PR EE
DE L'ÉGLISE. (An 1691.) 439 justification qui fait la honte des coupables mêmes qu'on veut justifier , fait en même temps la conviction de leur crime. Il est donc aussi constant que la faculté reçut et enregistra la bulle du vivant de Louis XIV, qu'il fut scandaleux, quelques mois seulement après la mort de ce prince, de lui entendre désavouer son acceptation.
Entre les mandements que les prélats opposants avoient publiés contre les Réflexions morales, qui portoient même que ce livre devoit être ôté aux fidèles , et qui leur en interdisoient en effet la lecture, il s’en trouva néanmoins quelquesuns si peu modérés d'ailleurs, que loin de contribuer à la paix de l'Eglise, ils ne pouvoient servir qu'à y augmenter le trouble et la scission. Le vicaire de Jésus-Christ crut ne pouvoir dissimuler un désordre si pernicieux. Le mandement de Tours, donné dès le 15 février, fut des premiers flétris. Cependant comme il n'infligeoit point de peines à ceux qui recevroient la bulle, il fut proscrit seulement comme captieux, scandaleux, téméraire et injurieux au saint Siége. Celui de Paris fut de plus qualifié sentant le schisme, et portant au schisme. On donna des qualifications encore plus fortes à celui de Chälons-sur- Marne ; on le déclaroit erroné, et sentant l'hérésie. Autorisé par la voix du vicaire de Jésus-Christ, et prêtant la main pour l'exécution à cette antorité sainte, le roi ordonna la suppression de tous ces mandements plus ou moins dangereux, enjoignit à leurs auteurs de se retirer au plus tôt dans leurs diocèses, et fit défendre à l'archevêque de Paris de paroître désormais à la cour.
Occupé sans fin par les trames toujours renouées du parti, le chef de l'Eglise et le roitrès-chrétien avoient cependant bien d'autres affaires sur les bras, tant pour leur domination temporelle, que pour les intérêts généraux de la religion, égalenient chers à l’un et à l’autre. Avant qu'on donnûât la bulle, et tandis qu’on la préparoit avec la plus sérieuse attention, le traité qui dev: renutrela paix à tout le monde chrétien, et dont plusieurs :iticles intéressient souverainement la vraie foi, se négocioit à Utrecht. Les protestant: y faisoient tous leurs efforts, non-seulement pour maintenir, iaais pour augmenter ce qu ils avoient obtenu autrefois en faveur de leur religion. Ils vou-