce de Bruxelles, et à la congrégation des cardinaux. Toute son habileté fut inutile : on lui manda, pour toute réponse, que s'il ne partoit incessamment, on nommeroit un autre vicaire. Ses amis jugèrent alors que l’obéissance étoit de saison, et lui persuadèrent de sacrifier ses répugnances personnelles à l'intérêt de la cause commune, Il se mit donc en route au mois de septembre de l’année 1700, accompagné du père Delbèque, augustin et janséniste ardent. Une visite que lui rendit à Padoue le père Serry du même ordre, et l'estime qu'il témoigna pour M. de Fresne et toute la sainte famille, c'étoient les noms que portoient au-delà des monts le parti et son chef, lui firent espérer qu'iltrouveroit de la protection jusqu’à son terme, dont i! n’approchoit pas sans crainte. Comme tous les brouillons qui croient toujours gagner à changer de supérieur, il espéra bien de Clément XT, qui venoit de succéder à Innocent XII.
En effet, le nouveau pape reçut l'archevêque de Sébaste avec de grands témoignages de bienveillance, si l’on en croit le gazetier intéressé de Hollande, qui eut grand soin d'en informer le public. Peu de temps après, M. de Sébaste eut une seconde audience, et le gazetier, bien salarié en fit encore
1 Procès du P, Quesnel, pag. 105.
DE L'ÉGLISE. (An :703) 303
, J'ar- un article important de ses nouvelles : mais enfin le 18 de
Indes, mars 1701, il eut une tout autre audience des cardinaux Ma-
, avoit rescotti, Ferrari et Tanara, commis pour l'interroger. Le
resque public n’apprit rien de celle-ci par le gazetier; mais l'agent
ongré- | Vaucel informa les grands frères qu'elle avoit très fort mor-
grand tifiés, qu’elle avoit abattu le vicaire apostolique!. Cependant que le on lui remit vingt-six chefs d'accusation, sur lesquels on lui 1
ordonna de fournir ses défenses, ce qu'il fit au bout de six
France mois. La dernière congrégation se tint le 7 mai 1702, en pré-
t jouer sence du pape. Toutes les voix, sans exception, furent pour
l'oute- suspendre M. de Sébaste des fonctions de vicaire apostolique,
, il fut | et la sentence donnée dès lors lui fut signifiée quelque temps
> justi- F après. L'abbé du Vaucel, par une lettre du 12 août suivant,
lifférer manda que le vicaire auroit pu se tirer d'embarras, s’il n’avoit
lettres pas marqué tant de répugnance à signer le formulaire d’A-
et à la lexandre VIT. 1l ajoutoit que plusieurs étoient d’avis qu'il au-
le : on roit pu et dû même le faire. 1] y en avoit toutefois qui n’étoient
essam- pas de cette opinion, soit par horreur du parjure, soit par res-
it alors pect pour les quatre évêques d’Alet, de Pamiers, de Beauvais,
sacri- d'Angers, et pour /es orphelins de Laviemur, autrement Portcause Royal. :
bre de Les principaux du clergé batave ne surent pas plus tôt ce qui We
stin et s'étoit fait à Rome, qu'ils dressèrent leurs batteries pour le vs e père faire révoquer. Ils eurent recours au grand pensionnaire Hein- Le
M. de sius, et aux bourgmestres d'Amsterdam, dont trois étoient ne- 1
e por- veux de Codde ou M. de Sébaste. À ces puissantes sollici- 44 spérer tations, les états généraux défendirent à M. Cook, nommé Qi n'ap- vicaire par énterim, d'en faire aucune fonction, que le vicaire fe s qui en titre n’eût été rétabli dans les siennes. C’est ainsi qu'à le à a bien faveur des puissances, non-seulement séculières, mais héréti- {0
ques, les étranges disciples de saint Augustin bravoient le saint F:
‘baste Siége, et se flattoient de lui forcer la main, « L'usage que j'ai L, croit de la cour de Rome et du génie monacal, écrivit à ce sujet le À en in- ) moine apostat Driot, l’un des oracles du parti?; l'usage que ki t une | j'ai de la cour de Rome, me fait juger qu'on n'en aura raison Fa ncore We
1’ Lettre de du Vancel, du 19 marsde 1701. — 3 Lettre du 12 novembre 1702, au P. Quesnel.
Er