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362 (An 1708.) HISTOIKE qu’au moyen des éditions qui s’en étoient faites dans les états protestants, il avoit été falsifié en beaucoup d'articles; que ce que Rome avoit censuré, n'étoit ni la doctrine véritable de l'auteur, ni le sentiment des approbateurs. C'est ce qui fut inséré en particulier dans le journal de Verdun, intitulé, La clef du cabinet des princes 1. Mais la prudence demandoit au moins qu’en faisant un mensonge officieux, on füt assuré du n'être pas démenti par ceux qu'on prétendoit obliger. L’apologiste serviable, si toutefois il n'éloit pas vénal, fut très-mal payé de ses bons offices. Son détour déplut à un écrivain de la confraternité, et le mit de très-mauvaise humeur contre le journal, qu'il appela une rapsadie décorée d'un titre fanfaron, et qu'il démentit de la manière la plus formelle, en déclarant u’on n'avait jamais imprimé les Réflexions morales dans un pays hérétique:. Il prend néanmoins un autre tour pour arriver au même but : il pourroit être arrivé, dit-il, que les dénonciateurs ennemis de la personne du père Quesnel, et même de la saine doctrine, pour rendre l’une et l’autre odieuses, auroient substitué des exemplaires falsifiés par eux-mêmes, à ceux qui sont imprimés par les ordres de M. l'archevêque de Paris. Cet expédient vaut-il mieux que celui du journaliste ? Mais qu'importent les droits de Iæ raison, et les intérêts mêine des frères, mis en cuncurrence avec ceux de l’amour-propre et de l’orgueil, divinité saprême des sectes ?
Il ne paroît pas que ce nouveau défenseur espérât porter grande atteinte à la censure pontificale dans l'esprit des catholiques, puisqu'il attaque en furieux l’autorité même de cette censure. Elle n'est, ainsi a-t-il l'insolence de s’en expliquer, elle n’est qu'un ouvrage de ténèbres, et l'entreprise d'une horrible cabale, Tout s’y est fait fartivement, et l'on ne peut regarder une pareille conduite de la cour de Roine, que comme un attentat scandaleux. Cette cour, ajoute-t-il en schismatique absolument démasqué, est le théâtre des passions humaines, autant et plus que les autres cours, et ses décrets ne sont rece vables que lorsqu'on ne voit rien dans les circonstances du
* Journal d'octobre 1708. — 2 Entretien sur le décret de Rome contre le nouveau Testament de Châlons.
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DE L'ÉGLISE. (An17u8.) 903 jugement qui puisse faire soupçonner qu'il soit l'eflet de l'intrigue et de la passion.
Comme le saint Père n'avoit condamné qu'en général le livre de Quesnel, sans noter aucune proposition en particulier, il parut à Paris une lettre adressée à Sa Sainteté, dont l'auteur prenoit le nom de Guillaume-François, prêtre en France. Ce prêtre en France supplioit humblement le pontife romain de considérer la plaie profonde que son décret faisoit à l'Eglise, de présider en personne au nouvel qu on devoit faire des Réflexions morales, de ne point ! au corps de l'ouvrage, mais de censurer en pa ia jue proposilion condamnable, s’il en trouvoit que: . Il paroît que le parti, au moyen de ce personnage, se | posoit moins d'obtenir grâce que de faire injure, sentant fort bien que la voix du prêtre en France auroit le sort de celle qui retentit dans le désert, ou à l'oreille des sourds. C’est au moins ce que témoigna un de ses t:uchements, le même qui s’en étoit déjà expliqué coatre le journaliste verdunois, et qui avertit le public que ce n’est plus la mode à Rome de révoquer les jugements injustes t.
Dans la même année 1708, le saint Siége, par un autre décret Au 25 de septembre, proscrivit les Institutions théologiques du père Juénin de l'Oratuire. L'évêque de Chartres les condamna le même jour; le cardinal de Bissy, le 16 avril 1709. Elles ont encore été censurées depuis par les évêques de Laon, d'Amiens, de Soissons, et quantité d'autres. Ge qui marque encore mieux à quel point elles sont infectées du jansénisme, c'est que, malgré tous les voiles dont l’auteur a tâché de se couvrir, le cardinal de Noailles en ordonna la correction l'an 1706.
Ni les décrets, ni les bulles du saint Siége ne purent cependant réduire l'opiniâtreté du parti. Ce n’étoient pas seulement les docteurs qui résistoient à la voix de Pierre, et de tous les successeurs des apôtres, mais des laïques, mais de simples femmes, et surtout les vierges de Port-Royal-des-Champs, ne reconnoissoient plus que leurs séducteurs pour pape et pour
# Eatret, sur le Décr. etc, p. 176 et 177.
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