‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 3)Chapitre 133 sur 178 · SEPT S · texte numérisé non relu

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428 (AN 1714.) HISTOIRE de Quesnel, les erreurs quele papey avoitcondamnées. Ilconsentoit bien qu'on parlât dulivre et des propositions, qu'on les condamnât même en général; mais ce qu'il ne vouloit aucunement, c'est qu'on attribuât au livre, ou aux propositions, les erreurs qui s’y trouvoient. Par-là il restoit maître de se retrancher dans la vieille question du fait et du droit; d'avouer qu'un livre, ou des textes qui contiendroïient des erreurs, seroient euxmêmes condamnables, et de nier cependant que le livre et les , propositions de Quesnel continssent les erreurs anathématisées par la bulle. Ainsi ménageoit-il un faux-fuyant, pour sauver le livre et les propositions, non-seulement de Quesnel, mais de -Jansénius, et de toute l’hérésie du jansénisme. Sur cette manœuvre, qui en entraîna tant d'autres , qu'on juge s’il y a de l'injustice et de l'hyperbole à donner la fourbe pour l’attribut de cette faction, Au reste, on ne juge point ici d'intentions qui n'aient été manifestes. L’unique réponse que j'ai pu tirer de M. de Paris, dit sur ce sujet le cardinal de Rohan en pleine assemblée, réponse encore donnée en termes vagues, sans qu'il ait jamais voulu s'expliquer d'une manière précise, c'est qu’il y a dans notre instruelion pastorale une question de fait que * nous dévons éviter.

Quand on eut lu l'instruction à l'assemblée, l'archevêque | de Paris dit, qu'heureusement la division des évêques sur la : bulle, n'intéressoit pas la substance de la foi, et qu'il prenoit le parti, avec ses adhérents, de demander des explications au pape. L'évêque de Laon, qui étoit encore du nombre des opposants, fut étrangement surpris de ce propos. Jamais les prélats du parti ne lui avoient parlé sur ceton-là. Quandils avoient résolu de ne plus assister à l'assemblée, ils étoient convenus tout au contraire, et ils étoient même partis du principe, qu on ne pouvoit accepter la bulle, sans porter atteinte aux dogmes de la foi. Scandalisé d’une duplicité, ou d’une variation si étrange , alors il rompit avec eux, recut la bulle, et porta son acceptation chez les agents du clergé.

Malgré l'extrême attention des prélats acceptants à éviter toute apparence de relation entre leur acceptation et leur instruction pastorale, les opposants ne laissèrent pas de publier que l'assemblée n’avoit accepté la bulle que relativement aux

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explications contenues dans l'instruction. En quoi ils avoient plus d'une vue : ils vouloient donner à entendre que la bulle étoit obscure; que les évêques acceptants avoient été contraints d’en éclaircir l'ambiguité, d'en fixer le sens, et qu’ils avoient limité, ou du moins rapporté leur acceptation au sens que. proposoit l'instruction pastorale. En donnan* pour certain que l'assemblée restreignoit ainsi le sens de la bulle » ils avoient surtout en vue que le pape n'admiît point leur acceptation . qu'il réprouvât même l'instruction pastorale ; qu'il improuvât au moins la conduite de ceux qui l'avoient donnée, et que la division s’int ‘oduisit entre le chef et les membres d l'Eglise, enseignante , ce qui ne pouvoit arriver qu'au préjudice de la bulle : dessein, ou du moins espoir aussi chimérique qu'il étoit odieux, puisque c’étoit un fait de Ja plus grande notoriété, qu'on avoit commencé par 1ccepter la bulle purement et simplement, qu'on n’avoit adopté l'instruction pastorale que plusieurs jours après cette acceptation ; et que pour éviter toute ombre de relation entre l’une et l’autre, on avoit constamment rejeté tout préambule en acceptant , et qu’on avoit mieux aimé consentir à la séparation des évêques opposants, que de se relâcher en rien dans cette manière de procéder. Aussi le pape fut-il parfaitement satisfait : il ne trouva l'acceptation ni restrictive, ni même conditionnelle, et combla d'éloges les évêques de l'assemblée ; il marqua même que s’il ne donnoit pas une approbation formelle ou spéciale à l'instruction pastorale de l'assemblée , c’étoit uniquement parce que Rome, inviolablement assujétie à ses usages, n'avoit pas coutume d’approuver ainsi ces sortes d'actes.

On n'avoit pas attendu jusque-là pour éluder l'autorité de la bulle, pour entraîner les fidèles , ou du moins les simples et les faux dévots dans la séduction. Dès le commencement de l'assemblée , on répandit de toute part de schismatiques et séditieux libelles. Le chef de la faction en adressa même à l’assemblée, sous le titre de mémoires, et il osa dire que le temps étoit venu où l'on devoit, à l'exemple des apôtres, s'élever audessus de toutes les craintes, au-dessus des menaces du grand prêtre, et de toute la race sacerdotale, que le pape, dans les cent-une propositions, avoit frappé d’un seul cuup cent-une

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