‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 3)Chapitre 156 sur 178 · PR D · texte numérisé non relu

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leur persuadoit qu'ils n'étoient pas de l'invention des hommes, c’est-à-dire des premiers prédicateurs de l'Evangile. Non, elle n'entroit point dans ces esprits justes et conséquents, cette supposition chimérique, que des imposteurs, assez habiles pour avoir ménagé dans les opinions et les mœurs la plus étonnante des révolutions, eussent eux-mêmes posé pour base d'une religion qu'ils vou dent à adre universelle, l'aveugle docilité, qui en est le plus pénible sacrifice. Viais iis reconnoissoient, qu'autant elle est inaccessible à la raison quant à l’objet de la croyance, autant elle lui est conforme quant aux motifs de croire, et même quani à son élévation au-dessus de notre foible intelligence.

Oui, sans doute, il est trés-raisonnable que nous ne puissions concevoir ni les perfections infinies de l'Etre suprême, ni sa maniere d'être infin‘ment parfaite , infiniment supérieur: à !.. tte, Îl est de la raison, que nous suspendions nos jugements, ou plutôt que nous surmontions notre aveugle répugnance, dans ce qui ne nous paroît difficile que parce que les notions nous manquent; parce que la sphère de notre esprit a des bornes que la vérité incrééc peut seule étendre, et qu'une révélation plus circonstanciée cût en effet étendues, jusqu'à faire évanouir toutes nos difficultés. Il est raisonnable que Dieu nous ait proposé des mystères, afin d'humilier notre entendement superbe, comme il nous a imposé des lois, pour soumettre nos penchants déréglés : il falloit dompter toutes les facultés de notre âme, puisque toutes avoient secoué le joug sacré de l'obéissance. Dans la loi de nature, dont le Législateur éternel se contentoit avant l'Evangile, ces mystères sublimes, qui sont l'objet de notre foi, étoient ignorés de presque tous les horumes : mais dans quels écarts déplorables ne donna-t-on point alors ? Vous l'avez reconnu, en gémissant sur le délire presque uni: -:sel du monde idolâtre, sur la fureur des nations les plus éclairées, qui se montrérent Jes plus altérées du sang des martyrs. Ainsi, tout obscurs que paroissent nos dogmes, ce sont de vraies sources de lumiere, au moins de puissants rréservatifs contre les ténebres de l'erreur, qu’ils préviennent en fixant la légéreté et la dangereuse curiosité de l'esprit humain

On réunit dans des symboles les points capitaux de notre croyance, afin de fixer notre instabili:é naturelle; on nous avertit et l’on nous fait sentir, à l'exemple des apôtres, des Pères et des premiers conciles, que sans succés et avec les phis grands cangers nous tentericns de pénétrer au-delà de ce qui nous fut enseigné d'abord; que la seule innovation des termes, faite arbitrairement en cette matiere, est déjà une profanation; que la différence du docteur au simple fidele n’est rien, par rapport à ces objets sublimes; et que le plus dign:c d’être écouté, est celui qui s’eu tient le plus religieusement au pied de la lettre. C’est ainsi que vous avez déjà vu durant ‘uatre siècles, et que vous verez dans tous les siècles suivants, les saints dépôts de l'Ecriture et de la tradition, se transmettre, it: : qu'ils ont été reçus, sans addition, sans suppression, sans aucune al: ‘ation, et la doctrine du salut demeurer invariablement la même dans * :rs erageux des temps.

Revenons cependant sur un sacrifice d'aussi grand intérêt que le sont nos lumières ou nos lueurs naturelles, et voyons si les procédés de ceux qui le trouvent contraire à la raison , sont en effet les plus raisonnables. Mais pour combattre la seule merveille de l'établissement de l'Eglise , à quoi nous resticint la nature de notre Luvrage, combien de paradoxes, combien d'absur-

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