‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 3)Chapitre 153 sur 178 · RESTE ES · texte numérisé non relu

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512 (AN 1718.) HISTOIRE dans l'église. Arrivé au bas de l'autel, il y disoit l’introït, et tout le peuple répondoit à voix haute. Au moment qu'il auroit dû monter à l'autel, il alloit s’asseoir dans un fauteuil du côté de l'épître : à, il récitoit les oraisons, et entonnoit le Gloria in excelsis, aussi-bien quele Credo, sans réciter ni l’unnil'autre ; 11nelisoit de même ni l'épître, ni l'évangile. En général, ilétoit duritnouveauquele célébrant ne dit jamais rien de ce que chante le chœur. Le pain, le vin et l’eau qui devoient servir ausacrifice, lui étoient portés parmi les offrandes du peuple. On y méloit les prémices des fruits de la saison, et on les plaçoit sur l'autel. Après l’offrande, on apportoit de la sacristie le calice sans voile. Le diacre s’approchoit du célébrant, et tenant le calice conjointement avec le prêtre, il prononcoit aussi avec lui les paroles de l'offertoire à voix haute, comme représentant du peuple au nom duquel il offroit, Le célébrant, fidèle au nouveau rit, ne disoit ni le Sanctus, ni l'Ægnus Dei. Au Pater, il faisoit une seconde élévation de l'hostie. Les bénédictions qu'on doit faire sur le corps et le sang du Seigneur, il les faisoit sur les oblations de fruits, ou de légumes, qui étoient placés à côté du calice. J'ai vu moi-même, dit un témoin de premier ordre, j'ai vu trois ans après, pratiquer la même chose dans la même église, sur un bassin d'asperges. À lacommunion des laïques, le prêtre ne disoit aucune des prières qui doivent la précéder. Le sous-diacre en dalmatique communioit à la même table que les femmes , et mêlé parmi elles. Entre les dernières oraisons, il y en avoit une aussi neuve que tout le reste, pour demander à Dieu la conservation de la nouvelle église. Je l'ai encore entendu chanter en ma présence, dit l’auteur que nous venons de citer. Dans les cérémonies particulières à certains jours, il y avoit des choses encore plus étranges. Le jour du jeudi saint, par exemple, le novateur faisoit publiquement la cène ; etle curé d'Anières la fit encore après lui: mais le comble du ridicule, pour ne pas dire du scandale, c'est qu'une espèce de diaconesse récitoit avant les vêpres l'évangile du jour en français. Ainsi les sectes même les plus rébarbatives cherchent-elles à s'attacher les femr es.

1 L'auteur de l'Histoire de la Const, p. 423, édit. de 1820.

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On s'étonnera sans doute que de pareils scandales se soient donnés hautement aux portes de Paris; et par-là même, ils pourroient devenir incroyables. Mais l'archevêque ne se donpant päs le premier souci pour les arrêter ,ne dit pas un mot quiles improuvät. Mais la Sorbonrie, contreses propres décrets

et les déclarations du roi, réintégra dans toutes ses préroga- :

tives ce réformateur scandaleux, tandis même qu'il donnoit ces étranges scandales :. Mais au défaut de la puissance ecclésiastique, ( et voici dans le châtiment la preuve incontestable de l'attentat}, le dépositaire de l'autorité royale s'indignantenfin, contraignit les officiers de la faculté à comparoître par-devant les ministres, fit biffer la conclusion qui réhabilitoit le docteur, et chassa plus ignominieusement que jamais ce perturbateur audacieux (1719).

On continua cependant à ménager l'archevêque de Paris. 11 y avoit toujours :les gens, et des grands de tont caractère, qui vouloient en bien espérer , nonobstant l'illusion de toutes les espérances précédentes. Le nombre des médiateurs augmentoit même tous les jours. L'abbé Dubois se mit sur les rangs. Ses qualités personnelles, relativement à une affaire ecclésiastique, n'étoient pas imposantés : mais il se trouvoit ministre, et ministre en faveur; il fallut bien attacher de l'importance à ses bonsoffices. Il convenoit toutefois que les conditions proposées pour un accommodement par le cardinal de Noailles, n'étoient pas entièrement satisfaisantes, mais il promeltoit d'employer

1 Cette école, qui se nommoit le concile permanent des Gaules, et qui en cette qualité auroit dû donner l'exemple de ia soumission, étoit la première à précher et à exciter la révolte contre l'autorité du pape et du roi. La Faculté opposante de Caen, avoit envoyé à celle de Parisson acte d'appel, qui étoit motivé nettementsurce que ‘opinion de l'infaillibilité du pape est erronée. « On n'avoit pas encore été jusque-là en France, dit M. Picot, et les plus ardents antagonistes de l'infaillibilité s'etoient contentés de la combattre, sans donner à ce sentiment une qualification qui alloit à rendre hérétiques les trois-quarts du monde catholique. Néanmoins l4 T'aculté de Paris applaudit à la décision des docteurs de Caen, et rendit le 19 janvier un décret portant qu'il est erroné de soutenir le pape infaillible. » Bien plu le docteur Tamponet ayant formé opposition, fut déclaré exclu et déchu du doctorat... Jamais vit-on le saint Siége même procéder avec autant de hauteur ei de précipitation ? Et si, bien que leur juge suprême , il se fût conduit de la sorte envers les novateurs et les appelants, quels cris, quels reproches n'eussent-ils jus fait pendre ?

514 (An :719) HISTOIRE

ious ses soins pour amener l'affaire à sa perfection. Le plus dif. ficile est fait, disoit-il; M. de Noaïilles est sur le point d’accepter, et s’il manque quelque ehose à son acceptation, avec un peu de temps nous l’engagerons à la perfectionner. Cette acceptation , à force d'instances et de menaces même, fut en effet publiée par un mandement que le régent eut la précaution de faire imprimer à l'imprimerie royale. Alors on voulut croire que le grand ouvrage de la paix étoit consommé, et l’on dépêcha un courrier pour l'annoncer au pape. Il s'en fallut bien qu'on persuadit le vigilant pontife. Tandis que le mandement d'acceptation s'étoit imprimé à l'imprimerie royale, le cardinal de Noailles en avoit fait imprimer un autre secrètement : mais les exemplaires n’en avoient pu être si bien gardés, que le pape n'en eût reçu quelques-uns. Or, cette édition furtive restreignoit la bulle en termes formels, sans compter que le cardinal n'y révoquoit ses appels en aucune manière, et n’attribuoit aucune erreur ni aux livres, ni aux propositions censurées !.

Le régent, qui fut bientôt averti et muni des pièces juslificatives, avoit peine à croire ce qu'il voyoit de ses propres yeux. Les deux exemplaires à la main, il en parla au cardinal, qui nia sans balancer que la seconde édition fût de lui. Le prince exigea pour preuve, qu'il donnât la même assurance au pape. Le cardinal n'y voulut jamais consentir. De là, que pouvoit-on raisonnablement conclure ? 1] lui demanda néanmoins s'il vouloit enfin contenter le saint Siége. 1l en eut encore parole positive, et les négociations recommencèrent ; et l'espérance reprit si bien faveur , que Clément XI étant mort dans ces entrefaites, la foule même des gens sensés d'ailleurs regardèrent ce triste événement comme le seul obstacle à la consommation de la paix. Mais à qui la politique et le respect humain ne font-ils pas illusion ? Quel obstacle Innocent XIII pouvoitil donc apporter, qui n'existât tout entier sous son prédécesseur Clément? Oui, oui, la difficulté consistoit uniquement dans l'amour-propre du cardinal de Noailles, qui ne sc figuroit rien de plus honteux que de réparer par un retour sincère la honte d'une fausse démarche; et cette victoire sur soi-

1 Fist, de lo Coust. p. 447, edit. de 1820.

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DE L'ÉGLISE, (AN 1710.) 515 nême ne pouvoit être le fruit ni de la médiation, ni des ménagerüents : il falloit pour cela un coup extraordinaire de la grâce, qu'il plut au Seigneur de faire encore attendre sept à hnit ans.

Clément XI mourut en saint, comme il avoit constamment vécu depuis sa première jeunesse 1. Peu de jours avant sa mort, il parut qu'il avoit reçu de Dieu une connoïssance distincte de ses derniers moments. Il fitappeler dela campagneun prélat qui avoit beaucoup de part à sa confiance, et au premier abord, il lui dit du ton de la certitude : Je touche aux derniers jours de ma vie; dans peu vous en serez convaincu par vos propres yeux. Sept jours après, le 17 de mars, il eut un accès de fièvre, avec une pesanteur de tête qui l'obligea de se coucher. Cependant les médecins Jui assurèrent, mais sans le persuader, que sa maladie n'avoit rien de sérieux. Dès le lendemain, ils en pensèrent bien différemment eux-mêmes. Le mal qui étoit ca-

<: produisit avec tant de violence, qu'en peu d'heures ils * ;:gèrent mortel. On connoissoit la foi du malade, on lui annonça sans détour le danger où il étoit, et il vit les approches de la mort en homme qui l’attendoit. Loin d’en témoigner aucune peine, il marqua la joie vive d'un exilé à qui on annonce la fin de son exil. Dans le moment, il fit appeler son confesseur, et lui fit une confession générale des péchés, où plutôt des imperfections de toute sa vie; ensuite, avec autant de sérénité que s'il eût prescrit les préparatifs de son couronnement, il ordonna lui-même tout ce qu'il falloit faire pour lui administrer les derniers sacrements, aves l'appareil de décence et toute l'édification possible. Mais quelque imposant que püt être cet auguste cérémonial, ce qu'il y eut de plus édifiant sans doute, ce fut l’angélique piété du premier pasteur, de servir à jamais de modèle au troupeau. Après la cérémonie, il fit approcher le cardinal Albani, son neveu, et lui tint ce discours : « Regardez-moi bien, et voyez où aboutissent tous les honneurs de ce monde, Rien de grand que ce qui l'est aux yeux de Dieu même; n'aspirez jamais qu'à cette sainte et solide grandeur, »

1 Vie de Client XT, 1, 3, pag, 212 et suive

2 Dee D

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La nuit du 18 au 19, pendant laquelle ilsouffrit des douleurs aiguës et continuelles , ne fut pour lui qu'une ample moisson de mérites, auxquels il ne se mêla pas un seul mot de plainte. Le jour suivant, il s'entretint avec le pieux cardinal Olivieri son phrent, de la puissante protection de saint Joseph à l'égard des moribonds qui l'ont hunoré pendant leur vie. Je l'ai toujours regardé, lui dit-il, comme mon protecteur particulier auprès du Seigneur, et toute ma vie j'ai souhaité de mourir le jour de sa fête, On la célèbre aujourd'hui, et j'espère que dans peu mes vœux seront exaucés. Ce furent là ses dernières paroles. 11 mourut en effet ce jour-là. Après une courte et douce agonie, il expira paisiblement le 19 de mars de l’année 1721, la soixante-douzième de son âge, et la vingt-unième de son laborieux pontificat. La conservation de sa vie, au milieu de ses immenses travaux, et de toutes ses infirmités, savoir, trois hernies , un asthme violent et des jambes ouvertes de toutes parts, fournit une preuve nouvell: de la providence de Dieu sur la sainte église romaine, et spécialement d'une providence attentive, comme on l’a déjà remarqué, à ne guère accorder de longs pontificats qu'aux plus dignes pontifes.

Pour sentir la justesse de cette observation à l'égard de Clément XT, qu'on se rappelle simplement en quelle réputation de vertu, aussi-bien que de capacité, il étcit universellement, lorsqu'il monta, ou plutôt qu'on le traîna forcément sur le trône pontifical. Les honneurs, à la vérité, changent souvent les mœurs ; et d'autres avant lui avoient refusé la tiare, qui ne furent pas long-temps insensibles à ses charmes. Nous ne parlons point des voluptés grossières : ses ennemis les plus forcenés, c’est-à-dire, ceux qu'eut l'Eglise de son temps, car il n’en avoit point d’autres, ne l'ont jamais altaqué de ce côté-là. La calomnie en cette matière eût diffamé les plus habiles ca- Jomniateurs. Quant aux douceurs de la vie, Clément XI vécut constamment sur le trône, plutôt en anachorète qu'en prince, ou en pape. La mesure de quinze sous par jour qu'il avoit prescrile à sa dépense de bouche dès le commencement de son pontificat, il ne la passa jamais.

Quant aux charmes de la grandeur et à la somptuosité du faste, il en étendoit l'horreur jusqu'aux choses de première

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DE L'ÉGLISE. (AN 1721.) 517 nécessité pour sa propre personne : il étoit pauvre autant qu'un pape peut décemment le paroître. 11 ne s'accordoit en habits que le nécessaire le plus simple, et vivoit dans un dénument absolu de toute autre chose. On voulut, selon la coutume, ct pour l'édification de ses successeurs , ajouter aux tableaux de son palais quelques peintures de ses grandes aclions, si dignes en effet de servir d'exemple aux papes suivants. Il le défendit avec une émotion qui ne lui étoit pas ordinaire. Mes actions, dit-il, ne méritent que l'oubli, et pour mon propre honneur, il en faut perdre entièrement le souvenir. Son humilité étoit en quelque sorte excessive; au moins la basse opinion qu’il avoit de lui-même alloit-elle à l'excès. On lui reproche avec justice, et c'étoit son unique défaut, l'indécision qui le retenoit quelquefois au moment de prendre un parti; et tout le monde convient qu'elle ne provenoit que du peu de confiance qu'il avoit en ses propres lumières. Jamais il ne perdit la persuasion qui lui avoit fait refuser presque invinciblement le pontificat ; savoir qu'il manquoit de toutes les qualités nécessaires à un bon pape. Il le répétoit à toutes les personnes dont il demandoit les conseils, et leur disoit, pour rassurer leur modestie, qu’il n'y avoit point de fidèles dont i! n'eût à prendre des le- £ons pour bien gouverner l'Eglise. Tous les malheurs qui arrivoient à la religion, il les attribuoit à son peu de capacité et de vertu, avec une persuasion si vive, qu'il en gémissoit sans cesse devant Dieu. Bien souvent on l'a trouvé répandant au pied de son oratoire des torrents de larmes sur son insuffisance et son indignité, comme sur la cause principale de ces événements malheureux, En un mot, l'humilité, mère et gardienne de toutes les vertus, étoit si parfaite en lui, que le cardinal T'olomeï disoit en toute rencontre : Clément XI est estimable par bien des endroits; mais il est admirable par le souverain mépris qu'il a de lui-même. Et c'étoit un saint qui apprécioit un autre saint.

Dégagé à ce point de la gloire et de tous les faux biens du monde, il en détacha, autant qu'il fut en lui, tous ses proches. ll laissa mourir Horace Albani son frère qu'il aimoit tendrement, sans lui avoir donné aucune charge, aucun rang, aucune marque de distinction parmi la noblesse romaine. À peine as-

signa-t-il à son neveu Albani des revenus suffisants pour soutenir la dignité du cardinalat. Ile fit, à la vérité, camerlingue de l'église romaine; mais il ne lui en laissa que le titre et le fardeau, et supprima les émoluments dont les camerlingues avoient joui jusqu'alors. Lorsqu'il fut question de marier son neveu Alexandre avec la fille du comte Borromée, viceroi de Naples, loin de concourir par ses largesses à grossir les avantages de cette alliance, à peine lui permit-il d'acheter de son propre argent le marquisat de Sorriane, sous la directe de l'église romaine. Pour tout dire en un mot, et dans la plus exacte vérité, pendant près de vingt-un ans que dura son règne, il n’augmenta pas d’un séquin les rcvenus de sa famille. Ainsi fut gardée la loi qu'il s'étoit faite à l'entrée de son pontificat, de ne jamais rien accorder à la chair et au sang. Or, quelles vertus ne suppose point dans un pape, celle qui triomphe du népotisme, de ce vice originel, pour ainsi dire, qui a flétri sous la tiare tant de vertus incorruptibles d’ailleurs! C'estlà une preuve de saintete, qui seule pourroit tenir lieu de toutes les autres.

Au reste, la vertu seule inspiroit à Clément XI cette indifférence pour ses proches, ou plutôt pour l'accroissement de leur fortune et de leur grandeur; car jamais âme ne fut plus tendre que la sienne, ni plus généreuse, plus élevée, plus magnifique dans ses pieuses largesses. Nous ne parlerons plus de son désintéressement personnel, et de son amour pour les pau vres; on a vu qu'avant son élection même, c'éloit là, pour ainsi parler, sa passion dominante, et que dans tous les lieux qu'il eut à gouverner, quand il étoit transféré ailleurs, c'étoit une affliction publique parmi les pauvres qui le perdoient. Rome se souvient encore de la consternation où elle fut plonrée quand on apprit qu'il étoit en péril de mort, et qu'au mo-

nent où il expira, ce fut un deuil universel dans toutes les familles qu'il mettoit à l'abri de la misère. Et comment oublier ce qu'attesteront à jamais les monuments innombrables de sa bienfaisance, bâtis avec une grandeur et une solidité hors d'atteinte à l'injure et à l'oubli des temps? Tels sont, et l'hôpital de Saint-Michel, où l'indigence, quel que soit le nombre des individus qu'elle afflige, trouve un soulagement toujours

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DE L'ÉGLISE. (AN 1521.) 519 prompt ; el la maison des incorrigibles, où les familles trouvent à se décharger des sujets qui en font le tourment et l’opprobre; et la maison de Saint-Clément, qui sert de rempart à l'innocence des jeunes personnes du sexe; et l'hôpital de Sainte-Marthe, destiné aux domestiques du Vatican ; et celle des clercs, où les ecclésiastiques, attirés de toute l'Europe par leurs affaires, vivent retirés du commerce et des dangers du siècle ; et l'hôpital des Ethriopiens, et l’hospice des prêtres arméniens, et celui des religieux maronites, et la maison des évêques de Mésopotamie, tous étrangers que les persécutions obligent fréquemment de se réfugier auprès du père commun des fidèles. Et signalant, avec sa charité, la noblesse de ses goûts et la grandeur de ses vues, Clément, pour le bien public, fit construire de nouveaux greniers d'abondance si vastes et si sains, que Kome devint comme inaccessible à la disette. Pour attirer les grains, il fit construire un nouveau port aussi commode que magnifique. Avant son pontificat, le cours des eaux publiques n’étoit pas moins négligé que le transport des grains : ilfitréparer lesaqueducsetles conduits rompus, surune longueur qui eût déconcerté tout autre courage que le sien; et portant bien loin, hors de Rome, sa magnanime bien aisance, i! procura des fleuves d’eau saine à Civita-Vecchia, où les eaux corrompues et comme empoisonnées ne portoient plus que la langueur et la mort. Il répara les chemins publics dans le Latium, dans la Sabine et dans la Romagne. Il fit des ponts sur une infinité de rivières et de ruisseaux dangereux. Il dessécha les marais au loin, sur les bords de la mer; il y éleva des tours, et quantité de forts contre les incursions des pirates et des infidèles.

Parlerons-nous des monuments religieux qu'il a ou érigés, ou réparés, ou ornés, avec la magnificence exquise qui étoit comme la marque de son génie ? Mais on ne peut que nommer les églises innombrables qui lui doivent leur existence, ou leur embellissement, dans toute l'étendue de notre hémisphère, en Hongrie, en Moscovie, dans la Crimée, la Thrace, la Géorgie, l'Arménie, la Perse, l'Egypte et l'Ethiopie, sans parler encore d'une vingtaine d’églises qu'il bâtit, ou qu'il embellit dans la ville de Rome; et dans l’une de celles-ci, un

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